Les merveilles de la faïencerie Porquier-Beau.

du lundi 11 avril 2022 au samedi 1er octobre 2022

Porquier-Beau

Place à l’inédit ! Cette année, nous allons dévoiler aux yeux du public l’ensemble des planches aquarellées de la manufacture Porquier-Beau. Fondée en 1773, par un ouvrier formé au sein de la Grande Maison HB, la fabrique s’associe vers 1875 avec le peintre Alfred Beau. Cette collaboration entre un artiste et une faïencerie de Quimper dure plus de quinze ans et apporte un souffle nouveau aux productions de la manufacture. Le succès qui en découle, incite la fabrique à multiplier les formes et les décors.

Porquier-Beau

L’ensemble de ces planches décoratives, créées dans le dernier quart du XIXème siècle et illustrant la production de l’époque, est regroupé dans un ensemble de 10 albums. Chaque recueil est consacré à une thématique. Ainsi, les différents volumes regroupent indépendamment les décors de Rouen, Moustiers, Nevers ou Delft, les scènes et les légendes bretonnes ou encore les pièces du célèbre et incontournable service à bord jaune qui a fait la renommée de la faïencerie. Déposés au musée par leur heureux propriétaire, ces carnets vont enfin révéler leurs secrets au public !

Porquier-Beau

Cet ensemble unique, rassemblant plusieurs centaines de planches, ne manquera pas de vous étonner et de vous surprendre par la richesse des détails, la qualité de leur réalisation, ses jeux de lumière et la diversité des sujets représentés. Le résultat de la première collaboration durable entre une faïencerie de Quimper et un artiste vous épatera et vous promet, encore une fois, un formidable voyage au pays de la faïence de Quimper. Pour une meilleure mise en valeur, des pièces ornées de ces décors viendront compléter le tableau et vous plongerons dans les passions artistiques de cette fin du XIXème siècle.

Porquier-Beau

Commissaire de l’exposition : Bernard Jules Verlingue
Exceptionnellement, deux salles du musée abriteront cette exposition temporaire.

Catalogue reprenant l’ensemble des planches sera disponible à l’accueil-boutique du musée

Porquier-Beau
Porquier-Beau

Musée de la Faïence de Quimper ©

L’émaillage des 30 ans du Musée de la Faïence de Quimper.

Le vendredi 3 septembre a eu lieu au Musée de la Faïence de Quimper l’émaillage des 30 ans du Musée.

C’était l’occasion de retrouver les membres de notre association et les mécènes du Musée.

Emaillage du 3 septembre 2021.
Emaillage du 3 septembre 2021.
Jean-Paul Alayse
Jean-Paul Alayse – Président de l’association des Amis du Musée et de la Faïence de Quimper

Bernard Verlingue a relaté la création du Musée en 1991, dans un émouvant discours.

Bernard Veringue
Bernard Verlingue – Directeur du Musée de la Faïence de Quimper

Nous vous proposons l’allocution du président du fonds de dotation du Musée : M. Hervé Maupin.

Il fait le point sur les activités du Musée.

Une exposition temporaire consacrée à la plasticienne : Kathy Le Vavasseur est présentée pour ces 30 ans.
Elle est visible jusqu’au 19 septembre 2021.


« Stratum Super Stratum »

Association des Amis du Musée et de la Faïence de Quimper ©

La faïence moins cotée, mais toujours collectionnée (Ouest-France).

Le musée de la faïence de Quimper a fêté ses trente ans du 3 au 5 septembre. Mais la faïence quimpéroise a-t-elle encore la cote aujourd’hui ?

Bernard Jules Verlingue
Bernard Verlingue en 2018, avec un magnifique vase bleu de glaz (Photo Bernard GALERON).

Entretien

Bernard Verlingue, expert de la faïence depuis 1991 et conservateur du musée.

Comment se porte le marché de la faïence ?

Si certains collectionneurs vendaient, la cote de la faïence quimpéroise ne serait pas si basse. Cela relancerait la machine.
Le profil des collectionneurs d’aujourd’hui est plutôt âgé. Le jeune s’intéresse, mais n’a pas les mêmes moyens. Dans les salles de vente, la cote de la faïence de Quimper a flambé entre 1980 et 2000. Aujourd’hui, les prix ont chuté, sauf pour les créations d’artistes.

Pourquoi la faïence a-t-elle connu un tel essor ?

La faïence s’est développée dans les années 1985-1986 quand deux grands antiquaires se sont installés à Quimper. Ils ont suscité de véritables vocations et vendu beaucoup aux collectionneurs.
En 1990, le tricentenaire de la naissance de la faïence à Quimper avec une grosse exposition au musée des Beaux-Arts et la sortie d’un livre ont contribué à sa notoriété. Cela a été un véritable engouement. Acheter de la faïence, c’était comme acheter trois siècles d’histoire.

Y avait-il des importateurs étrangers ?

Dans les années 1980, il y avait un marché énorme aux États-Unis (25 %), il y avait deux gros importateurs et une bulle de collectionneurs. Des Belges, des Anglais achetaient. Les prix ne cessaient de grimper. Les Américains étaient friands du décor soleil yellow et du mistral blue. Là-bas, ils vendaient une assiette plate, une creuse, une à dessert et un mug, c’était assez astucieux.
Quand on avait des invités, on se devait de racheter un ensemble. Ce qui nous a pénalisés. c’est le décor main. Nous n’avions pas assez de personnel et les antiquaires ont fini par prendre le dessus.

Avez-vous découvert des joyaux lors d’expertises au musée ?

Une femme est venue en 1995 avec un grand sac plastique et des objets emballés dans du papier journal. Elle a sorti un cornet estampillé Exposition universelle 1889 Paris signé Porquier Beau. Je lui ai demandé si elle en avait d’autres, elle m’a présenté une coupe sur pied décorée par Alfred Beau (estimée à 150 000 francs à l’époque). Et un vase du même acabit. Des objets qu’elle avait gagnés dans une kermesse à Locmaria. Il faut dire qu’Henriot avait racheté Porquier. Il prenait des pièces qu’il offrait pour la kermesse. Il n’y avait pas de cote à l’époque.
À une vente aux enchères à Brest, deux des faïences se sont envolées à 250 000 francs l’une et 300 000 francs l’autre.

Quel style de faïence recherche-t-on aujourd’hui ?

Depuis 2000, les Américains se désintéressent de la faïence quimpéroise. Ils viennent beaucoup moins en salle de ventes. La cote s’est affalée.
J’ai lu dans un livre que cet engouement était un phénomène de mode et la mode, ça passe. Aujourd’hui, ce sont les pièces des artistes quimpérois du XXe siècle qui sont recherchées. Ils ont été 260 à travailler à la faïencerie. Ce sont eux qui ont contribué à la moderniser, sans eux elle n’aurait pas passé le XXe.
Les très belles pièces signées Mathurin Méheut ou encore Quillivic se vendent bien, mais les collectionneurs hésitent à s’en séparer.

Recueilli par Véronique MOSSER – Le 6 septembre 2021 – Ouest-France ©

La faïence et son musée, œuvres de passionnés (Ouest-France).

Le musée de la Faïence fête ses trente ans du 3 au 5 septembre. II existe grâce à la famille Verlingue et à une collection unique d’œuvres d’art.

Jean-Yves et Bernard Verlingue
Jean-Yves et Bernard Verlingue, au musée de la Faïence, qui a vu le jour il y a trente ans (en 1991) dans le quartier de Locmaria grâce à eux.

L’histoire

Juin 1991, au cœur du quartier de Locmaria, berceau de Quimper et de son art de la faïence. Au 14, rue Jean-Baptiste-Bousquet, Bernard Verlingue et Jean-Yves, son père. ouvrent le musée de la Faience.

« ça a été un peu épique. raconte Bernard Verlingue. On a reçu les étagères la veille seulement. On a passé une partie de la nuit et toute la journée de l’inauguration à mettre les pièces en place. Il faillait déjà avoir le musée en tête ! »

Le conservateur du musée toujours là, ses fameuses bacchantes aussi. « II y avait une forme d’inconscience quand on a ouvert. On a fait avec les moyens qu’on avait et ce n’était pas marrant tous les jours. La passion, malheureusement, ne fait pas tout. »

La faïence au cœur de l’histoire familiale

Ne serait-ce qu’entre 2007 et 2011, où le musée a dû rester fermé quatre ans, faute de financements Cette époque est loin : depuis un fonds de dotation a été créé. Une trentaine de mécènes soutient aujourd’hui le musée, qui avance beaucoup plus serein (1). « Et la fête continue », sourit son atypique conservateur.

Ce week-end, du 3 au 5 septembre, le musée de la Faïence fête justement ses trente ans. Bernard Verlingue est l’âme des lieux. Lui qui s’était fait plus rare ces deux dernières années en raison de la maladie, y revient de plus en plus depuis un mois et demi. Tout simplement car il va mieux. « Ici, c’est sa vie », glisse Jean-Yves Verlingue.

C’est lui, le père aujourd’hui âgé de 94 ans, qui en août 1990 a acheté l’ancienne faïencerie Porquier, puis a fondé une société de famille pour ce musée. Avec la volonté d’exposer ce qui aurait pu rester enfoui dans des caisses : la collection, jusqu’alors mise à disposition des Faïenceries de Quimper, qui les présentaient dans leur hall d’entrée mais ne souhaitaient plus le faire.

Une collection de 5 000 pièces

Dans ces caisses. des « modèles d’origine », souligne Jean-Yves Verlingue. Rassemblés depuis trois siècles et la naissance de la faïence à Quimper en 1699. « Mais plus personne ne pouvait voir ces pièces et le travail de tous ceux – ouvriers, cadres, dirigeants – qui ont travaillé dans les faïenceries. Alors même que Quimper est mondialement connue pour sa faïence. En 1990, les fêtes du tricentenaire (de la naissance de la faïence) avaient attiré environ 80 000 personnes. Il y avait donc une demande. »

Il fallait un écrin à cette collection, ce sera ce musée privé. Avec près de 5 000 objets (pièces et éléments papier), elle est « sûrement l’une des plus grandes collections de faïences en France ». Et elle est protégée : « Elle est inaliénable et n’est donc pas à vendre. » Elle peut s’agrandir, par des dons.

Les visiteurs peuvent en découvrir une partie, entre l’exposition permanente et les expositions temporaires. Ils ont été 10 000, en 2019. « Certains reviennent d’année en année ; c’est une chance pour nous », souligne l’œil expert. Faire des choix pour mettre en valeur des pièces, des savoir-faire et des artistes ne frustre pas Bernard Verlingue. Au contraire, ça l’amuse.

« II est tombé dans un tonneau de barbotine (2) petit », taquine son père. « J’ai choisi de travailler dans une faïencerie quand j’avais 3 ans », acquiesce celui qui en a aujourd’hui soixante-sept de plus. Comme son père et son grand-père (Jules) donc.

Le musée de la Faïence fonctionne avec lui, Jérémy Varoquier, son assistant, et un saisonnier. Alors, comme le souligne Bernard Verlingue tandis que le soleil de cette fin août chauffe son bureau, « il y a largement de quoi travailler. De toute façon, je ne sais rien faire d’autre que de m’occuper du musée ».

(1) Dont Jacques Verlingue, président d’Adelaïde, groupe de courtage en assurances.
(2) Pâte délayée dans de l’eau.

Linogravure

Pour célébrer ses trente ans, le musée de la Faïence a commandé une linogravure à l’artiste concarnois Olivier Lapicque Elle représente son fameux marin et a été éditée à cent exemplaires. Environ la moitié peuvent toujours être achetées.

Publié le 1er septembre 2021 par Rose-Marie Duguen – Ouest-France ©

30 ans de tradition familiale au Musée de la faïence (Le Télégramme).

Bernard et Jean-Yves Verlingue
Bernard (à gauche) et Jean-Yves (à droite) font vivre les faïences du musée de Quimper depuis 1991.

Le musée de la faïence fête ses 30 ans. Depuis 1991, Jean-Yves et Bernard Verlingue y font vivre l’esprit de Quimper au travers d’une précieuse collection d’œuvres d’art.

Chez les Verlingue, la faïence, c’est avant tout une histoire de famille. « J’ai décidé de devenir faïencier à l’âge de 3 ans ! », raconte Bernard Verlingue. Comme son père, et son grand-père avant lui. C’est lui qui, en 1991, prend l’initiative de créer le musée de la faïence de Quimper : « Après la fermeture des faïenceries en 1983, les Américains ont repris la production. Quand ils sont partis, à l’été 1990, nous avons racheté le bâtiment. En juin 1991, le musée a ouvert ses portes ». Et il attire du beau monde ! Quelques années après son ouverture, c’est l’ambassadeur des États-Unis qui vient rendre visite au musée de Quimper. « La chambre de commerce avait offert au président Wilson un immense plat en faïence turquoise, qui nous a été prêté à l’occasion ! »

« Une vitrine de Quimper »

Qu’est-ce que la faïence selon les Verlingue ? « Une vitrine de Quimper ». Pour ces amoureux de l’artisanat, la faïence de Quimper ne se résume pas au « Petit Breton » que l’on retrouve sur les célèbres bols. « Le premier à s’être installé à Quimper, en 1699, c’était Bousquet. Il venait de Provence. Ensuite, ça a été le tour des faïenciers de Nevers, et de Rouen. Le Quimper, c’est un amalgame de ces trois styles qui se sont croisés, complétés… Un héritier de ces trois grands centres, qui n’existent plus aujourd’hui ! »

Après trente ans aux petits soins de leur musée, les Verlingue père et fils n’ont rien perdu de leur passion. « Le plus grand évènement, c’est quand quelque chose de bien perdure », affirme Jean-Yves, père de Bernard et ancien président des faïences de Quimper. « Notre famille a su pérenniser cette tradition, et c’est une grande satisfaction ». Pour lui, ce trentième anniversaire sera l’occasion de remercier les mécènes, sans lesquels le musée ne pourrait pas exister, mais aussi de mettre en valeur tous les acteurs de la chaîne de production : « Si la faïence a connu ce parcours, c’est grâce à toutes les petites mains, tous les personnels, du tourneur aux artistes ».

Une collection fournie, et variée

Le musée possède désormais 5 000 pièces inaliénables, toutes gracieusement cédées par des particuliers ou d’autres collections. En tant que conservateur et unique expert spécialisé dans la faïence de Quimper, Bernard Verlingue a pour mission de composer des expositions annuelles, d’environ 500 pièces chacune. « Chaque pièce est un morceau d’histoire », observe-t-il. « Il faut bien les choisir, pour organiser le musée avec cohérence ». En l’espace de trente ans, le musée a connu quelques changements pratiques, mais la famille Verlingue continue de l’animer avec « un amour immodéré de ce travail manuel, artistique, et intellectuel ».

Publié le 26 août 2021 par Mathile Cariou – Le Télégramme ©