Deux plats HB Henriot offerts au Musée breton (Le Télégramme).

Photo le Télégramme.

Les deux nouveaux plats signés HB Henriot offerts au Musée départemental breton par Paul Janssens (ci-dessus deuxième à partir de la droite), venu des Etats-Unis.

« Quimper est ma deuxième maison », déclare, ému, Paul Janssens en lisant la traduction du discours qu’il a préparé. À présent à la retraite, il fut le président des Faïenceries de Quimper HB-Henriot, vieilles de 300 ans, de 1984 à 2003. Il était présent lundi aux faïenceries, arrivé tout droit des États-Unis, où il réside. Et il n’est pas venu les mains vides puisqu’il a fait don de deux plats en faïence au Musée départemental breton. Un geste aussi symbolique, car ce lundi 12 mars marquait le 34e anniversaire de la reprise de l’entreprise par M. Janssens, qui a déjà offert trois autres pièces au musée en 2004. Les deux nouveaux plats viendront enrichir la collection du musée qui compte 1.725 pièces en céramique, dont 90 % proviennent de faïenceries quimpéroises. L’ancien directeur a dit son admiration pour le musée et son personnel, les « gardiens de l’Histoire de la Bretagne ». Il faudra cependant attendre l’aval de la commission scientifique régionale, en mai, pour voir les pièces exposées.

88 employés en séjour aux États-Unis !

Chacun de ces plats vient dire quelque chose du parcours de Paul Janssens. Le premier était un cadeau de l’ensemble de ses collaborateurs, en guise de remerciement pour un voyage aux États-Unis organisé pour toute l’entreprise. « C’était le dernier soir du tricentenaire, lors d’un dîner campagnard où j’avais un peu trop bu. Il a fallu faire un discours, et j’avais dit : « Si vous travaillez bien, dans deux ans vous êtes aux États-Unis ! ». C’est le lendemain que j’ai compris ce à quoi je venais de m’engager… », raconte-t-il avec amusement. Mais il a tenu parole : 88 personnes étaient du voyage ! Pour l’occasion, l’entreprise avait alors fermé durant une semaine. Le second plat donné au Musée breton, plus imposant, lui avait été offert à l’occasion de son départ à la retraite, en 2003. Plusieurs peintres de la faïencerie y avaient participé et tous les collaborateurs l’avaient signé. Une trace de leur travail qui sera précieusement conservée rue du Roi-Gradlon.

Publié le 14 mars 2018 – © Le Télégramme.

Suivez-nous sur :
error

Henriot : Paul Janssens n’oublie pas Quimper (Ouest-France).

En 1984, il a repris la faïencerie Henriot après le dépôt de bilan. Trente-quatre ans après l’Américain Paul Janssens est revenu à Quimper.

Photo Ouest-France.

De gauche à droite, Catherine Troprès, Peter Janssens, Paul Janssens et Lara Janssens.

« Quimper est ma deuxième maison… » Lundi matin, Paul Janssens a lâché cette confidence lors d’une visite au musée départemental breton. cet Américain a été le patron de la faïencerie HB Henriot de 1984 à 2003.

Aujourd’hui âgé de 88 ans, l’homme a gardé un attachement pour Quimper et le monde de la faïence. Ce week-end, accompagné de son fils Peter et de sa plus jeune fille Lara, Paul Janssens est revenu à la pointe de la Bretagne pour trois jours. L’occasion pour lui de retrouver les personnes qu’il a côtoyées lorsqu’il était à la tête de la faïencerie. « Pendant 20 ans, j’ai fait six voyages par an entre les États-Unis et Quimper. C’est avec beaucoup d’émotion que je reviens aujourd’hui. » Paul Janssens s’est rendu au Musée départemental breton afin de remettre un don qui a été reçu par Catherine Troprès, attachée de conservation du patrimoine.

« Many memories »

Il s’agit d’un plat peint par Michel Furic, présent lundi, remis à Paul Janssens par ses salariés à l’occasion d’un voyage d’une semaine que le PDG avait offert à son personnel en 1992. Tout le monde, ou presque avait pris l’avion (88 personnes), direction Stonington, la ville américaine où était basée l’activité d’importation de Paul Janssens.
Ce voyage hors du commun a laissé des souvenirs impérissables. Le second plat remis au musée, peint par Florence Brajeul, est un témoignage conçu lors du départ à la retraite de Paul Janssens en 2003. « J’ai quatre enfants, je ne pouvais pas partager ces plats. Les offrir au musée est une bonne solution, non ? », lance l’octogénaire toujours malicieux. Les dons au musée départemental seront validés par une commission scientifique en mai prochain.
La réception au musée a été l’occasion de retrouvailles. Véronique Cariou, assistante de Michel Marest, ancien directeur des faïenceries (aujourd’hui décédé), était présente. Deux peintres sur céramique (Marie-Laurence Le Brun-Jadé et Christine Quéré), anciennes salariées des faïenceries, étaient également présentes.

Photo Ouest-France.

Jean-Pierre Le Goff a accueilli Paul Janssens à la faïencerie Henriot.

Il se trouve que le 12 mars est la date anniversaire du premier plat sorti du four de la faïencerie lorsque Paul Janssens a pris les commandes de l’entreprise. C’était en 1984. Lundi après-midi, Paul Janssens est retourné à la faïencerie, accueilli par Jean-Pierre Le Goff, propriétaire de l’entreprise. « Many memories ! », a lâché avec une pointe de nostalgie Paul Janssens en faisant le tour du propriétaire. Du magasin au grenier, il a pu se rendre compte de la modernisation des travaux. Sa dernière visite remonte à 2015. L’émotion reste intacte. Sa fille et son fils prennent des photos de « dad » s’attardant devant les étagères riches de trésors.
Paul Janssens va poursuivre son voyage en Europe cette semaine. Direction les Pays-Bas d’où sa famille est originaire.

Publié le 13/03/2018 par Jean-Pierre Le Carrou – Ouest-France ©

Suivez-nous sur :
error

Le cadeau de Paul Janssens au Musée départemental breton (Côté Quimper).

De passage à Quimper, Paul Janssens, l’ancien directeur des faïenceries Henriot, a fait don de deux plats signés H.B. Henriot au Musée départemental breton.

Photo Côté quimper.

De passage à Quimper, Paul Janssens a fait don de deux plats H.B Henriot au Musée breton.

Accompagné de ces deux enfants, Peter et Lara, ainsi que d’une poignée d’anciens collaborateurs, l’ancien directeur des faïenceries Henriot, Paul Janssens ne cache pas sa fierté de voir ces deux pièces intégrer la collection du Musée départemental breton. Ces deux plats rappellent les liens qui avaient été noués entre la faïencerie et le musée, depuis déjà, de nombreuses années.
Paul Janssens qui a dirigé la faïencerie HB Henriot de 1984 à 2003, confie, non sans émotions :
« Ces pièces représentent une part de l’histoire de la faïencerie Henriot. C’est très émouvant car ces deux pièces font aussi partie de mon histoire personnelle. »
L’ancien directeur avait déjà fait don en 2004 de trois pièces importantes, dont une pièce majeure du principal artiste céramiste ayant exercé à Quimper au XIX e siècle, Alfred Beau.

De Quimper à Minnéapolis

La première pièce, un plat peint par Michel Furic, avait été offerte à Paul Janssens par l’ensemble de ses collaborateurs en remerciement d’un voyage aux États-unis. Le directeur américain avait alors embarqué dans ses valises les petites mains de la faïencerie. Pour l’occasion, l’entreprise avait alors fermé durant une semaine. Une décision historique qui marqua les esprits.
Marie-Laurence le Brun-Jadé, alors peintre décoratrice au sein de la faïencerie Henriot , s’en rappelle encore :
« Je suis partie trois fois aux États-Unis avec Paul Janssens. Ce sont des souvenirs mémorables : Détroit, Birmingham, Minnéapolis…Ce fût l’occasion de montrer notre savoir-faire à travers des démonstrations de « peint-main ». Nous étions fiers de montrer ce que nous savions faire ! »
La deuxième pièce, un plat réalisé avec la participation de plusieurs peintres de la faïencerie et décoré à la main par Florence Brajeul, a été offerte à l’ancien directeur lors de son départ à la retraite. Les signatures de ces anciens collaborateurs ornent le dos de la pièce.
Aujourd’hui, c’est un petit bout de l’histoire de Paul Janssens qui s’apprête à enrichir les 1728 pièces de céramique du Musée breton de Quimper. Un précieux don pour la ville de Quimper, berceau de la céramique.
Catherine Troprès, attachée de conservation du patrimoine au Musée breton, explique :
« Courant mai, une commission doit statuer sur l’intégration ou non de ces deux pièces. Mais c’est en très bonne voie… »

Publié le 13 Mars 2018 – Côté quimper ©

Suivez-nous sur :
error

Depuis 25 ans, ce musée fait briller la faïence (Ouest-France)

François BAZIN

Photo : Une oeuvre de François Bazin, la maquette du Monument aux Bigoudens qui se trouve à Pont-l’Abbé. | Béatrice Le Grand.

1Le Musée de la faïence fête ses 25 ans. Ce musée privé est un écrin pour la faïence de Quimper. Il embellit aussi le quartier de Locmaria. En 2007, il a pourtant failli disparaître…

D’où viennent les faïences exposées à Locmaria ? Des faïenceries quimpéroises ! « Ce sont des pièces d’atelier qui servaient de témoin lorsqu’une production était lancée », explique Bernard Verlingue, conservateur du musée depuis sa création, en juin 1991. Au fil des ans, la faïencerie Henriot a racheté la faïencerie Porquier, la faïencerie HB a racheté Henriot… C’est ainsi que s’est constituée la collection.

Après le dépôt de bilan des Faïenceries de Quimper (1983), l’Américain Paul Janssens rachète puis relance l’activité sous le nom HB Henriot. Mais Jean-Yves Verlingue, précédent propriétaire des Faïenceries de Quimper, obtient que la collection reste sa propriété. Pendant quelques années, la collection reste dans les locaux de la faïencerie, au rez-de-chaussée et au premier étage du bâtiment aujourd’hui occupé par le brodeur Pascal Jaouen.

« La maison de la demoiselle Porquier est en vente ! »

« Nous cherchions un local à Quimper pour exposer ces faïences », rappelle Bernard Verlingue. Il aurait été stupide de les mettre dans des cartons. Les célébrations du tricentenaire (1990) relancent l’intérêt pour la faïence de Quimper. Nous avons eu un projet avec le centre d’art contemporain qui venait d’être créé par Marc Bécam. » Les élections municipales, perdues par Marc Bécam, feront capoter le projet. C’est Jean-Louis Léonus, ancien directeur technique de HB Henriot, qui trouve la solution en 1990. « Il habitait dans un appartement, juste en face de Locmaria, sur la rive droite de l’Odet. Il nous alerte : la maison de la demoiselle Porquier est en vente ! » Le bâtiment a perdu sa toiture depuis l’ouragan de 1987 mais il est idéalement placé. Juste à côté de la faïencerie HB Henriot. La maison, avec son petit atelier attenant, est achetée en août. « Le temps était compté. Nous voulions ouvrir le musée en juin 1991, juste avant la saison. »

La tour fait causer

La course contre la montre est lancée. L’architecte quimpérois Javier Moron dessine le musée. Le chantier est confié à l’entreprise Joncour. « Les travaux ont débuté en novembre 1990. Les murs de la maison ont été conservés. » L’ensemble est une réussite. Une paroi entièrement vitrée, côté cour, permet au musée de « respirer ». Un palmier, qui a résisté à l’ouragan, doit être arraché. « J’ai insisté pour qu’un autre soit replanté. » L’arbre exotique prospère toujours, protégé par le doux air de l’Odet. Seul petit point d’interrogation, la tour imaginée par l’architecte (occupée aujourd’hui par la styliste Rachel Le Gall). « Des voisins ont perdu la vue sur l’Odet… » L’édifice circulaire, provoque des interrogations. Mais la tour est la signature du musée. Vingt-cinq ans après, le verdict est sans appel. Dans un environnement architectural disparate, le Musée de la faïence est l’un des points forts du quartier.

Les polémiques évitées

En juin 1991, le Musée de la faïence Jules Verlingue, du nom du père de Jean-Yves Verlingue, est inauguré. C’est le début de l’aventure. La première exposition est consacrée aux Vierges et saints en faïence de Quimper, à partir du travail de Laurent Cahn. À partir de la troisième année, le musée édite un catalogue pour ses expositions temporaires qui sont autant d’événements. En 1993, exposition sur les Seiz Breur. « Le sujet était un peu sulfureux en raison de l’attitude de certains de ses membres pendant l’Occupation. » Pas de polémique cependant. Comme il n’y en aura pas à propos de l’Exposition coloniale malgré des faïences (d’époque) ouvertement racistes. À chaque fois, Bernard Verlingue prend soin d’expliquer le contexte, sans l’excuser. « Je n’ai pas pratiqué l’auto-censure. »

Si Locmaria embellit…

Quel avenir pour le plus grand musée mondial de la faïence de Quimper ? Bernard Verlingue, 65 ans, est serein. L’équilibre financier semble durablement assuré. Malgré tout, compte-tenu de ses faibles moyens, le musée ne peut mener une politique d’acquisition. Lors des expositions temporaires, des pièces sont prêtées par des collectionneurs. Après avoir subi une érosion importante, le nombre des visiteurs s’est stabilisé. « On comptait 20 000 entrées les premières années. Aujourd’hui, cela tourne autour de 8 000-9 000 visiteurs d’avril à septembre. »
Bernard Verlingue sait que le musée dépend aussi de la vie du quartier. Depuis quelques années, Locmaria embellit. D’autres projets vont aboutir. Rendez-vous dans 25 ans.

Musée de la faïence. 14, rue Jean-Baptiste-Bousquet.

Jean-Pierre LE CARROU

Publié le 01/06/2016 – © Ouest-France

Suivez-nous sur :
error