Exposition à Quimper – Quand la broderie inspirait les artistes faïenciers (Ouest-France).

Cette saison, le musée de la Faïence, à Quimper, braque ses projecteurs sur le lien entre l’art des brodeurs et les faïenceries. Bernard Verlingue, conservateur du musée, présente quelques-unes des pièces emblématiques de cette exposition.

Bernard Verlingue - Georges Brisson
Bernard Verlingue, conservateur du musée de la Faïence à Quimper, devant un plat signé Georges Brisson.

Les tournesols de Trautmann

Charles Trautmann
Assiette aux tournesols de Charles Trautmann au musée de la Faïence de Quimper.

« Cette œuvre de Charles Trautmann marque le balbutiement du décor qu’on va appeler décor broderie chez HB, l’un des deux grands faïenciers de l’époque. Elle date des années 20. On trouve déjà une frise qu’on retrouve sur les costumes bretons. L’artiste évoque Les tournesols de Van Gogh. On n’est pas encore tout à fait dans le décor broderie. Mais ça l’annonce. Conservée par la faïencerie, il s’agit d’une pièce unique. Trautmann était chef d’atelier, il avait un droit de création. Une particularité de chez HB qui n’existait pas chez Henriot. On sait peu de choses de Trautmann. On pense qu’il faisait partie de familles que mon grand-père, à l’époque propriétaire de la faïencerie HB, a fait venir de Limoges.»

Un vase aux motifs bigoudens

Pierre Poquet
Vase aux motifs bigoudens de Pierre Poquet, au musée de la Faïence de Quimper.

« Ce vase de Pierre Poquet est de nouveau une création de chef d’atelier. Il faisait cela pendant ses horaires de travail. Son droit de création lui permettait d’acheter les pièces. Elles étaient revendues par sa femme qui avait un magasin rue Elie-Fréron. Ce vase représente entre dix et quinze heures de travail. On y trouve ces reprises de décor breton. La plupart des collectionneurs qui détiennent ces faïences n’ont pas remarqué le lien qui existe entre le décor et la broderie bretonne. Et pourtant, on retrouve le cœur bigouden, très fouillé, avec des rehauts d’or qui demandaient une cuisson supplémentaire. »

Brisson fait vibrer la broderie

Georges Brisson
Georges Brisson s’inspire des broderies des costumes du Pays bigouden.

« Voici un décor au pinceau (1923) où Georges Brisson va complètement s’exprimer. On retrouve des éléments de costumes comme le soleil, le cœur, les cornes de bélier. Il a dressé une composition avec tous ces éléments. Nous sommes au cœur du mouvement lorsque la broderie est source d’inspiration pour les artistes faïenciers. Brisson est un artiste originaire de Nantes. Il était très discret.»

Le travail titanesque de Jean Caër

Jean Caër
Le travail titanesque de Jean Caër.

« Jean Caër, encore un chef d’atelier de chez HB, a réalisé de grand plat de 80 cm de diamètre (1925). Pour composer le décor, il a posé des émaux au pinceau, goutte à goutte. Un travail titanesque. Il s’est inspiré de la broderie en s’en éloignant. Je me suis demandé comment ces œuvres étaient accueillies à l’époque. Les articles de presse étaient louangeurs, voire dithyrambiques. Pour autant, les critiques faisaient remarquer que Henriot faisait toujours des petits Bretons de qualité (un motif classique). Les deux maisons étaient en concurrence permanente. D’ailleurs, il faut remarquer que cette concurrence correspond à l’âge d’or des faïenceries quimpéroises. »

Musée de la Faïence, 14, rue Jean-Baptiste-Bousquet, à Quimper. Ouvert jusqu’au 28 septembre, du lundi au samedi, de 10 h à 18 h sans interruption. Fermé le dimanche et les jours fériés.

Publié le 13/06/2019 par Jean-Pierre Le CARROU – Ouest-France ©

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Quand les brodeurs inspiraient les faïenciers.

Catalogue 2019 - Quand les brodeurs inspiraient les faïenciers.
  • 2019 – Quand les brodeurs inspiraient les faïenciers

(catalogue de l’exposition – 15 Avril au 28 septembre 2019)

Sous la direction de Bernard Jules VERLINGUE (Jérémy VAROQUIER, notices : Pascal JAOUEN, Alain Le BERRE, Mick NÉDÉLEC, photos : Bernard GALÉRON).

Une des particularités des costumes de Bretagne est la richesse des couleurs des broderies ou des motifs traditionnels qui les ornent. Les faïenciers quimpérois ne sont pas restés insensibles à ce phénomène et ont largement puisé dans ce fonds quasi inépuisable pour décorer leurs pièces. Il s’agit là d’une démarche, certes d’esthétisme pur, mais également une volonté active de retrouver d’authentiques racines bretonnes, s’inscrivant ainsi dans la revivification d’un art décoratif moderne, cher aux Seiz Breur.

La période de l’entre-deux-guerres voit, dans les campagnes, la désaffection du costume traditionnel mais, parallèlement, de nombreux contemporains s’intéressent à cette culture et tentent de la valoriser. L’Union Régionaliste Bretonne luttera pour un maintien, très conservateur, des modes locales. Plus tard, René-Yves Creston portera un regard ethnographique sur ce costume, suivi dans ce domaine par d’autres artistes comme Robert Micheau-Vernez.

Dès 1918, la manufacture HB crée le décor «broderie», technique nouvelle qui permet de retrouver la notion de relief, mettant en avant la richesse du travail des brodeurs. L’atelier de Pierre Poquet en est l’illustration. Les chefs d’atelier ayant un droit de création, naîtront ainsi de nombreux décors, particulièrement variés, reprenant principalement les motifs bigoudens mais aussi les éléments floraux du costume de Fouesnant. Jean Caër restera plus traditionnel dans le traitement de ses compositions, osant toutefois des emplois de couleurs audacieux.

29,7 x 21 cm – 84 pages – ISBN 2-914009-40-2 – tarif 20 €

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Quand la faïence s’inspire de la broderie (Côté Quimper).

La nouvelle exposition du Musée de la faïence met en valeur le travail des faïenciers inspirés par les motifs des broderies des costumes bretons.

Robert Micheau-Vernez
Groupe de trois danseurs de Quimper, par Robert Micheau-Vernez.

C’est en quelque sorte une double exposition que présente le Musée de la faïence de Quimper. Elle met en effet en parallèle les broderies des costumes bretons traditionnels et les faïences, dans une période allant de 1920 à 1980. Une période où des faïenciers ont mis au point le décor «broderie».

Une technique particulière

Ils se sont inspirés des broderies pour réaliser leurs motifs. Palmette, fleur de lys, fleur d’ajoncs, guirlande fleuries, arête de poisson, chaîne de vie, chevron, soleil, étoile, dents de loup, motifs de broderie des pays Glazik (Quimper), Fouen (Rosporden), Penn sardin (Douarnenez-Crozon), Plougastel, pays bigouden se sont retrouvés ainsi à décorer des plats, des vases, assiettes, brocs…, et statuettes, des pièces très riches en couleurs. «Les peintres avaient une certaine liberté de création. Les décors n’étaient pas figés», souligne Bernard Verlingue, conservateur du musée.

La particularité des pièces présentées est la technique utilisée. Il s’agit d’un procédé de cloisonnés, réalisé pour empêcher les émaux colorés qui ornementent les pièces de se mélanger. «Mon grand-père l’a découverte en 1915, à Paris, où il a rencontré M. Baudin, chef de fabrication à la Manufacture nationale de céramique de Sèvres», explique Bernard Verlingue. L’exposition présente de nombreuses pièces de faïences réalisées notamment par Charles Trautmann, Pierre Pocquet et Jean Caër, « trois personnages importants dans l’interprétation des broderies sur faïence» et des pièces plus récentes réalisées par des artistes inspirés par les broderies. Elles sont toutes mises en situation, installées près de costumes issus de collections privées, celles du brodeur Pascal Jaouen, et d’Alain Le Berre, antiquaire à Douarnenez. «Des pièces magnifiques, uniques».

Jusqu’au 28 septembre au musée de la faïence, 14 rue Jean-Yves-Bousquet.

Publié le 16 avril 2019 par Sylvie Béchet – Côté Quimper ©

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Quand les brodeurs inspiraient les faïenciers

3 danseurs Bigouden de l’artiste Robert Micheau-Vernez.

Une des particularités des costumes de Bretagne est la richesse des couleurs des broderies ou des motifs traditionnels qui les ornent. Les faïenciers quimpérois ne sont pas restés insensibles à ce phénomène et ont largement puisé dans ce fonds quasi inépuisable pour décorer leurs pièces. Il s’agit là d’une démarche, certes d’esthétisme pur, mais également une volonté active de retrouver d’authentiques racines bretonnes, s’inscrivant ainsi dans la revivification d’un art décoratif moderne, cher aux Seiz Breur.

La période de l’entre-deux-guerres voit, dans les campagnes, la désaffection du costume traditionnel mais, parallèlement, de nombreux contemporains s’intéressent à cette culture et tentent de la valoriser. L’Union Régionaliste Bretonne luttera pour un maintien, très conservateur, des modes locales. Plus tard, René-Yves Creston portera un regard ethnographique sur ce costume, suivi dans ce domaine par d’autres artistes comme Robert Micheau-Vernez.

Quand les brodeurs inspiraient les faïenciers
Quand les brodeurs inspiraient les faïenciers.

Dès 1918, la manufacture HB crée le décor «broderie», technique nouvelle qui permet de retrouver la notion de relief, mettant en avant la richesse du travail des brodeurs. L’atelier de Pierre Poquet en est l’illustration. Les chefs d’atelier ayant un droit de création, naîtront ainsi de nombreux décors, particulièrement variés, reprenant principalement les motifs bigoudens mais aussi les éléments floraux du costume de Fouesnant. Jean Caër restera plus traditionnel dans le traitement de ses compositions, osant toutefois des emplois de couleurs audacieux.

Devant une telle débauche d’ingéniosité, nous allons tenter de faire un tour de Bretagne du costume à travers la faïence.


Musée de la Faïence de Quimper ©Bernard Jules Verlingue


Le film de l’exposition « Quand les brodeurs inspiraient les faïenciers ».

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