Pierre Toulhoat, l’orfèvre du roi Gradlon (Côté Quimper).

L’auteur Armel Morgant avec l’aide d’Yves Toulhoat, fils de l’artiste, aborde une nouvelle facette du talent de Pierre Toulhoat dans un livre entièrement dédié à son « Œuvre de métal ».

Pierre Toulhoat

Locus Solus vient d’éditer un livre sur l’artiste quimpérois Pierre Toulhoat.

La maison d’édition Locus Solus vient d’éditer Toulhoat, l’Œuvre de métal, d’Armel Morgant avec l’aide d’Yves Toulhoat. Ce livre a été présenté le 22 novembre dans la Galerie d’art Philippe Théallet, rue Sainte-Catherine. L’œuvre de Toulhoat (1923-2014) est intimement liée à la Bretagne.

L’enfant du pays n’a quitté sa Cornouaille que le temps de parfaire une formation de maître verrier puis d’entrer à l’École des arts-décoratifs de Paris. Il revient à Quimper qu’il ne quitte plus. Artiste fécond, il est céramiste chez Keraluc. Il est aussi à l’aise dans le renouvellement de nouvelles formes d’objets que dans l’élaboration de décors monumentaux (Hôpital maritime de Brest, Conseil régional à Rennes, lycée Brizeux à Quimper). À Tréboul, Saint-Vio, Scrignac, Ergué-Armel et ailleurs encore, églises et chapelles vibrent de ses couleurs de peintre-verrier.

De fil en aiguille, il dessine de flamboyantes bannières et des teintures murales (Querrien, Sainte-Marine, Locronan)… Il transforme l’or et l’argent en bijoux d’abord pour Kelt puis à son nom. Il crée des objets liturgiques (patènes, crosses) sans oublier des médailles pour la Monnaie de Paris. Et un remarquable jeu d’échec en vermeil et argent. Le cuivre et le bronze lui sont familiers et deviennent statues ou bas relief, médailles, coupe-papier… À la chapelle SaintViot, résonne une de ses cloches.

De multiples œuvres à Quimper

Armel Morgant dresse un inventaire de ce travail du métal et la récolte est immense. Le livre merveilleusement illustré par plus de 400 photographies de Michel Roignat et de Bernard Galeron, entre autres, révèle l’ampleur du travail et donne envie de revoir l’héritage de cet artiste pluri disciplinaire.

À Quimper, Toulhoat laisse de nombreuses œuvres que l’on découvre au hasard d’une déambulation. Au pied des remparts face à l’Odet, il signe la plaque commémorant Per Jakez Hélias. À côté, au Musée départemental breton, on retrouve les panneaux sauvés de la destruction de la salle des pas perdus de la gare. Dans la cathédrale, on découvre les plaques dédiées aux évêques Fauvel, Guillon et Barbu. Ou encore rue de Brest, on peut faire une halte devant l’Hôtel du Roi Gradlon pour admirer les superbes poignées de portes en bronze.

Un détour à l’église de Saint-Alor (Ergué-Armel) permet de découvrir quatre vitraux. Et surtout, Pierre Toulhoat a forgé tant de bijoux, broches, médailles, bagues, boucles de ceintures pour les bagadoù mais aussi coupe-papier, plats, chenets et plaques de cheminée que l’on imagine précieusement conservés derrière les façades quimpéroises ou à découvrir dans ce livre. À s’offrir ou à offrir…

Armel Morgant avec la participation d’Yves Toulhoat. Toulhoat, l’Œuvre de métal. 176 pages couleurs. Éditions Locus Solus. 25 €.

Publié le 28/11/2018 par Florence Édouard de Massol – Côté Quimper ©

Suivez-nous sur :
error

Claudine Kerbrat, l’art de la délicatesse (Côté Quimper).

Après des années à Paris, elle s’était promis de venir s’installer à Quimper. C’est chose faite et depuis cet été, la céramiste dévoile ses créations dans son nouvel atelier-boutique.

Claudine Kerbrat

Claudine Kerbrat, dans sa boutique rue des Boucheries.

En entrant dans l’atelier-boutique de Claudine Kerbrat, rue des Boucheries à Quimper, on remarque tout de suite l’imposant four à céramique. Et pour cause, c’est bien de porcelaine qu’il s’agit ici, celle bien fine que choisit précisément Claudine Kerbrat pour exprimer toute la palette de son talent.
Elle décline sur des plats, assiettes, pots, vases, carreaux, des univers subtils de la flore à la faune, en passant par les rivages marins. On remarquera une exceptionnelle table basse où toute la finesse du trait de l’artiste a su saisir sur un sable fin algues et coquillages. Unique ! Merveilleusement unique !

Dior et Vuitton

C’est cette qualité élégante que Claudine Kerbrat met au service de qui veut lui passer commande. Libre à chacun de choisir son thème, l’artiste saura l’illustrer avec la même rigueur et la même liberté que celle mise au service des plus grands éditeurs de tissus lorsqu’elle habitait Paris.
Il y a quelques années, cette diplômée des Arts appliqués Duperré œuvrait en effet à Paris. Elle se passionnait pour la création de motifs pour foulards et tissus. Jean-Louis Scherrer l’a encouragée, Dior et Léonard comptaient parmi ses clients. Pour les vitrines de Vuitton, elle a peint de délicates poupées et a collaboré avec des éditeurs italiens, mais aussi des publicistes.

Un poème de Claude Nougaro

Le tissu lui permettait toutes les fantaisies et gammes de couleurs, elle excellait à imaginer les motifs des futurs modèles de la haute couture. Parallèlement, passionnée depuis toujours par les arts de la table, elle s’est lancée dans la peinture sur porcelaine et s’est faite vite remarquer.
Son travail délicat a été exposé au jardin du Luxembourg. Parmi ses admirateurs, Claude Nougaro lui a non seulement passé commande, mais lui a dédié aussi un poème À Claudine.
En 2013, l’envie de venir à Quimper s’est concrétisée avec la perspective d’une collaboration aux faïenceries Henriot. Dans ce nouvel univers, elle a innové, créé des motifs tour à tour bretonnants ou japonisants, imaginé un service de table sur le thème de la mer où, trouvaille géniale, les motifs des assiettes se poursuivent sur la nappe : homards et algues s’étalent, s’emparent des bougeoirs, l’effet est réussi, le service marque les esprits.
Aujourd’hui, Claudine Kerbrat se lance un nouveau défi avec l’ouverture de son atelier boutique et espère dès janvier partager son savoir-faire en proposant des stages.

Infos pratiques
Atelier boutique de Claudine Kerbrat,
13 rue des Boucheries à Quimper.

Publié le 1er Décembre 2017 par Florence Edouard de Massol – Côté Quimper©

 

Suivez-nous sur :
error