La terre façonnée révélée … (Presse Océan).

Grand érudit de la céramique bretonne qu’il avait disséquée dans un précédent ouvrage, le Nazairien Joseph Labour revient sur cette passion dans « L’art de la terre ». Une somme d’informations sur toutes les terres cuites : faïence, porcelaine, poterie, mais aussi pipes et briques.

Joseph Labour
Photo joseph labour présente son ouvrage « l’art de la terre des départements historiques de Bretagne ».

L’ancien ingénieur bord aux Chantiers de l’Atlantique (créateur de l’Association des ingénieurs de la navale nazairienne) a une autre passion que les navires : la céramique bretonne. Celle-ci n’a plus de secrets pour Joseph Labour, Nazairien âgé de 88 ans qui s’est passionné pour ces faïences, porcelaines et poteries.

Joseph Labour
Sa collection de faïences de quimper compte de nombreuses pièces.

L’auteur avait déjà édité en 1980 un ouvrage consacré à la céramique bretonne. Au cours de ces dix dernières années, il l’a copieusement enrichi du fruit de ses multiples recherches et de nombreuses interviews de gens spécialistes de la chose. Un vrai travail de moine bénédictin ! « J’ai écrit cinq chapitres dans L’art de la terre des départements historiques de Bretagne, paru à la mi-décembre, dont le premier traite de la faïence de Quimper évidemment car c’est mon violon d’Ingres depuis 1964. Mais il n’y a pas que le Quimper puisqu’il existait dans cette ville trois grandes manufactures : la Grande maison HB (Hubaudière-Bousquet), la manufacture Henriot et la fabrique Porquier-Beau. Des familles dont je retrace d’ailleurs la généalogie », précise Joseph Labour, marié à une « Quimpéroise de Pont-Croix, à côté d’Audierne », terre finistérienne à l’origine de cette passion pour toute la céramique d’Armorique.

Forcément, les œuvres des grands artistes faïenciers père et fils Paul et Maurice Fouillen (il est décédé le 15 décembre à 92 ans), Odetta et Keraluc, font aussi l’objet d’un éclairage de l’auteur érudit. Les poteries d’Herbignac ne sont pas oubliées dans l’ouvrage de Joseph Labour qui explique « la rude concurrence que la vaisselle bretonne a rencontrée avec celles en aluminium et de certains pays, notamment le Portugal et la Chine ».

Joseph Labour
Une assiette signée du célèbre artiste Mathurin Méheut (henriot) ; à droite, un bénitier de Saint-Corentin de rené Quivillic de la grande maison HB.

Autre emploi important de la terre cuite : les pipes (de Quimper à Saint-Malo jusqu’à La Prenessaye, dans les Côtes-d’Armor) et les briques, fabriquées dans plusieurs endroits de Loire-Atlantique (à Arthon-en-Retz, Vallet, Pornichet et Ancenis), sont largement citées dans L’art de la terre. Une briqueterie artisanale fut ainsi fondée en 1900 par Jean-Louis Cochery au village des Quatre-Vents, dans la campagne de Pornichet. « Si elle ferma ses portes dès 1938, toute la région utilisa les briques Cochery dans les constructions », souligne Joseph Labour.

« L’art de la terre des départements historiques de Bretagne », 339 pages, 20 €, La Compagnie du Livre aux éditions Geste.

Publié le 26/12/2020 par Franck LABARRE – Presse-Océan ©


L’art de la terre des départements historiques de Bretagne

Le façonnage de la terre argileuse est une des formes d’artisanat les plus anciennes qui ait existé. Il a évolué avec l’homme depuis son origine, grâce à la maîtrise du feu, des outils, des machines. L’hasardeuse et géniale diversité de la poterie d’autrefois n’a rien à voir avec les œuvres clonées d’aujourd’hui. Cet ouvrage fait remonter des traditions ancestrales ; s’adressant notamment aux artisans, ceux qui sont passionnés par le modelage, la création. En tout, ce sont trente-trois lieux, les plus importants et surtout les plus typiques et significatifs pour le travail de la terre, dont le lecteur trouvera l’histoire dans ce livre.

L'art de la terre - Joseph Labour

L’art de la terre des départements historiques de Bretagne
Joseph Labour
15,5 x 22 cm – 340 pages – ISBN : 979-10-93644-50-9
La Compagnie du Livre aux éditions Geste – décembre 2020 – 20 €

Fiche détaillée de l’ouvrage

Des faïences de Quimper inspirées par l’exposition coloniale en vente samedi à Brest (Le Télégramme).

François Victor BAZIN
Groupe de deux Égyptiennes porteuses d’eau, une faïence HB Quimper signée François Victor Bazin (1897-1956).

Une collection de faïences de Quimper inspirées par l’art colonial sera dispersée, ce samedi, par la société Thierry-Lannon à Brest.

En attendant la grande vente de tableaux du 12 décembre, la société de ventes Thierry-Lannon propose une vente artistique, ce samedi 5 décembre, comprenant un peu moins de 400 pièces, parmi lesquelles une collection de douze faïences de Quimper réunies par l’antiquaire et expert Michel Roullot, décédé en 2012.

Trente ans pour réunir douze pièces

Michel Roullot était né l’année même de l’exposition coloniale qui s’est tenue en 1931, à Paris. Est-ce la raison pour laquelle il s’est passionné pour les faïences produites à Quimper à l’occasion de cet événement ? Parmi les douze pièces qui vont être dispersées, les deux Égyptiennes porteuses d’eau sont d’une modernité saisissante. Ce grès de la manufacture HB de Quimper est l’œuvre de François Victor Bazin (1897-1956), estimé de 10 000 à 15 000 €. « Bazin a fait trois versions de ce groupe, l’une de 90 cm est au musée de la faïence de Quimper, une autre plus petite fait 30 cm avec un seul sujet et il y a ce groupe intermédiaire de 45 cm qui est le plus rare, et d’une beauté transcendante qui traverse les styles », souligne Gilles Grannec, commissaire-priseur. Michel Roullot avait mis une trentaine d’années à réunir cette collection, qui comprend aussi des faïences de personnages africains de Gaston Broquet, chez Henriot, estimés à environ 1 000 €.

Un livre d’heures du XVe siècle

La vente commencera à 10 h, samedi, par une centaine de bijoux, puis de l’orfèvrerie. À partir de 14 h, place aux faïences, aux livres, dont un livre d’heures du XVe siècle, des meubles, dont un salon de Pierre Paulin, ou encore un tableau cubiste et africaniste de Raoul Hynckes.

En ce début de déconfinement, la salle des ventes pourra accueillir 30 personnes. La vente se déroulera en parallèle sur deux réseaux d’enchères en live, drouotonline.com et Interenchères.com.

La visite de l’exposition avant la vente, à partir de mercredi, sera limitée en temps et en nombre de personnes. Les conditions sont précisées sur le site de la société Thierry-Lannon.

Publié le 1er décembre 2020 – Le Télégramme ©

Une biographie enrichie du peintre Mathurin Méheut (Ouest-France).

Mathurin MÉHEUT
Depuis 2000, la connaissance de l’œuvre de Mathurin Méheut a beaucoup progressé.

L’œuvre du peintre breton Mathurin Méheut (1882-1958) sous un jour nouveau. C’est ce que proposent Anne de Stoop, l’ancienne conservatrice du musée Mathurin-Méheut à Lamballe (Côtes-d’Armor), et deux universitaires, Denise Delouche et Patrick Le Tiec, à travers une édition revue et considérablement augmentée de sa biographie qui vient de paraître aux Éditions Ouest-France.

Mathurin MÉHEUT - Le Japon

Depuis le début des années 2000, de nouvelles études et plusieurs expositions ont enrichi la connaissance de l’artiste, peintre et illustrateur, graveur, céramiste et sculpteur. Les trois auteurs ont repris leurs propos en l’enrichissant de nombreuses illustrations inédites, qui soulignent combien l’œuvre de Mathurin Méheut ne peut se cantonner au cadre régional de la Bretagne. Il convient de la replacer dans l’histoire de l’art de la première moitié du XXe siècle pour bien la comprendre.

Mathurin MÉHEUT - LA céramique

Mathurin MÉHEUT
Denise Delouche, Anne de Stoop et Patrick Le Tiec.
éditions Ouest-France – ISBN : 978-2-7373-8415-8
376 pages – 23 x 30,5 cm – 70 €.

Publié le 16/11/2020 – Ouest-France ©

Bulletin d’information de l’association « Faïences de Quimper 1690-1990 » n°1 – Juin 1988.

Emile Just Bachelet

Brochure de 8 pages (noir et blanc).

Sommaire :

  • Jim Sévellec Marjatta TABURET (p 1 à 2).
  • Rencontre avec … Henri PHUEZ, ancien chef de l’atelier « décoration fantaisie » de la manufacture HENRIOTMichel-J ROULLOT (p 3 à 5).
  • QUIMPER : les marques de fabrique avant 1904Michel-J ROULLOT (p 6).
  • Bulletin d’adhésion à l’association « Faïences de Quimper 1690-1990 » (p 7).

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Association « Faïences de Quimper 1690-1990 » ©

Les modèles réduits du monument aux morts très recherchés (Le Trégor).

Le monument aux morts de Tréguier attire l’œil des passants. Cette veuve éplorée, œuvre de Francis Renaud, a été reproduite à de rares exemplaires.

Francis Renaud - La Douleur.
À Tréguier, on l’appelle « La Douleur » ou « La Pleureuse ». Ce monument aux morts ne laisse pas indifférent.

En juillet, une vente aux enchères à Brest a attiré le regard de Marie Stephan, galeriste à Perros-Guirec et amatrice des sculptures bretonnes du XIXe siècle. Un marbre de type Turquin de 45 cm de haut, représentant La Douleur, le monument aux morts de Tréguier. « Celle-ci avait un détail troublant, elle n’était pas signée. » Et la spécialiste sait qu’avec les sculptures de Francis Renaud, il faut être vigilant.

Le modèle de la veuve

Le monument aux morts de Tréguier a été érigé en 1922. Une œuvre de Francis Renaud qui représente une veuve éplorée dans sa mante.

Une sculpture qui ne manque pas d’attirer l’œil des passants et touristes dans la commune. « Il faut dire qu’elle est belle, parce qu’universelle », souligne Marie Stephan.

« Elle touche tout le monde. Cette sculpture, c’est le chagrin de toutes les femmes. »

Dans toutes les régions de France, des municipalités se sont intéressées à la veuve comme modèle de ces monuments « pacifistes ». « Elles sont, en général, très touchantes, très humaines. » Cette sculpture de Francis Renaud en fait un objet passionnant.

Reproduit à Quimper

« Des artistes faisaient éditer leurs sculptures par les manufactures de Quimper. » C’est le cas de Francis Renaud, qui s’était adressé à Henriot pour une tête de Bretonne. « Quand il a récupéré le modèle, il a été particulièrement déçu mais a quand même présenté l’œuvre à l’exposition des Arts décoratifs de 1925. »

De rares exemplaires

Quelques années plus tard, Francis Renaud s’adresse à HB pour l’édition de sa Pleureuse. Le monument aux morts de Tréguier a eu un fort retentissement. « Mais il pose de nombreuses conditions. » La première étant qu’il ne soit réalisé que 40 exemplaires.

« Après leur fabrication, il exige que le moule soit détruit devant huissier. »

Ensuite, le sculpteur doit revoir tout ce qui est édité et signer chaque exemplaire. « Il va même jusqu’à imposer la commercialisation dans une seule galerie par département breton et dans des galeries d’art à Paris. » Un artiste consciencieux et perfectionniste. « Une telle application montre la fierté de l’artiste à voir circuler son travail. »

Une démarche qui en fait un objet rare. Que Marie Stephan a eu la chance d’avoir dans sa galerie. Un plâtre d’atelier et un exemplaire en terre cuite.

La Bretagne comme inspiration

Francis Renaud est de cette génération de sculpteurs bretons qui ont trouvé l’inspiration dans leur région. « À l’inverse, à la fin du XIXe siècle, ce sont des gens de l’extérieur qui peignent la Bretagne. »

Les sculpteurs bretons, eux, sculptent leur territoire. Comme Foucault ou Quillivic. « Mais, contrairement aux autres sculpteurs, Francis Renaud est un passionné de statuaire grecque. Il a beaucoup cherché à atteindre cette beauté. » L’exemple, c’est la frileuse du théâtre du palais de Chaillot à Paris.

« Renaud et un des rares à avoir trouvé l’inspiration au-delà de la Bretagne. »

Il y a aujourd’hui un réel intérêt du public pour ce type d’œuvres.

« Il y a 20 ans, ça n’intéressait personne. Je pouvais en avoir 5 ou 10 en vitrine pendant un moment. Aujourd’hui, j’en ai une ou deux par an de ces artistes. »

Sans doute le travail de sensibilisation dans les galeries a t-il fait son œuvre. Quant au prix, cela dépend du matériau, de la patine, de l’état de conservation. L’objet étant rare, il est relativement cher.

Publié le 30 Août 2020 par Bertrand Dumarché – Le Trégor ©