Les modèles réduits du monument aux morts très recherchés (Le Trégor).

Le monument aux morts de Tréguier attire l’œil des passants. Cette veuve éplorée, œuvre de Francis Renaud, a été reproduite à de rares exemplaires.

Francis Renaud - La Douleur.
À Tréguier, on l’appelle « La Douleur » ou « La Pleureuse ». Ce monument aux morts ne laisse pas indifférent.

En juillet, une vente aux enchères à Brest a attiré le regard de Marie Stephan, galeriste à Perros-Guirec et amatrice des sculptures bretonnes du XIXe siècle. Un marbre de type Turquin de 45 cm de haut, représentant La Douleur, le monument aux morts de Tréguier. « Celle-ci avait un détail troublant, elle n’était pas signée. » Et la spécialiste sait qu’avec les sculptures de Francis Renaud, il faut être vigilant.

Le modèle de la veuve

Le monument aux morts de Tréguier a été érigé en 1922. Une œuvre de Francis Renaud qui représente une veuve éplorée dans sa mante.

Une sculpture qui ne manque pas d’attirer l’œil des passants et touristes dans la commune. « Il faut dire qu’elle est belle, parce qu’universelle », souligne Marie Stephan.

« Elle touche tout le monde. Cette sculpture, c’est le chagrin de toutes les femmes. »

Dans toutes les régions de France, des municipalités se sont intéressées à la veuve comme modèle de ces monuments « pacifistes ». « Elles sont, en général, très touchantes, très humaines. » Cette sculpture de Francis Renaud en fait un objet passionnant.

Reproduit à Quimper

« Des artistes faisaient éditer leurs sculptures par les manufactures de Quimper. » C’est le cas de Francis Renaud, qui s’était adressé à Henriot pour une tête de Bretonne. « Quand il a récupéré le modèle, il a été particulièrement déçu mais a quand même présenté l’œuvre à l’exposition des Arts décoratifs de 1925. »

De rares exemplaires

Quelques années plus tard, Francis Renaud s’adresse à HB pour l’édition de sa Pleureuse. Le monument aux morts de Tréguier a eu un fort retentissement. « Mais il pose de nombreuses conditions. » La première étant qu’il ne soit réalisé que 40 exemplaires.

« Après leur fabrication, il exige que le moule soit détruit devant huissier. »

Ensuite, le sculpteur doit revoir tout ce qui est édité et signer chaque exemplaire. « Il va même jusqu’à imposer la commercialisation dans une seule galerie par département breton et dans des galeries d’art à Paris. » Un artiste consciencieux et perfectionniste. « Une telle application montre la fierté de l’artiste à voir circuler son travail. »

Une démarche qui en fait un objet rare. Que Marie Stephan a eu la chance d’avoir dans sa galerie. Un plâtre d’atelier et un exemplaire en terre cuite.

La Bretagne comme inspiration

Francis Renaud est de cette génération de sculpteurs bretons qui ont trouvé l’inspiration dans leur région. « À l’inverse, à la fin du XIXe siècle, ce sont des gens de l’extérieur qui peignent la Bretagne. »

Les sculpteurs bretons, eux, sculptent leur territoire. Comme Foucault ou Quillivic. « Mais, contrairement aux autres sculpteurs, Francis Renaud est un passionné de statuaire grecque. Il a beaucoup cherché à atteindre cette beauté. » L’exemple, c’est la frileuse du théâtre du palais de Chaillot à Paris.

« Renaud et un des rares à avoir trouvé l’inspiration au-delà de la Bretagne. »

Il y a aujourd’hui un réel intérêt du public pour ce type d’œuvres.

« Il y a 20 ans, ça n’intéressait personne. Je pouvais en avoir 5 ou 10 en vitrine pendant un moment. Aujourd’hui, j’en ai une ou deux par an de ces artistes. »

Sans doute le travail de sensibilisation dans les galeries a t-il fait son œuvre. Quant au prix, cela dépend du matériau, de la patine, de l’état de conservation. L’objet étant rare, il est relativement cher.

Publié le 30 Août 2020 par Bertrand Dumarché – Le Trégor ©

#4 Robert Micheau-Vernez – Une semaine en vidéo, du 28 avril au 2 mai 2020 – Musée.

#4 – Robert Micheau-Vernez tradition et modernité.

En 2004, le Musée de la Faïence de Quimper présentait une monographie de l’artiste breton Robert Micheau-Vernez (1907-1989). La création de son œuvre en céramique s’étend sur plusieurs décennies, et réalisée en grande partie à la faïencerie Henriot.

Le catalogue édité par notre association est en voie d’épuisement. N’hésitez pas à vous le procurer rapidement !

Association des Amis du Musée et de la Faïence de Quimper ©


Robert Micheau-Vernez au musée de la Faïence (le Télégramme).

Mikaël Micheau-Vernez - Bernard Verlingue
Mikaël Micheau-Vernez, fils de l’artiste (à gauche) et Bernard Verlingue, conservateur du musée. Derrière lui, à droite dans le présentoir : la dernière œuvre de Robert Micheau-Vernez, une sculpture représentant trois bigoudènes portant le costume ancien. Tout le génie du coloriste s’exprime dans ce motif.

Le conservateur du musée de la Faïence de Quimper, Bernard Verlingue, donne à voir, cette saison, une passionnante présentation des œuvres du sculpteur-illustrateur-graphiste-peintre Robert Micheau-Vernez (1907-1989). La faïence est naturellement le fil conducteur de cette rétrospective.

Plus d’une centaine de pièces, dont une trentaine sont uniques et totalement inconnues du public, viennent retracer la collaboration de ce grand artiste avec la faïencerie Henriot, entre 1930 et 1962. Au fil des années, ce sont 140 modèles qui seront réalisés, souvent peints par lui-même, allant de la pièce unique à celles tirées à des milliers d’exemplaires. La modernité de ces créations met à la lumière ses talents de coloriste.

«Un homme qui avance avec son temps»

« Après les Méheut et Quillivic, Micheau-Vernez est certainement celui qui a marqué le plus profondément le monde de la faïence. Cet artiste, qui se révélait avant tout un peintre, témoigne de la modernité, répondant parfaitement aux critères du mouvement des Seiz Breur, proposant des œuvres d’art décoratives, alliant la noblesse et l’actualité d’une culture bretonne renaissante », précise Bernard Verlingue qui ajoute, « c’est un homme qui avance avec son temps. C’est l’archétype de la lutte permanente contre la biniouserie ».

«Un art breton moderne»

Son fils Mikaël, qui a étroitement collaboré à la préparation de l’exposition précise : « Je crois pouvoir dire que par rapport à sa peinture, la philosophie qui déterminait la création de ses faïences correspondait à sa volonté d’apporter sa pierre à l’édification d’un art breton moderne ». Cet avant-gardisme devait signer l’épilogue d’une fructueuse relation. Aujourd’hui, le musée de la Faïence présente toutes les facettes de l’ancien professeur de dessin qui enseigna à Lannion, Brest et Pont-l’Abbé, tout en dédiant une œuvre inestimable (il n’est que de voir ses tableaux foisonnants de couleurs que peut-être un jour un musée s’arrachera) à la Bretagne.

Un talent éclectique

Ce maître pluridisciplinaire, d’abord connu comme céramiste, touchait en fait à tout. Il illustra des livres d’histoire, des affiches. Il se fit caricaturiste à l’occasion, peignit des vitraux (Le Conquet, 1932) et orna même des icônes en cuivre repoussé… de motifs celtiques pour la religion orthodoxe. Micheau-Vernez, au talent éclectique, méritait bien cette exposition-événement de 2004.

Publié le 09 avril 2004 – Le Télégramme ©

#3 René-Yves Creston & Suzanne Candré – Une semaine en vidéo, du 28 avril au 2 mai 2020 – Musée.

#3 – René-Yves Creston du trait à la faïence et Suzanne Candré-Creston.

C’est l’artiste René-Yves Creston (1898-1964) qui était présenté en 2013 au Musée de la Faïence de Quimper. Il est le cocréateur du mouvement artistique breton « Ar Seiz Breur », avec Jeanne Malivel et sa première épouse Suzanne Candré. On redécouvrait à cette occasion la production d’un art moderne breton, dans les années 20-30.

Le catalogue édité par notre association est toujours commercialisé.

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Creston « un créateur acharné » (le Télégramme).

Bernard Verlingue - René-Yves Creston
Bernard Verlingue, directeur du musée de la Faïence, devant la mappemonde créée par René-Yves Creston en hommage aux marins, découvreurs et missionnaires bretons, en 1931.

Le musée de la Faïence de Quimper consacre sa nouvelle exposition à l’artiste René-Yves Creston en mettant en parallèle ses dessins et ses créations.

 « Ce qui continue à me surprendre, c’est la modernité de Creston », s’enthousiasme Bernard Verlingue, directeur du musée de la Faïence qui possède un fonds assez important de documentation sur celui qui fut « un créateur acharné », selon les propres termes de son fils Padraig.

Très proche du monde maritime

Cette exposition met en lumière l’oeuvre de l’artiste prolifique qu’est René-Yves Creston , principale figure du mouvement des Seiz Breur qui a marqué l’histoire artistique de la Bretagne. Elle présente ainsi des planches de dessins préparatoires aux décors d’assiettes, des gouaches préfigurant sa série des Ouessantines ou des ramendeurs de filets. « 70 % de l’exposition provient de prêts et j’ai découvert deux pièces que je ne connaissais pas : celles du Ramendeur aux morues et du Pêcheur de morue qui va être éditée par le fils de l’artiste à l’occasion de l’exposition », souligne Bernard Verlingue. Né à Saint-Nazaire, en 1898 et mort en 1964, l’artiste s’est toujours senti très proche des pêcheurs et du monde maritime. Il participera à des campagnes aux côtés des morutiers et prendra part aux missions de Charcot au Groenland avant d’être nommé peintre officiel de la Marine. Travaillant aux Faïenceries Henriot, il réalise la sculpture de Nominoë, en hommage au premier roi de Bretagne. On lui doit également un magnifique globe en faïence conçu pour l’exposition coloniale de Paris, en 1931, à la gloire des marins, découvreurs et missionnaires bretons. Pour l’exposition internationale de 1937, il réalise une mappemonde plus imposante encore d’1,60 m de diamètre, qui a nécessité la construction d’un four spécial et dont on découvre les quelques fragments conservés.

Un artiste mais aussi un ethnologue

Il s’illustre également dans la gravure sur bois, la création de mobilier. La passion de Creston pour l’ethnographie lui permettra de se lancer dans une seconde carrière scientifique. Pour étudier les costumes bretons, il sillonnera ainsi la Bretagne avec Per-Jakez Hélias qui lui servait d’interprète. Il a aussi rénové les musées de Rennes, Quimper et Saint-Brieuc dont il deviendra le conservateur. L’exposition rend aussi hommage à la création tous azimuts de motifs décoratifs (tissus, broderies, papiers peints) de Suzanne Candré-Creston, sa première femme, qui fréquente comme lui et Jeanne Malivel les cours de breton de Jean Caroff à la Sorbonne.

Publié le 13 avril 2013 – Le Télégramme ©

Une semaine en vidéo, du 24 au 27 mars 2020 – Exposition.

Semaine exposition en vidéo, du 24 au 27 mars 2020.

Nous débutons une semaine retraçant avec des vidéos quelques expositions passées. Elles permettent de se rendre compte de la diversité des créateurs ayant collaboré avec les faïenceries quimpéroises.


#1 – PORQUIER BEAU

Marc-Antoine RUZETTE présenta sa collection de faïences PORQUIER-BEAU en 2015 au Musée de Locronan. Environ 250 pièces étaient exposées à cette occasion.

2015 – Tébéo ©


#2 – Mathurin MÉHEUT

Le Musée de la Marine à Paris consacra une rétrospective en 2013 à l’artiste Mathurin MÉHEUT. Son travail avec la manufacture Henriot était bien évidemment exposé.

2013 – France 3 ©


#3 – Robert MICHEAU-VERNEZ

Nous vous proposons aujourd’hui un reportage sur l’exposition consacrée à Robert MICHEAU-VERNEZ. La galerie de la manufacture Henriot présenta une exposition en 2013-2014 à Quimper. Elle était intitulée « De la faïence à la peinture… L’art de la couleur ».

2014 – France 3 ©


#4 – Olivier GAGNÈRE

Le designer Olivier GAGNÈRE créa en 1990 pour la manufacture HB-Henriot, six modèles (vase, urne, soliflore). Vingt-cinq ans plus tard, il décide de réinterpréter ses créations avec des coloris différents. Il est représenté par la galerie Maeght à Paris.


Association des Amis du Musée et de la Faïence de Quimper ©

Le cloître accueille une exposition sur les faïences de Quimper (Le Télégramme).

Bruno Belliot
Directeur de l’Académie de musiques et d’arts sacrés, Bruno Belliot dévoile l’exposition sur les faïences sacrées qui se tiendra dans la galerie du cloître du 16 mai au 1er novembre.

La galerie du Cloître accueille, du 16 mai au 1er novembre, une exposition sur les faïences sacrées de Quimper. Des secrets de fabrication à l’évolution des formes, les visiteurs découvriront une facette peu connue d’un art breton pourtant célèbre. Un parcours inédit proposé par l’Admas. En Bretagne, saintes et saints font partie du quotidien. Leurs effigies veillent sur les chemins, calvaires, fontaines et carrefours. Né sur les bords de l’Odet, au début du XVIIe siècle, cet art du feu a très vite fait la renommée de Quimper. Le village de Locmaria voit éclore, La Grande Maison, sa première manufacture de faïence en 1708. « De l’atelier sortent poteries, vaisselle utilitaire mais aussi des statuettes de Vierges à l’Enfant comme l’extraordinaire Intron Varia Ros Peden, datée de 1733 et signée par Louis La Rosse. Après une période d’essoufflement, la production repart au XXe siècle, avec René Quillivic, Fanch Caujan, Robert Micheau-Vernez, Anie Mouroux. Aujourd’hui, les grandes maisons quimpéroises ont fusionné sous le nom emblématique de Faïencerie Henriot-Quimper.

Publié le 19 février 2020 – Le Télégramme ©