Livres parus en 2022 – Porquier-Beau, ville de Quimper et Géo-Fourrier.

Nous vous présentons quelques ouvrages publiés ces derniers mois. Ils ont tous pour point commun de valoriser le travail des manufactures quimpéroises.


Porquier-Beau – le roman familial des faïenciers bretons (Christiane Massonnet)

À l’occasion de la grande exposition inaugurée en avril 2022 des Merveilles de la faïencerie Porquier-Beau au Musée de la Faïence de Quimper, Christiane Massonnet nous présente un essai mémoriel passionnant sur les faïenciers Porquier, famille de la mère de son époux.
À travers ses souvenirs personnels de Tante Odette Porquier, dans sa vieille maison de Locmaria au jardin paradisiaque, l’histoire des faïenciers de la Rue Basse, devenue Rue Jean-Baptiste Bousquet, se déroule, vivante, à travers deux siècles foisonnants.
Historienne de l’art et plasticienne, c’est de l’intérieur que l’autrice évoque Alfred Beau, ce génial artiste touche-à-tout qui a mené au sommet l’art de la faïence. Elle sait mettre de la chair à cette évocation agrémentée de nombreuses illustrations.

Porquier-Beau - Christiane Massonnet
Porquier-Beau – le roman familial des faïenciers bretons (Christiane Massonnet)

Porquier-Beau – le roman familial des faïenciers bretons
Christiane Massonnet
éditions Le Pontille – 74 pages
ISBN : 978-2-9566402-3-3 – tarif 17 € – Paru en 2022.


Quimper – Histoire et Patrimoine (Jean-Yves Le Lan)

Irrésistible, éblouissante, culturelle, autant de qualificatifs qui désignent à la perfection la capitale de la Cornouaille. Implanté au confluent de quatre rivières, Quimper n’est pas une ville de passage mais une ville où l’on vient. Labellisée Ville d’art et d’histoire, la cité présente un patrimoine architectural d’exception. De la cathédrale Saint-Corentin aux demeures des XVIe et XVIIe siècles qui côtoient les remparts, l’histoire est ici à portée de regard. Témoignage d’un savoir-faire ancestral, les maisons à pans de bois font la fierté des habitants. En sortant de la ville close, rejoignez les quais de l’Odet et, plus particulièrement, le quartier de Locmaria, là où sont installées depuis le XVIIIe siècle les fameuses faïenceries. Son église romane, son prieuré et son jardin, son musée valent le détour. Vous faire découvrir la ville de Quimper à travers des flâneries, tel est le but que s’est fixé Jean-Yves Le Lan dans son nouvel ouvrage. Pour chaque promenade, il met en avant les points d’intérêts historiques et culturels visibles sur le parcours.

Quimper - Jean-Yves Le Lan
Quimper – Histoire et Patrimoine (Jean-Yves Le Lan)

Quimper – Histoire et Patrimoine
Jean-Yves Le Lan
éditions Sutton – Relié – format : 21 x 27 cm – 176 pages
ISBN : 978-2-8138-1454-8 – tarif 25 € – Paru le 17 mars 2022


Géo-Fourrier – Voyageur et Maître des Arts Décoratifs (Lucile Trunel)

Réalisé dans le cadre d’une exposition à la bibliothèque Forney de la ville de Paris au printemps 2022, ASIA Editeur a conçu en collaboration, et édité ce livre de 160 pages.
Il retrace la vie et l’œuvre de Geo-Fourrier, de la découverte des Arts du Japon, par les Arts décoratifs, ses différents voyages, ses magnifiques pochoirs, jusqu’à ses créations publicitaires, ou ses céramiques.
De nombreuses illustrations de son magnifique travail accompagnent de riches textes.

Géo-Fourrier - Lucile Trunel
Géo-Fourrier – Voyageur et Maître des Arts Décoratifs (Lucile Trunel)

Géo-Fourrier – Voyageur et Maître des Arts Décoratifs
Lucile Trunel
éditions ASIA (André Soubigou)
ISBN : 978-2-918202-36-3 – tarif 30 € – Paru en février 2022.

Publié le 16 avril 2022

Chapelle de la maison Saint-Yves à Saint-Brieuc (France 3 Bretagne).

La chapelle de la maison Saint-Yves à Saint-Brieuc est ouverte au public depuis quelques années. L’édifice est un joyau de l’art déco en Bretagne, avec la chapelle Saint-Joseph à Lannion.
Elle est décorée par des mosaïques d’Isidore Odorico (1893-1945) et des fresques du peintre Xavier de Langlais (1906-1975).
Il est à noter que l’émission en langue bretonne « Bali Breizh » rediffuse dimanche matin, le documentaire d’Anne Gouerou sur les héritiers des Seiz Breur, dont certaines scènes ont été tournées au Musée de la Faïence de Quimper (lien).

Publié le 29/01/2021 – France 3 Iroise ©

Disparition de Maurice Fouillen (1928-2020).

Aujourd’hui, nous avons appris avec tristesse le décès de Maurice Fouillen. Nous reproduisons quelques articles parus en 1990, lors des célébrations du tricentenaire à Quimper.


Paul et Maurice Fouillen

Maurice Fouillen
Maurice Fouillen (cliché ArMen).

Salut les artistes…

Si la qualité première d’un artiste est d’être imprévisible, Paul Fouillen en était un sacré ! Sa vie et son œuvre semblent n’être qu’une suite de pieds de nez à la logique, de fantaisies inspirées. Sa venue à Quimper, déjà. Il y est arrivé en 1920. Parce que ce Pontivien, ancien élève de l’école des Beaux-arts de Rennes aimait la musique et que la Lyre quimpéroise cherchait un flûtiste. Un peu comme ça se passe aujourd’hui dans les clubs de football, on chercha un emploi à cette nouvelle recrue. On lui en trouva un chez HB, dans la faïence.

Paul Fouillen
Sur cette vieille photo, on peut voir Paul Fouillen, à l’époque où il était chef décorateur chez HB.

Une discipline qu’il découvrait, mais qui lui permit d’exprimer ses talents de décorateurs. Il devint chef décorateurs. Et dès 1929, il créa sa propre entreprise, dans un petit atelier sur les bords de l’Odet, à l’ombre de la « Grande maison ». « C’est sa femme qui l’incita à se mettre à son compte », raconte Maurice Fouillen, son fils. Anna Patéour, chef-magasinier chez HB avait, elle, le sens pratique.

Maurice Fouillen
L’ancienne guinguette sur les bords de l’Odet.

Pas de four

Il lui en fallait pour suivre son artiste de mari ! Au début, par exemple, l’atelier ne pouvait fabriquer de la faïence, faute de… four. « Il n’a pu acheter son premier four qu’en 1948, lorsque sont apparus les premiers modèles fonctionnant à l’électricité. En attendant, mon père s’est lancé dans le travail du bois… »

Dans son atelier du Styvel, Maurice Fouillen garde précieusement quelques uns des meubles conçus et décorés par son père. Du mobilier pur style Arts-déco. Inutilisable, inclassable, mais débordant d’invention, d’originalité. « Mon père était avant tout un décorateur », explique Maurice Fouillen, qui évoque toujours avec beaucoup de tendresse et d’émotion ce père extraordinaire.

Maurice Fouillen

De la broderie

Avec son four électrique et le démarrage véritable de son atelier de faïence, en 1948, il allait donner libre cours à cette inspiration qui tranchait avec le style traditionnel des autres ateliers. « Venant d’une autre région, mon père avait été frappé par la richesse des costumes cornouaillais et de leurs motifs. Il trouvait cela beaucoup plus intéressant que les figurines habituelles. C’est ça qui est à l’origine de son style. C’était presque de la broderie… »

La sonnette d’entrée de l’atelier : « C’est la première chose que mit en place mon père lorsqu’il s’installa ! »

Il changea aussi les couleurs, adoptant des marrons que viennent éclairer des bleus d’une extraordinaire intensité. De temps à autre, les broderies laissaient place à des personnages, des portraits remplies de vie. « Comme les autres artistes de sa génération, Méheut ou Creston. Il se promenait toujours un crayon à la main, prêt à saisir des scènes quotidiennes que l’on retrouvait sur des assiettes, de meubles… »

Cette passion de la création, Paul Fouillen ne l’exprimait pas que dans son atelier. « Il était passionné de théâtre. En fait, il aurait voulu être décorateur. Il a même fondé une troupe à Quimper et écrit une opérette pour le plaisir d’avoir à concevoir des décors. » Sans parler d’un dessin animé et nombreuses peintures réalisées sur des carton d’emballage, dont certaines ornent encore les murs de l’atelier du Styvel. « Il est mort trop tôt. Juste au moment où, libéré du poids de son entreprise, il aurait pu donner libre cours à son inspiration. Il avait encore beaucoup de choses à donner. » Pouvait avancer, innover. Mais, bien sûr, il ne fallait pas dévier, il fallait qu’on puisse dire : « C’est du Fouillen ! ». Chez nous, on a toujours fait quelque concessions aux clients, mais jamais sur les décors. »

Paul & Maurice Fouillen
Affiche de l’exposition « Paul Fouillen faïencier quimpérois, Maurice Fouillen » en 2015.

Mais, au fait, c’est quoi du « Fouillen » ? « C’est une liberté de création, mais qui puise dans notre patrimoine celtique. A mon avis, l’Art-déco, c’est la vraie originalité du Quimper. Parce que les artistes qui le pratiquaient savaient s’inspirer de la tradition locale. Ce qu’ils faisaient ne pouvait être fait ailleurs. »

Mort en 1958, Paul Fouillen n’aura pas vécu la fin de son atelier, qui employa jusqu’à une vingtaine des personnes. Avant de fermer ses portes. Pas tout à fait, pourtant. Aujourd’hui, Maurice Fouillen continue, seul, à maintenir la tradition Fouillen. « J’ai commencé à travailler avec mon père en 1959. Je me souviens toujours de la première pièce qu’il m’a confiée. C’était un service à huîtres. Il me laissait ma liberté ».

Maurice Fouillen
Maurice Fouillen – Jeune bretonne debout (2001).

Des Fouillenistes fidèles

Ce style, en tout cas, les « Fouillenistes » savent le reconnaître. « Ce sont des collectionneurs, des gens qui suivent notre production, qui reviennent quatre ou cinq après avoir acheté une pièce, parce qu’ils savent qu’ils en trouveront d’autres qui ne seront différentes, avec un décor unique… »

C’est pour eux que Maurice Fouillen, à 61 ans, continue à cuire, à peindre, à travailler ses émaux. En recherchant l’inspiration dans les centaines de motifs créés par son père. Sans dévier, mais, aussi, sans copier.

Publié le 24/04/1990 par Jean LALLOUET – Ouest-France ©


Rencontre avec Maurice Fouillen – Deux traditions : quimpéroise et familiale

Maurice Fouillen
Maurice Fouillen présente une pièce unique exposée à Trévarez à Noël dernier, sur le bar fabriqué et décoré par son père et marqué par Charles Aznavour lui-même !

Faïence, un nom : Quimper. Une des trois grandes signatures : Fouillen.

En poussant la porte de l’atelier, cette ex-guinguette 1900 de la place du Styvel, qui servit de décors au film de Chabrol, « Les fantômes du Chapelier », la certitude s’empare aussitôt du visiteur : c’est un placement que de posséder un « Fouillen ». Héritier du talent de son père Paul, ex-chef décorateur chez HB et créateur de son entreprise, Maurice continue à satisfaire sa clientèle extrêmement demandeuse parmi les professionnels de la vente.

Déjà sur le « coup de l’été prochain », il décore vases, assiettes, plats et objets divers de son inspiration celtique aux couleurs profondes. Passionné par son métier, cet artiste véritable et modeste évoque cet autre grand artiste que fut son père et les différentes étapes qu’il dut franchir avant de monter enfin son premier four électrique en 1945. « Il a dû décorer différentes choses en verre, bois, cuir, etc ».

Certaines représentent une valeur inestimable, puisque sentimentale en plus de la formidable beauté. Charles Aznavour lui-même en fut pour ses… frais en se voyant refuser la vente d’un splendide meuble. Les arguments sonnants du comédien ne firent aucunement trébucher l’attachement à la mémoire paternelle de Maurice Fouillen.

Maurice Fouillen dans sa salle d'exposition.
Maurice Fouillen dans sa salle d’exposition.

Trois fois cent et trois fois vingt

Cette année, l’on fête le 60ème anniversaire d’un établissement fondé en 1929 et qui compta jusqu’à 18 salariés. Témoin d’une époque florissante et captivante qui se prolonge à l’échelle du toujours grand art, l’atelier Fouillen sera bien entendu représenté à sa juste valeur l’an prochain, à l’occasion de la célébration du tricentenaire de la faïencerie quimpéroise. Expo prévue, comme il se doit, au musée breton. Le pape Jean-Paul II y prêtera-t-il le vase issu de cet atelier et offert en 1981 par une congrégation de religieuses, qui en firent spécialement la commande.

Maurice Fouillen décorant un plat
Maurice Fouillen décorant un plat

Publié le 14/09/1989 – Le Télégramme ©

Faïence de Quimper – Le Télégramme & Ville de Quimper (2ème trimestre 1990).

Faïence de Quimper

Brochure de 20 pages (couleur, paginé)

Sommaire :

  • Sommaire (p 1).
  • L’accord d’un art d’un site et d’une ville (p 2).
  • Trois siècles de « Quimper » Robert Le GOFF (p 3).
  • HB-Henriot la grande tradition de Locmaria Robert Le GOFF (p 4).
  • Paul Janssens un Américain à QuimperRobert Le GOFF (p 5).
  • KERALUC la lutte pour la vieRobert Le GOFF (p 6).
  • Fouillen et TaburetRobert Le GOFF (p 7).
  • Peintre-céramiste Marie-Thérèse aime la liberté du « fleuri royal » Renaud CLECH (p 8).
  • Le jour ou les faïenceries ont fermé leurs portesMarcel QUIVIGER (p 9).
  • Faïence : les étapes de la fabrication (p 10 à 11).
  • L’art déco Alain Le POURHIET (p 12).
  • Le « Petit Breton » Alain Le POURHIET (p 13).
  • L’antiquité et son marchéAlain Le POURHIET (p 14).
  • La cote du Quimper (p 15).
  • Une pépinière d’artistes BretonsMarcel QUIVIGER (p 16 à 17).
  • Des « Quimper » pas comme les autres (p 18).
  • Biblio, expos… (p 19).

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1990 – Ville de Quimper & le Télégramme ©

Ar Seiz Breur – The Wolfsonian.

Georges Robin.

L’université internationale Wolfsonian-Florida (The Wolfsonian-FIU) est située à Miami Beach, en Floride.

Il s’agit d’un musée, bibliothèque et centre de recherches. Ses collections comprennent environ 180 000 pièces, couvrant la période de 1885 à 1945.

On y retrouve de nombreux médiums, du mobilier, des céramiques, des objets de design industriel, des verreries, des livres, des périodiques, ainsi que des peintures et des œuvres sur papier, …

Les arts décoratifs européens sont un des points forts de la collection.

La conservatrice Lea Nickless proposait le 16 septembre dernier une conférence sur les collections bretonnes du musée et plus particulièrement sur le mouvement « Ar Seiz Breur » (les sept frères).

Elle passe en revue une sélection des collections importantes du Wolfsonian. On peut y admirer des meubles, des céramiques, des dessins, des gravures et des documents de bibliothèque.

Il s’agit sans doute d’une collection la plus importante hors de Bretagne, sur ce mouvement.

Plus d’informations sur le site internet du Wolfsonian : lien.

M. Tangui le Lonquer (Nozantika) est expert auprès de cette institution. Il est spécialiste des arts décoratifs en Bretagne et notamment du mouvement « Ar Seiz Breur ».

Galerie Nozantika à Fougères (35).

https://www.nozantika.com

Le 16/09/2020 par Lea Nickless – The Wolfsonian-FIU ©