La fresque de Belay de l’hôtel Kermoor mise aux enchères (Le Télégramme).

Pierre de Belay (Photo Pascale Tamalet).
L’une des grandes scènes de la fresque murale de Pierre de Belay.

L’hôtel Kermoor, à Bénodet, accueillera des enchères pas comme les autres le 1er décembre. Les cinq tableaux monumentaux de Pierre de Belay qui composent le décor de son restaurant y seront mis en vente. Une première étape pour la famille Daniel, qui envisage ensuite de se séparer de son établissement.

Ils ne seront pas trop de deux pour tourner cette page d’histoire Bénodetoise et bretonne. Les commissaires-priseurs Mes Tiphaine Le Grignou et Yves Cosquéric, vont se charger d’une vente aux enchères exceptionnelle, dimanche 1er décembre, à l’Hôtel Kermoor. Elle aura lieu au sein de l’hôtel, qui fut construit à l’emplacement d’un ancien manoir, propriété d’Alsaciens au début du XXe siècle.

Pierre de Belay (Photo Pascale Tamalet).
L’une des scènes de la fresque murale de Pierre de Belay.

Kermoor est, depuis sa construction, propriété de la famille Daniel. En 1923, Jean-Marie Daniel, aïeul de Jean-Charles Daniel, commande une fresque monumentale à Pierre Savigny de Belay (1890-1947), ami intime du poète quimpérois Max Jacob, pour orner les murs de son restaurant. Ce type de commande est à la mode à l’époque. Jean-Julien Lemordant a peint pour la salle à manger de l’hôtel L’Épée, à Quimper. À Concarneau, Douarnenez, Beg-Meil, des peintres proposent leurs services à des hôtels et des restaurants.

Véritables icônes de la Bretagne

C’est dans ce contexte que le peintre Quimpérois Pierre de Belay va réaliser cinq tableaux monumentaux. Il a alors 33 ans. Il a connu la guerre et les années bohèmes, à Montmartre, avec son ami Max Jacob. Il est alors éprouvé par le décès de son épouse et de deux de ses enfants, emportés par la tuberculose. Jean-Marie Daniel lui laisse carte blanche. De Belay imagine cinq scènes inspirées des célébrations religieuses et des fêtes profanes qui rythment la vie locale.

« Nous espérons que les musées, institutions privées ou publiques, mécènes, et grands chefs d’entreprise bretons sauront se mobiliser pour sauver cet ensemble unique ».

Sa vision de l’imaginaire breton va lui faire connaître le succès. Ses peintures sont aujourd’hui considérées comme de véritables icônes de la Bretagne et sont référencées dans de nombreux ouvrages. L’ancien conservateur du Musée des beaux-arts de Quimper, André Cariou, spécialiste de De Belay, en fera l’un de ses sujets d’étude. Il notera que ce décor est l’un des derniers qui soit encore en place et dans un état de conservation inespéré. Bien d‘autres œuvres ont été démontées, dispersées…

« Pas laisser partir notre patrimoine »

De Belay avait conçu son décor comme un tout. La famille Daniel a décidé de vendre les fresques séparément mais avec une faculté de réunion finale. « Elles seront mises en vente à 30 000 € l’unité, avec une enchère provisoire sur le tout », précise Me Yves Cosquéric. Originaire de Bénodet, ce dernier s’est beaucoup investi dans la préparation de cet événement. « Nous espérons que les musées, institutions privées ou publiques, mécènes, et grands chefs d’entreprise bretons sauront se mobiliser pour sauver cet ensemble unique. Nous avons trop vu d’emblématiques tableaux bretons, que ce soit de Mathurin Méheut comme de Pierre de Belay, qui ont quitté la Bretagne pour les États-Unis ou ailleurs… », émet-il.

Pierre de Belay (Photo Pascale Tamalet).
L’une des scènes de la fresque murale de Pierre de Belay.

D’ores et déjà, des acheteurs américains et un Russe se sont fait connaître. « Mais pour un ou deux des tableaux. C’est notre crainte ! Or, c’est une carte postale de la Bretagne des années folles. On ne doit pas laisser partir un élément essentiel de notre patrimoine ! », martèle Yves Cosquéric, qui table sur une cagnotte bretonne. Réponse le 1er décembre.

Pratique :
Vente aux enchères des cinq tableaux monumentaux de Pierre de Belay, dimanche 1er décembre, à partir de 14 h 15, hôtel Kermoor, corniche de la plage, à Bénodet.

Publié le 19 novembre 2019 – Le Télégramme ©

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Vente « L’âme bretonne » de l’hôtel Ker-Moor » le 1er décembre 2019 – Bénodet.

Les études de Me Tiphaine Le GRIGNOU et Me Yves COSQUERIC s’associent pour mettre en vente les 5 toiles peintes en 1923, par l’artiste Pierre de Belay (1890-1947). Lors de cette vacation, un ensemble de faïences de Quimper sera présenté. Cette vente événement se tiendra à l’hôtel Ker-Moor à Bénodet.

Hôtel des ventes de Quimper, Maître Tiphaine Le Grignou & Adjug’art, Maître Yves Cosquéric
Corniche de la Plage, 29950 Bénodet – Dimanche 1er décembre 2019 à 14 h 30
Faïence de Quimper (110 lots) – expert : Didier Gouin
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Vous pouvez télécharger le catalogue de la vente.

Vente de l'hôtel Ker Moor à Bénodet

Nous reproduisons pour l’occasion quelques articles récents sur les œuvres de Pierre de Belay.


Bénodet. Les fresques de l’hôtel Ker Moor aux enchères (Ouest-France).

L’établissement emblématique de Bénodet met les tableaux de Pierre de Belay aux enchères. Jean-Charles Daniel, 70 ans, prépare sa succession.

Pierre de Belay (1890-1947)
Cinq magnifiques fresques de Pierre de Belay datant de 1923 ornent les murs de la salle à manger.

La dynastie Daniel a marqué la station de Bénodet (Finistère). Elle dirige le grand hôtel Ker Moor, situé sur la corniche de la plage, depuis les années 1930. Quatre générations s’y sont succédé. Et si les lieux ont évolué, l’esprit familial a toujours été conservé. À 70 ans, le patriarche, toujours le pied à l’étrier, a décidé de vendre les cinq fresques du peintre Pierre de Belay qui ornent les murs de la salle à manger.

« Ces peintures bretonnes sont la signature de l’hôtel, explique Vincent, 27 ans, qui a suivi une filière hôtelière et travaille au côté de son père depuis dix ans. Mais les tableaux appartiennent aussi à ma tante et à la fille d’une autre sœur de mon père qui est décédée. Mon frère est pilote de ligne. Si je reprends la suite, il aura des parts dans la société. Je serai responsable de son patrimoine c’est une grosse responsabilité. L’autre solution serait de vendre l’établissement, explique Vincent. Actuellement nous réfléchissons à la meilleure solution fiscale et familiale. »

Dans les années 1910, Ker Moor est un manoir cossu appartenant à une famille d’Alsaciens qui a fui la Première Guerre mondiale. L’arrière-grand-père, Jean-Marie, achète la bâtisse et des terrains marécageux aux enchères. La vente des terrains en front de mer lui permet d’ouvrir un établissement « entre chambres d’hôtes et hôtel de plage », précise Vincent.

Tourisme d’affaire

Les grands-parents reprennent l’affaire dans les années 1950. Ils agrandissent les lieux et font construire une piscine. L’hôtel n’est ouvert que l’été. Ils ouvrent un second établissement juste à côté : le Kastel Moor. Les affaires sont florissantes. À leur décès, Jean-Charles hérite du Ker Moor, sa sœur du Kastel.

L’homme a alors une idée de génie. Pour survivre à la crise, il se lance dans le tourisme d’affaire et crée sept salles de séminaire. « Mon père a vraiment été un précurseur, il a ouvert ses salles dès le début. »

Jean-Charles et Vincent Daniel
Jean-Charles Daniel et son fils Vincent, troisième et quatrième générations à la tête de l’hôtel.

Le bel hôtel qui a subi de nombreux liftings a vu passer, au fil des ans, beaucoup de célébrités comme Alain Delon, Catherine Deneuve, Nicole Garcia… « Michel Serrault et Charles Aznavour sont restés trois mois, mais j’ai aussi reçu Claude Chabrol pour le tournage de deux films. Quant à Georges de Beauregard, le producteur de cinéma, il aimait tellement venir ici qu’il a fini par acheter une maison à Bénodet » s’amuse Jean-Charles.

Johnny Hallyday et Nathalie Baye

Son souvenir le plus mémorable ? Le jour où il a vu Johnny Hallyday entrer avec Nathalie Baye et la petite Laura. « Je leur ai proposé notre plus belle chambre. Mais nous recevions le lendemain 150 jeunes. J’ai préféré les prévenir. Lui est resté fermé. Nathalie a dit qu’ils étaient venus pour se reposer. Ils ont préféré partir. »
Aujourd’hui, l’hôtel caché dans un vaste parc boisé de trois hectares avec piscine chauffée, et courts de tennis, dispose de 70 chambres et suite et de 15 appartements en location saisonnière. Un restaurant « qui n’est pas réservé qu’aux personnes qui dorment à l’hôtel » propose fruits de mer et produits du terroir. La bâtisse, imprégnée des différentes influences, a conservé son charme d’autrefois.

Publié le 24 juillet 2019 par Véronique MOSSER – Ouest-France ©


De Belay va-t-il quitter Bénodet ? (La Gazette Drouot).

Commandé à Pierre de Belay en 1923, le décor de la salle à manger de l’hôtel Ker-Moor sera vendu aux enchères le 1er décembre. La fin d’une époque, et le début d’une autre vie pour ces cinq tableaux qui lancèrent la carrière de l’artiste.

Pierre de Belay (1890-1947)
Pierre de Belay (1890-1947), Le Pardon de Sainte-Anne-la-Palud, 1923, huile sur toile, 185 x 412 cm (détail). Estimation : 45 000/50 000 €

À quelques pas de la plage, à Bénodet, l’hôtel Ker-Moor est l’un des derniers vestiges de ces hôtels au charme délicieusement suranné qui fleurirent en bord de mer dans les Années folles. Propriété de la famille Daniel depuis quatre générations, il sera prochainement vendu. «C’est difficile, car c’est toute ma vie. Mais j’ai 70 ans, il est temps de passer la main», confie Jean-Charles Daniel, descendant du fondateur de l’établissement construit à l’emplacement d’un ancien manoir détenu, dans les années 1910, par des Alsaciens qui avaient fui la Première Guerre mondiale. Dans un premier temps, l’actuel propriétaire se sépare du joyau des lieux : le grand décor du restaurant de l’hôtel, commandé en 1923 au peintre quimpérois Pierre Savigny de Belay, ami intime de Max Jacob. Les cinq huiles sur toile monumentales seront proposées séparément, en enchères provisoires avec faculté de réunion (estimation globale 170 000/200 000 €). Lorsqu’il peint ce décor, Pierre de Belay a 33 ans, et se relève de quatre ans de guerre (il est démobilisé en 1919) et de la perte de sa femme, puis de deux de ses enfants, victimes de la tuberculose. S’il a déjà beaucoup produit auparavant, entre la Bretagne et Paris, où il a fait son apprentissage à Montmartre, au Bateau-Lavoir, cette commande marque le début de sa carrière, lui ouvrant les portes du succès. «À cette époque, les hôtels de la région sollicitaient volontiers les artistes, qui se battaient pour obtenir des commandes. Cet engouement est né, en large partie, du succès de l’ensemble décoratif conçu entre 1905 et 1909 par Jean-Julien Lemordant pour la salle à manger de l’hôtel de l’Épée, à Quimper. Des peintres vont travailler pour des restaurants et des hôtels à Douarnenez, à Concarneau, à Beg-Meil… Mais tous ces décors ont été démontés, dispersés. Celui de Bénodet, complet, est le seul à être resté en place», explique l’historien de l’art André Cariou, ancien directeur du musée des beaux-arts de Quimper et spécialiste de Pierre de Belay.

l’hôtel Ker-Moor de Bénodet
La salle à manger de l’hôtel Ker-Moor, Bénodet, carte postale des années 1960.

Pardons et fêtes populaires

En 1923, la famille Daniel engage d’importants travaux, et décide de couvrir la longue terrasse de l’hôtel pour créer une nouvelle salle à manger (celle que l’on connaît aujourd’hui). Copain de régiment d’un des frères de Pierre de Belay, Jean-Marie Daniel donne alors carte blanche à ce dernier pour concevoir le décor de son choix. Le peintre imagine cinq scènes, tout en mouvement, autour des célébrations et des fêtes qui rythment le calendrier de la vie religieuse, sociale et populaire de la région. De Belay recompose à sa manière un imaginaire breton. Avec une pointe d’humour et de poésie (la présence récurrente des enfants qui jouent, à l’écart des adultes). Cadrages tronqués, figures stylisées, nuages géométrisés, ombres bleues et couleurs en aplats : à l’exception des feuillages des arbres, figurés par petites touches fragmentées, l’artiste affirme ici le style moderne et audacieux qui caractérisera par la suite ses tableaux de chevalet, ses scènes animées de pardons, de ports ou de marchés. La plus grande des compositions, qui est aussi la plus traditionnelle par son sujet, représente une procession, vraisemblablement celle du Pardon de Sainte-Anne-la-Palud (185 x 412 cm, détail page de gauche). On peut y voir, en haut à gauche, un autoportrait de l’artiste sous une casquette verte, les mains sur les hanches, aux côtés de son épouse vêtue de rouge. «Pour l’anecdote, mon grand-père, qui avait sans doute à ce moment-là des problèmes de trésorerie, n’a pas voulu payer le tableau, prétextant qu’il n’y avait pas de curé… Du coup, de Belay lui a proposé d’en ajouter deux !», raconte Jean-Charles Daniel. Les quatre autres toiles décrivent des scènes nettement plus profanes, entre buvettes et danses en plein air. Ainsi de La Dégustation du cidre en pays bigouden (201 x 201 cm, 32 000/35 000 €), des Sonneurs du pays Glazik, assis sur des tonneaux devant ce qui pourrait être l’église du quartier de Locmaria, à Quimper (199 x 154 cm, 23 000/28 000 €), d’une Fête du 14 juillet en Cornouaille dont les personnages virevoltants défient les lois de la pesanteur (199 x 258 cm, 38 000/42 000 €), et, enfin, d’une conviviale Fête du cidre à Fouesnant (200 x 178 cm, 32 000/35 000 €). Signés, datés et enchâssés dans leurs boiseries d’origine, les tableaux sont dans un remarquable état de conservation, à l’exception de quelques rares craquelures et soulèvements de la couche picturale. Franches, vives, contrastées, les couleurs n’ont rien perdu de leur fraîcheur. «Ce qui est miraculeux, compte tenu du fait que le décor est en place dans la salle à manger depuis près d’un siècle et que le restaurant n’a jamais cessé d’être en activité», remarque le commissaire-priseur Yves Cosquéric.

Un décor conçu comme un tout

Comme la plupart des décors composés de plusieurs éléments, celui de Pierre de Belay a été pensé dans sa continuité, en intégrant l’architecture de la pièce pour laquelle il a été créé. Les œuvres se complètent, se répondent, s’enrichissent les unes les autres. «Si certains tableaux peuvent éventuellement fonctionner seuls, comme la procession, d’autres ne prennent leur dimension qu’associés à leurs voisins. C’est un décor conçu comme un tout. Les séparer, ce serait assassiner l’artiste», affirme sans ambages Guillaume Ambroise, directeur et conservateur en chef du musée des beaux-arts de Quimper, qui abrite dans ses fonds pas moins de trois cents dessins, gravures et peintures de Pierre de Belay, offerts par sa veuve. Mais au-delà des moyens financiers le prix global estimé n’est pas exorbitant au regard de la cote du peintre et de l’extrême qualité des œuvres proposées , il faut avoir la place nécessaire pour les conserver, voire les présenter. Reste donc à savoir qui pourra emporter les cinq toiles, sauvant ainsi l’intégrité du décor d’un possible démantèlement. La mairie de Bénodet, qui enrichirait ainsi de façon significative les collections de son joli musée du bord de mer ? Une collectivité ? Une grande institution nationale ? Un collectionneur privé ? Un ancien client nostalgique de l’hôtel ? Verdict le 1er décembre au cœur même de cette salle à manger mythique qui a vu dîner, au pied des toiles, des personnalités aussi célèbres que Colette, Charles Aznavour, Michel Serrault, Claude Chabrol, Catherine Deneuve, ou encore Jacques Weber…

Publié le 31 octobre 2019 par Valentin GRIVET – La Gazette Drouot ©

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La vente Jean Fréour fait salle comble (Presse Océan).

Vente Jean Fréour à Batz-sur-Mer
Le commissaire-priseur Yves Cosqueric s’est occupé de la première vente des œuvres de Jean Fréour.

Après trois jours d’exposition dans la maison de Jean Fréour et à la salle des fêtes de Batz-sur-Mer, la première vente aux enchères des œuvres de l’artiste s’est déroulée hier après-midi. L’événement a fait salle comble.

Hier, près de 300 personnes se sont réunies à Batz-sur-Mer pour assister à la vente aux enchères des œuvres de Jean Fréour. À l’ouverture de la salle des fêtes, qui ne peut porter autre nom que celui de l’artiste, les chaises se remplissent petit à petit. À 14 h 15, Yves Cosqueric, le commissaire-priseur est prêt. Mais problème : pour des raisons de sécurité, la salle ne peut accueillir que 160 personnes assises.

Foule à l’entrée

À l’extérieur, les derniers arrivés sont déçus : « C’est lamentable, je n’ai jamais vu ça », s’exclame un homme. Adeline L’Honen, la maire de Batz-sur-Mer semble inquiète et demande à retirer les chaises des allées centrales et latérales : « Nous avons loué la salle avec une convention, l’organisateur doit la respecter ». Pendant quelques minutes, le commissaire-priseur tente de raisonner les visiteurs : « S’il y a un feu ou un malaise, il va falloir évacuer rapidement les lieux ». Rang par rang, des chaises se retirent. Un homme se lève et avance vers le commissaire : « Il y a une solution, c’est d’arrêter la vente ». Yves Cosqueric répond aussitôt : « Si vous n’êtes pas d’accord, il n’y a qu’une seule solution, celle de quitter la salle, c’est aussi simple que cela ». Sous les applaudissements du public, la vente peut enfin commencer.

Une première

Si la vente amène autant de personnes, c’est que celle-ci est exceptionnelle. Artiste international et adhérent au mouvement des Seiz Breur, Jean Fréour ne vendait ses œuvres qu’à de rares occasions. À la mort de l’artiste en 2016, sa femme n’avait absolument pas touché à son atelier. Deux ans plus tard, Soizic Fréour s’éteint à son tour. Les neveux et nièces de Jean Fréour proposent alors une vente aux enchères des œuvres de l’artiste pour la première fois. Au total, 216 œuvres sont passées devant l’auditoire mais aussi sur internet, via un live. Avant de débuter, le commissaire-priseur explique les règles de base. Beaucoup de personnes assistent à leur première vente, l’ambiance est donc bon enfant. Le commissaire est attentif et rappel à ceux qui lèvent la main qui les a bien vus et qu’il n’est pas la peine de l’appeler. D’autres sont plus habitués. Discrètes, les mains se lèvent et Yves Cosqueric monte le prix instantanément.

Les prix en hausse

Après une première vente timide, les acheteurs se prêtent au jeu. Les chiffres de départ n’étant pas très élevés, les prix gonflent. La Gitane en schiste bleu est passée de 1 300 € à 9 800 € en quelques minutes. Mais les enchères montent aussi sur le live. Le commissaire motive la salle : « Il n’y a pas d’œuvre de l’artiste sur le marché, c’est vous qui alimentez sa côte, c’est rarissime ». Mais à chaque passage au chiffre rond, les hésitations sont toujours là. « Entre 900 et 1 000 € c’est psychologique… Pour 100 € vous allez le regretter », ajoute le commissaire. La salle rigole et la vente prend son envol. Les acheteurs se lâchent et le prix des œuvres monte de plus en plus. Les sculptures de bois, bronze, marbre ou schiste ont trouvé acheteurs.

Publié le 30 juillet 2019 20:00 par Olympia Roumier – Presse Océan ©

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Vente aux enchères des œuvres de Fréour (France 3).

Vente de l'atelier Jean Fréour
Les œuvres de Jean Fréour à la salle des fêtes de Batz-sur-mer pour une vente aux enchères.

Jean Fréour était un immense artiste à qui la sculpture doit beaucoup. C’était aussi un être singulier qui travaillait comme un forcené sans désir de vendre ses œuvres ou si peu. Cela explique les centaines de pièces mises en vente.

Plus de 500 pièces, c’est pratiquement le fonds de l’atelier du grand sculpteur qui, en 1955, avait décidé de s’installer à Batz-sur-Mer pour y vivre et pour y travailler. Non loin de Nantes sa ville natale.

Indépendant, libre et inclassable il n’a cessé de sculpter le bronze, le marbre, le schiste, l’ardoise bleue, le granit, l’onix, entre autres matériaux. Ce qui donnait à ses sculptures des ombres et des lumières remarquables et précieuses.

Disciple de Charles Louis Malric et Henri Bouchard il travaillait à la manière des artistes du 19è siècle, un peu comme un ermite. Un travail fortement marqué de régionalisme et d’identité bretonne imprégnée de catholicisme. Sa source d’inspiration ? La femme.

Fréour n’aimait pas se mettre en avant et refusait tout travail journalistique. D’où l’intérêt de ce reportage réalisé en 1972 pour le magazine culturel de télé Pays de la Loire.

Vente très riche et variée

Beaucoup de musées se sont intéressés à cette vente. Des pièces qu’il n’a jamais voulu vendre et qui donc représentaient pour lui l’essentiel de son œuvre. Il faisait peu d’expositions et avaient installé chez lui sa propre galerie d’art. Néanmoins on trouve des œuvres de Fréour en Argentine, au Canada, en Afrique, où Il a eu beaucoup de commandes publiques.

Si, lors de la vente, quelques sculptures sont restées accessibles pour quelques centaines d’euros, la Gitane, elle, est partie à 10 000 euros. Jean Fréour l’artiste ermite qui aurait eu 100 ans cette année, est désormais une valeur reconnue et partagée. C’est aussi à cela que servent les ventes aux enchères.

Publié le 30 juillet 2019 par Evelyne Jousset – France 3 ©

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