L’épopée des Seiz Breur, mythe et réalité par Daniel Le Couëdic (conférence).

La conférence de M. Daniel Le Couédic, intitulée « L’épopée des Seiz Breur, mythe et réalité » est désormais disponible sur notre site internet.

Elle s’est déroulée le samedi 6 avril 2019 à Baud (56), dans le cadre de l’exposition consacrée par le carton voyageur.

René-Yves Creston - Daniel Le Couëdic.
René-Yves Creston (1898-1964) – Nominoë – manufacture Henriot – Daniel Le Couëdic.

Consultez également l’article du magazine culturel « sorties de secours », sur le mouvement des Seiz Breur.

le carton voyageur – Daniel Le Couédic ©

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Quand les brodeurs inspiraient les faïenciers.

Catalogue 2019 - Quand les brodeurs inspiraient les faïenciers.
  • 2019 – Quand les brodeurs inspiraient les faïenciers

(catalogue de l’exposition – 15 Avril au 28 septembre 2019)

Sous la direction de Bernard Jules VERLINGUE (Jérémy VAROQUIER, notices : Pascal JAOUEN, Alain Le BERRE, Mick NÉDÉLEC, photos : Bernard GALÉRON).

Une des particularités des costumes de Bretagne est la richesse des couleurs des broderies ou des motifs traditionnels qui les ornent. Les faïenciers quimpérois ne sont pas restés insensibles à ce phénomène et ont largement puisé dans ce fonds quasi inépuisable pour décorer leurs pièces. Il s’agit là d’une démarche, certes d’esthétisme pur, mais également une volonté active de retrouver d’authentiques racines bretonnes, s’inscrivant ainsi dans la revivification d’un art décoratif moderne, cher aux Seiz Breur.

La période de l’entre-deux-guerres voit, dans les campagnes, la désaffection du costume traditionnel mais, parallèlement, de nombreux contemporains s’intéressent à cette culture et tentent de la valoriser. L’Union Régionaliste Bretonne luttera pour un maintien, très conservateur, des modes locales. Plus tard, René-Yves Creston portera un regard ethnographique sur ce costume, suivi dans ce domaine par d’autres artistes comme Robert Micheau-Vernez.

Dès 1918, la manufacture HB crée le décor «broderie», technique nouvelle qui permet de retrouver la notion de relief, mettant en avant la richesse du travail des brodeurs. L’atelier de Pierre Poquet en est l’illustration. Les chefs d’atelier ayant un droit de création, naîtront ainsi de nombreux décors, particulièrement variés, reprenant principalement les motifs bigoudens mais aussi les éléments floraux du costume de Fouesnant. Jean Caër restera plus traditionnel dans le traitement de ses compositions, osant toutefois des emplois de couleurs audacieux.

29,7 x 21 cm – 84 pages – ISBN 2-914009-40-2 – tarif 20 €

Pour plus de renseignements, veuillez nous contacter.

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De la broderie au Musée de la faïence (Le Télégramme).

Bernard Jules Verlingue
L’exposition réalisée sous la direction de Bernard Verlingue ouvre ses portes ce lundi.

Le Musée de la faïence consacre sa nouvelle exposition d’été aux liens entre brodeurs et faïenciers. Intitulée « Quand les brodeurs inspiraient les faïenciers », elle ouvre ses portes, ce lundi, sur les bords de l’Odet.

Le regard de Bernard Verlingue s’illumine à l’évocation de la pièce d’étoffe brodée, retrouvée dans un vieux bureau stocké au sous-sol de la Faïencerie HB, il y a quelques années. La pièce de costume bigouden soigneusement conservée appartenait à René-Yves Creston, l’un des chefs d’atelier de la faïencerie, dont le conservateur du Musée de la faïence a été le directeur technique.

Ce lien étroit entre faïence de Quimper et broderies des costumes ne saute pas toujours aux yeux. « Il y a des gens fascinés par ce travail, propriétaires de grosses collections, qui n’avaient pas fait le rapprochement », s’étonne encore le conservateur du musée. Une influence loin d’être négligeable à l’origine de la nouvelle exposition d’été présentée à compter de ce lundi, à Locmaria.

60 ans de production

Une aventure débutée à Paris. « Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, mon grand-père était le chauffeur d’un général de l’État-major qui aimait la marche », raconte Bernard Verlingue. Une partie de son temps libre, il le passait à la manufacture de Sèvres. Alors associé dans une faïencerie à Boulogne, Julien Verlingue apporte de nouvelles techniques de décoration à Quimper : les cloisonnés, les tubés et la barbotine.

Des techniques qui vont permettre la reconstitution ou la création de décors. Charles Trautmann y intégrera les décors de broderie à l’origine d’une importante production au succès considérable. Produites dès 1920, notamment pour les grands magasins parisiens, ces faïences sortiront des ateliers quimpérois jusqu’en 1980.

Peu connu du grand public

Les motifs de Douarnenez, Pont-Aven, Quimper, Plougastel et surtout du Pays bigouden ont donné lieu à une multitude de pièces. « C’est la Bigoudénie qui influence les faïences de Quimper », y compris de décors au pinceau. Une production malgré tout peu connue du grand public.

Pour mettre en valeur les quelque 150 pièces ressorties des collections du musée pour l’occasion, Bernard Verlingue s’est rapproché de l’école de broderie voisine de Pascal Jaouen et de l’antiquaire douarneniste Alain Le Berre. Leurs prêts de pièces de costumes permettent de mieux comprendre le travail des peintres des faïenceries quimpéroises. Les chefs d’ateliers ont notamment réalisé de nombreux plats, dont le plus grand dépasse le mètre de diamètre. Ces pièces étaient souvent achetées à l’usine par les artistes. À l’image de Pierre Poquet dont la femme les revendait dans sa boutique.

Vases ou personnages signés Micheau-Vernez ou Kervella complètent l’exposition. Ils sont à découvrir jusqu’à la fin de l’été au Musée de la faïence.

Pratique
Exposition « Quand les brodeurs inspiraient les faïenciers », du 15 avril au 28 septembre, au Musée de la faïence de Quimper, rue Jean-Baptiste-Bousquet. Ouvert du lundi au samedi, de 10 h à 18 h, sans interruption. Fermé les dimanche et jours fériés. Entrée : 5/4/3 €, gratuit jusqu’à 6 ans.

Publié le 15 avril 2019 par Jean Le Borgne – Le Télégramme ©

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Mouvement – Les Seiz Breur (Sorties de Secours).

LE CARTON VOYAGEUR, À BAUD, PARLE DES SEIZ BREUR DANS SON EXPOSITION PRINTEMPS-ÉTÉ. MÊME SI CERTAINS NE VONT RIEN APPRENDRE ICI, D’AUTRES DÉCOUVRIRONT PEUT-ÊTRE CE MOUVEMENT DONT NOUS AIMONS VRAIMENT BEAUCOUP CERTAINS ASPECTS. COURANT D’IDÉES AVANT TOUT, LES SEIZ BREUR ONT ABRITÉ DES ARTISTES DONT LES ŒUVRES NOUS PARLENT ET NOUS SÉDUISENT, RÉUNISSANT UNE VISION DE LA BRETAGNE DANS UN ESPRIT ESTHÉTIQUE ENTRE ART DÉCO ET BAUHAUS.

Xavier de Langlais.
Pont’n Abad, illustrateur Xavier de Langlais.

Daniel Le Couédic, spécialiste des Seiz Breur, a insisté dès le début de notre entretien avec lui : « Le terme Seiz Breur est devenu un cliché, comme une étiquette, mais en réalité leurs pratiques étaient très différentes, dans des disciplines très éloignées. C’est avant tout un courant d’idées qui réunissait ces artistes et ces intellectuels qui ont été partie prenante de la mutation de la Bretagne ». Ces idées – commençons par évacuer le sujet – se sont par la suite dirigées vers une dérive nationaliste pour certains, au sujet de laquelle les experts ne sont pas tous d’accord. Nous avons donc choisi de rester dans le champ plastique, où, même si on ne peut pas vraiment parler de collectif, influences et intentions portent un air de famille… Si nous aimons autant les Seiz Breur, c’est pour leur manière de mêler la tradition aux courants esthétiques qui agitaient le monde au début du vingtième siècle : Art déco, Arts & crafts, Bauhaus : « Une Bretagne de la modernité qui tenait compte du passé, dit Le Couédic, autant un mouvement d’idées qu’un mouvement artistique, qui se rapproche dans ce sens davantage du Bauhaus ». Visuellement, pourtant, certaines œuvres portent vraiment la patte de l’Art déco – « Les Seiz Breur ont été très imprégnés par l’Art déco, et l’ont presque précédé » – dans la présence du noir et blanc ou les lignes très géométriques, à commencer bien sûr par un chef d’œuvre, le splendide magasin Ty Kodaks, dessiné en 1933 par Olivier Mordrelle, aux courbes et aux lignes sublimes, sur les quais de l’Odet, à Quimper. Mordrelle ne faisait pas partie – d’après Le Couédic dans une interview donnée à Télérama – des Seiz Breur, mais son nom y a beaucoup été associé, et c’est surtout lui qui va cristalliser les dérives évoquées plus haut. A Bénodet, c’est l’incroyable villa blanche Ker Magdalena et sa tour démesurée que l’on ira voir : commanditée par Maurice Heitz-Boyer, médecin du pacha de Marrakech, à l’architecte de Rabat, Albert Laprade, en 1927, elle domine la promenade côtière.

Ar Seiz Breur. 1923-1947

René-Yves Creston.
René-Yves Creston, Nominoë – Musée départemental breton, Quimper

Ar Seiz Breur est créé en 1923 par Jeanne Malivel. Cette jeune artiste de Loudéac, prof à l’école des Beaux-arts de Rennes, n’a que 28 ans, mais elle croit très fort à un renouveau breton, affranchi des représentations folkloriques et kitsch – les « biniouseries » – et montre les motifs bretons d’une façon moderne. Elle va fédérer une soixantaine d’artistes, intellectuels et artisans, qui s’attaqueront à réinventer – parfois à plusieurs mains – l’esthétique bretonne dans tous les domaines : sculpture, gravure, mobilier, vaisselle… Joseph Savina, brillant sculpteur sur bois de Tréguier, collaborera avec Le Corbusier pendant de nombreuses années, le premier interprétant les dessins du second en sculptures, portant leur double signature (un signal fort, pour Le Corbu). Morvan Marchal, lui, est à l’origine du Gwenn ha du, le drapeau breton aux rayures noires et blanches, qui n’est donc pas venu du fond des âges, mais a été créé en 1925. Même origine pour le triskell, qui n’est pas plus breton que ça, mais, retravaillé par les Seiz breur, devient le symbole de la Bretagne. Mais là où sont les plus visibles les Seiz breur, c’est dans la faïence, vaisselle ou pièces en volume, décorées de formes géométriques souples (dents de scie, spirales, triskels, hermines, palmette, plume de paon…) portant notamment la patte de celui qui prendra le relais à la tête du mouvement après Jeanne Malivel, René-Yves Creston, qui magnifia une partie de la production de la faïencerie Henriot. Graphiquement, l’esthétique Seiz Breur s’est souvent saisie de la technique très reconnaissable de la gravure sur bois, donnant à leurs images imprimées, affiches ou publications, comme Kornog, « Revue illustrée des arts bretons », une esthétique très reconnaissable.

Kornog - René-Yves Creston.
Revue Kornog – Crédit : CRBC-UBO-Brest.

« C’étaient des gens informés, inscrits dans les mouvements de renaissance nationale, proche des Arts & Crafts ».Sensibilisés à la notion de fabrication artisanale, les Seiz Breur rejoignent ce courant né quelques années plus tôt en Angleterre, à la frontière de l’ethnologie – « Un mouvement aussi bien spirituel que mécanique dans le geste »,qui utilise des techniques traditionnelles et fait entrer l’art dans la maison en retravaillant les objets du quotidien à partir de matériaux bruts et de formes simples, une idée qui amènera à la naissance du design.

Publié par Isabelle Nivet – Sorties de Secours © – Avril 2019.

Télécharger le magazine.

Informations pratiques : Le Carton voyageur – Musée de la carte postale – Le Quatro – 3 avenue Jean Moulin – 56150 Baud.

Cf. l’article du Télégramme du 21 janvier 2019.

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Immersion dans l’atelier de Valérie Le Roux (Ouest-France).

Valérie Le Roux
Valérie Le Roux animera également des ateliers durant les vacances scolaires.

Dans le cadre des Journées européennes des métiers d’art, l’artiste céramiste ouvre son atelier les 5, 6 et 7 avril. Elle y propose des séances pour les enfants, dès 4 ans.

L’artiste céramiste Valérie Le Roux ouvre les portes de son atelier les 5, 6 et 7 avril, dans le cadre des Journées européennes des métiers d’art qui se déroulent partout en France et en Bretagne, en partenariat avec la Région et la Chambre régionale de métiers et de l’artisanat.

Ce sera l’occasion de découvrir le savoir-faire artisanal tout en s’imprégnant de la collection limitée, inspirée par le travail de Suzanne Creston. Parmi les projets récents, l’atelier a réalisé une collection de pièces en faïence (tasses, petits plats, vases) pour la Thalasso de Concarneau, une fresque de 4 m² pour le Restaurant Le Chantier, à Concarneau également, une exposition chez Empreintes, à Paris, jusqu’au 15 avril, concept store des Métiers d’art.

Créations quimpéroises de l’entre-deux-guerres

Valérie Le Roux s’intéresse aux créations quimpéroises de l’entre-deux-guerres depuis des années. Cette période de bouillonnement intense, de grande liberté dans les propositions esthétiques, nourrit son travail.

La collection inspirée de l’œuvre de Suzanne Creston correspond à un exercice de style auquel la créatrice devait se livrer : se nourrir des propositions d’une artiste pour en extraire des compositions, tant personnelles que construites « en hommage ».

Suzanne Creston, née Candré en 1899, s’est distinguée dans l’entre-deux-guerres par une création réduite mais flamboyante. Épouse de René-Yves Creston, c’est avec son mari et Jeanne Malivel qu’elle fonde, en 1923, la première cellule du mouvement Seiz Breur. Ce travail de Valérie Le Roux met en lumière la modernité de celui de Suzanne Creston en mettant en scène le vide, valorise l’inventivité des motifs décoratifs, en même temps qu’elle les dynamise par une rythmique étudiée.

Le mouvement Seiz Breur

« Je me suis nourrie de lectures, d’observations attentives des réalisations ou des propositions décoratives de Suzanne Creston. Mon approche a d’abord consisté à identifier et extraire certains motifs originaux, personnels, qui n’étaient pas directement référencés, dans le répertoire des formes de l’imaginaire collectif, à l’Art déco », explique-t-elle. Sa démarche est avant tout sensible, instinctive et rend hommage avec humilité et pertinence au travail de son aînée Seiz Breur.

Durant ces trois jours, Valérie Le Roux propose des ateliers pour les 4 à 12 ans autour de la pratique de la terre, avec la réalisation d’un petit objet, la façon d’utiliser les outils ou de travailler le modelage, l’apprentissage du vocabulaire… Ils repartiront avec un échantillon.

Vendredi 5 avril, samedi 6 et dimanche 7 avril, de 11 h à 19 h, 4, rue Duguay-Trouin.

Publié le 01/04/2019 – Ouest-France ©

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