Quand la faïence s’inspire de la broderie (Côté Quimper).

La nouvelle exposition du Musée de la faïence met en valeur le travail des faïenciers inspirés par les motifs des broderies des costumes bretons.

Robert Micheau-Vernez
Groupe de trois danseurs de Quimper, par Robert Micheau-Vernez.

C’est en quelque sorte une double exposition que présente le Musée de la faïence de Quimper. Elle met en effet en parallèle les broderies des costumes bretons traditionnels et les faïences, dans une période allant de 1920 à 1980. Une période où des faïenciers ont mis au point le décor «broderie».

Une technique particulière

Ils se sont inspirés des broderies pour réaliser leurs motifs. Palmette, fleur de lys, fleur d’ajoncs, guirlande fleuries, arête de poisson, chaîne de vie, chevron, soleil, étoile, dents de loup, motifs de broderie des pays Glazik (Quimper), Fouen (Rosporden), Penn sardin (Douarnenez-Crozon), Plougastel, pays bigouden se sont retrouvés ainsi à décorer des plats, des vases, assiettes, brocs…, et statuettes, des pièces très riches en couleurs. «Les peintres avaient une certaine liberté de création. Les décors n’étaient pas figés», souligne Bernard Verlingue, conservateur du musée.

La particularité des pièces présentées est la technique utilisée. Il s’agit d’un procédé de cloisonnés, réalisé pour empêcher les émaux colorés qui ornementent les pièces de se mélanger. «Mon grand-père l’a découverte en 1915, à Paris, où il a rencontré M. Baudin, chef de fabrication à la Manufacture nationale de céramique de Sèvres», explique Bernard Verlingue. L’exposition présente de nombreuses pièces de faïences réalisées notamment par Charles Trautmann, Pierre Pocquet et Jean Caër, « trois personnages importants dans l’interprétation des broderies sur faïence» et des pièces plus récentes réalisées par des artistes inspirés par les broderies. Elles sont toutes mises en situation, installées près de costumes issus de collections privées, celles du brodeur Pascal Jaouen, et d’Alain Le Berre, antiquaire à Douarnenez. «Des pièces magnifiques, uniques».

Jusqu’au 28 septembre au musée de la faïence, 14 rue Jean-Yves-Bousquet.

Publié le 16 avril 2019 par Sylvie Béchet – Côté Quimper ©

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L’univers marin de Patrice Cudennec (Côté Quimper).

Patrice Cudennec.
Le travail de Patrice Cudennec est à découvrir jusqu’au 29 juin.

Le peintre, graveur et céramiste, présente Glaz, des tableaux et faïences aux couleurs de la mer, entre le bleu et le vert, réalisées à la manufacture Henriot-Quimper.

L’exposition de Patrice Cudennec, Glaz, une série de faïences aux couleurs de la mer, est le résultat d’une collaboration avec la manufacture Henriot-Quimper. L’artiste pratique la faïence depuis une vingtaine d’années. Le bleu, le vert sont ses couleurs fétiches ce qui ne l’empêche pas d’en utiliser d’autres comme le rose, « pour des scènes plus poétiques ». Patrice Cudennec est connu pour son travail autour de la mer, de la pêche. Il n’est pas rare de retrouver, dans ses œuvres, la même représentation d’un pêcheur, au sourire amical, comme une marque de fabrique.

Cinquante pièces

Pour cette nouvelle exposition, Patrice Cudennec a réalisé une cinquantaine de pièces, la plupart uniques. Il s’est inspiré des formes proposées par la manufacture pour créer ses scènes maritimes et paysages déroulés sur des vases, des plats, un service de table, des tableaux formés de carreaux de faïences « que le doigt peut effleurer ». Langoustes, saumons, langoustines, vues de Quimper, Bréhat, Ouessant, Sein, Roscoff… ornent ainsi les différentes pièces.

Patrice Cudennec profite de cette exposition pour montrer d’autres facettes de son travail, ses tableaux aux couleurs vives et tranchées et son utilisation d’une nouvelle gamme de couleurs à base d’ocre, de jaune, de marron. Elles sont appliquées par touches sur le support puis retravailler pour donner des compositions plus abstraites. L’artiste rend également hommage aux peinteuses de la manufacture en leur consacrant une série d’assiettes où elles sont représentées.

Jusqu’au 29 juin à la galerie de la manufacture Henriot-Quimper, 2 place Bérardier, du mardi au samedi de 10 h à 12 h 30 et de 14 h à 18 h. Entrée libre.

Publié le 12/03/2019 par Sylvie Béchet – Côté Quimper ©

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Les multiples talents de Jeanne Malivel (Côté Quimper).

Au Musée de la faïence de Quimper : les multiples talents de Jeanne Malivel
Jeanne Malivel est considérée comme une pionnière de l’art moderne breton. Le Musée de la faïence de Quimper lui consacre sa nouvelle exposition.

Jeanne Malivel (1895-1926)

Jeanne Malivel, autoportrait au crayon sur papier. (© collection particulière.)

C’est à la demande de l’association des Amis de Jeanne Malivel que l’exposition consacrée à cette artiste et créatrice a vu le jour au Musée de la faïence de Quimper. Pour la présidente de l’association, Gwen Lecoin, Jeanne Malivel (née à Loudéac en 1895) : « C’est une artiste originale en ce qu’elle a revivifié l’art breton, et mis son talent au service d’un artisanat qui se répétait en « biniouseries » stéréotypées en le croisant avec l’influence du mouvement Art déco des années vingt ».

Membre des Seiz Breur

En effet, Jeanne Malivel a notamment fait partie, avec René-Yves et Suzanne Creston, du mouvement Ar Seiz Breur dès l’été 1923. En 1925, elle a obtenu le grand prix de la section faïence à l’exposition internationale des arts décoratifs de Paris. C’est également à Paris qu’elle s’est engagée dans le mouvement breton. Elle a rejoint le Groupe régionaliste breton en 1919. Elle est retournée en Bretagne en 1922, toujours à Loudéac où elle a trouvé une grande part de son inspiration picturale.

L’exposition du musée a le mérite de montrer la diversité de son talent. Très jeune, elle a dessiné et suivi des cours de peinture. Elle a été admise aux Beaux-arts de Paris en 1919, a partagé son atelier avec d’autres artistes et profité pleinement de cette période et des années Art déco de l’entre-deux-guerres. Bernard Jules Verlingue, commissaire de l’exposition, souligne : « Elle s’inscrit complètement dans l’idée de l’époque et les mouvements de rénovation d’une culture ancestrale devenue obsolète et rengaine ». Artiste passionnée, elle a cherché à donner de nouvelles impulsions aux artistes et artisans afin qu’ils se renouvellent, qu’ils évoluent.

Des décors modernes

Mobilier, art de la table, textile, broderie…, Jeanne Malivel a conçu, dessiné de nombreux projets dont un grand nombre n’a pas abouti. L’exposition présente ainsi une série de meubles, coffre, table, chaise, fauteuils dont elle a réalisé les plans, mais aussi des services de table, assiettes, plats dont certains sortis des faïenceries Henriot (1922). Bernard Jules Verlingue poursuit : « Elle réinterprétait les décors traditionnels, les adaptait à des formes octogonales. Une chose est certaine, c’est la modernité de ses décors, qui sont encore d’actualité aujourd’hui ».

Des coussins brodés par les élèves de l’école de Pascal Jaouen à partir des motifs de Jeanne Malivel sont également présentés ainsi que des gravures sur bois, des vitraux. Autant d’éléments qui montrent bien son engouement pour les arts décoratifs qu’elle souhaitait accessibles à toutes les bourses. Jeanne Malivel est décédée à l’âge de 31 ans, fauchée par la maladie. Elle est considérée comme étant « la mère d’une nouvelle génération de créateurs ».

Infos pratiques
Jusqu’au 29 septembre au Musée de la faïence,
14 rue Jean-Baptiste-Bousquet à Quimper.

Publié le 18/04/2018 par Sylvie Béchet – Côté Quimper ©

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Femmes et enfants en faïence (Le Progrès de Cornouaille)

Pour son exposition, le Musée de la faïence met les femmes et les enfants à l’honneur. Un thème particulièrement exploité par les artistes. Plus de 200 pièces sont présentées.

exposition 2016

Maman et bébé de Pont-Aven, Robert Micheau-Vernez.

Alors qu’il fête cette année ses 25 ans, le Musée de la faïence, fait honneur aux femmes et aux enfants avec sa nouvelle exposition estivale. « Ce sujet est porteur, on le voit bien dans les ventes aux enchères et il faut reconnaître qu’il est plaisant et varié », souligne Bernard Verlingue, conservateur du musée. Plus de 200 pièces issues pour une partie non négligeable de la collection du musée — mais aussi de collections privées et du Musée départemental breton — sont présentées. Certaines pièces n’ont jamais été montrées comme ce fragment d’une procession en terre chamottée émaillée de Mathurin Méheut. « Nous avons les calques préparatoires à un panneau mural mais nous n’avons jamais retrouvé les pièces de céramique. »

La représentation des femmes et des enfants a, de tout temps, été exploitée dans les manufactures. « Initialement, il s’agissait de productions religieuses. Au fil du temps, même si elles perdurent, c’est avant tout dans leur quotidien que les femmes et les enfants sont évoqués », ajoute Bernard Verlingue.

Des pièces utilitaires comme des bols, des assiettes, des pots, des plats… aux pièces décoratives de toutes sortes, vases, figurines, bibelots, cendriers…, certaines originales ou drôles, cette exposition permet de découvrir ou redécouvrir le travail de nombreux artistes des XIXe et XXe siècles, aux styles différents. Des artistes à retrouver dans les différentes salles du musée.

24/06/2016 par sylvie bechet © Le Progrès de Cornouaille

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