Le sauf-conduit de deux Américains à Quimper ? Une tasse en faïence ! (le Télégramme).

Deux Américains ont découvert Quimper, il y a dix ans, à la suite de l’achat d’une tasse en faïence qui les a intrigués. Ils ont poussé leurs investigations et habitent maintenant la capitale de la Cornouaille « for ever » !

Adela et mark Meadows
Adela et Mark Meadows, anciens antiquaires de la région de San Francisco désormais installés à Quimper. (Photo Jean-Jacques Berrou).

Histoire touchante que celle d’Adela et Mark Meadows, un couple d’antiquaires de la région de San Francisco. Il y a une dizaine d’années, au cours d’un salon d’antiquités, ils débusquent une tasse, une simple tasse. Elle leur plaît. Ils l’exposent dans leur magasin. Ce petit bol de porcelaine va susciter admiration et interrogations parmi leurs clients. Il devient un objet de curiosité. De fins connaisseurs lui prêtent des origines les plus diverses, souvent de France. Nevers et Limoges sont logiquement souvent cités. C’est finalement grâce à leurs recherches sur le net qu’ils trouvent l’origine de cette tasse : Henriot Quimper
Adela et Mark Meadows disposent d’un pied à terre parisien pour leur commerce. Lors d’un séjour à Paname, ils ne résistent pas à l’envie de découvrir Quimper et sa faïence. Pendant plusieurs années, ils vont venir en touristes, prendre leurs habitudes dans un gîte. Survient leur retraite. Conquis par la ville, sa douceur de vivre, les magnifiques paysages alentour, ils franchissent le dernier pas et s’installent, en mai 2018, dans le centre-ville de Quimper.

« Tout le monde est cool avec nous »

Ils continuent à s’imprégner de la culture locale. Les musées, notamment, n’ont plus de mystère pour eux. D’un contact facile, ils lient tour à tour connaissance avec « Monsieur Cariou, Monsieur Le Stum, Pascal Jaouen (qu’ils prononcent « Jaouin » malgré tous leurs efforts) et Agnès Lucas, commerçante. Leurs lieux préférés sont les halles, la pâtisserie Le Meur, la rue du Guéodet… Bref, le centre-ville piétonnier, sans oublier les quais, Locmaria et le Moulin Vert avec son festig noz mensuel ! Car, oui, le couple s’est mis à la danse bretonne. Mark Meadows a commencé à se broder une veste pour les soirées bretonnes ! « Tout le monde est cool ici et gentil avec nous », résume Mark Meadows.

« En Amérique, avec de l’argent on peut devenir Président »

Le cas Trump leur est souvent soumis. Il est vite éludé, d’un geste de mépris de la main et d’une rotation significative de la tête : « En Amérique, avec de l’argent, on peut devenir Président. Il n’y a plus de classe moyenne, on est riche ou pauvre, mais avec la même peur des agressions. Le système américain est cassé, la constitution est la même depuis 200 ans ! », explique Adela Meadows. Pas de mal du pays, donc. Mais le dialogue s’interrompt : ils sont conviés par les commerçants qui sont là à prendre un verre. Manquerait plus qu’il leur soit servi dans une tasse en porcelaine. Ce serait un joli clin d’œil.

Publié le 08 janvier 2019 – Le Télégramme ©

Paul Fouillen, un céramiste original – Conférence de Philippe Théallet.

Le Musée départemental breton propose une conférence sur l’artiste Paul Fouillen (1899-1958), le dimanche 18 novembre 2018 à 15 h. Philippe Théallet (historien de l’art & galeriste) évoquera la vie de l’artiste, et mettra en avant le don exceptionnel du collectionneur Tony Graviano au Musée.

Philippe Théallet - Paul Fouillen

Philippe Théallet – Conférence « Paul Fouillen, un céramiste original ».

Arrivé à Quimper en 1921 pour intégrer l’harmonie municipale, Paul Fouillen, morbihannais d’origine, devient dans l’entre-deux-guerres l’un des créateurs les plus originaux de la faïencerie HB. Alors que la manufacture l’embauche comme simple peintre, dès 1924 Paul Fouillen accède au rang de chef d’atelier, cette fonction lui permet une ample création dont il ne se privera pas. Largement basé sur la représentation de personnages bretons, le « style Fouillen » utilise aussi des accords colorés hardis et des rythmiques très musicales. Dès 1927 il commence à mettre en place une nouvelle activité, la création d’objets et meubles à caractère breton. Cet atelier Fouillen ouvre officiellement en 1929. Il faut attendre l’après-guerre, la fin de l’année 1945 précisément, pour que Paul Fouillen crée la manufacture éponyme.

Une conférence de Philippe Théallet (historien de l’art – Galeriste), le dimanche 18 novembre 2018 à 15 h00 au Musée départemental breton à Quimper.

Gratuit (le nombre de places est limité).

Paul FouillenPaul Fouillen

Un ami américain offre sa collection Paul Fouillen au Musée départemental breton.

Parmi les premiers objets de Paul Fouillen entrés dans la collection du Musée figure un vase en verre remis au début des années 1990 par Mr Graviano, alors qu’un collectif de collectionneurs américains, afin de rendre hommage aux artisans de la faïence de Quimper, offrait à notre musée un bel ensemble de pièces, parmi lesquelles une coupe montrant le Mayflower, célèbre navire des « Pilgrim fathers ».Paul Fouillen
Paul Fouillen

Mr. Graviano avait commencé alors de former une collection des créations céramiques de Fouillen. En suivant de près l’actualité des ventes aux États-Unis et en France, il y parvint en un peu plus d’une vingtaine d’années, l’une de ses dernières acquisitions – un grand vase aux danseurs inclus dans la donation – ayant été acquis par ordre d’achat à Brest en 2017.
Paul FouillenMr Graviano a souhaité assurer la pérennité d’une collection formée avec science et constance en l’offrant au Musée départemental breton. Il désire ainsi que ces créations d’une figure importante et originale des arts appliqués bretons du XXème siècle reviennent sur leur lieu d’origine, auprès des populations bretonnes.

Paul FouillenPaul FouillenMusée départemental breton 2018 ©

Don et dédicaces d’Anthony Graviano (le télégramme).

Anthony Graviano & Judy Datesman

Anthony Graviano et Judy Datesman, au Musée départemental breton, devant l’une des deux vitrines exposant une partie des œuvres de Paul Fouillen données par le collectionneur américain. (Le Télégramme – Jacky Hamard).

Grand collectionneur des œuvres de Paul Fouillen, Anthony Graviano était en séance de dédicaces, ce samedi après-midi, au Musée breton, pour la sortie de son livre consacré au céramiste. Une séance qui avait été précédée par un don au Musée départemental de l’essentiel de la collection privée de cet Américain vivant près de New York.

Tony Graviano est à Quimper ce week-end à l’occasion de la réunion annuelle du Quimper club international, les collectionneurs de faïence quimpéroise, présidée par Judy Datesman. Ce club existe depuis une vingtaine d’années et connaît là son troisième rassemblement à Quimper.

Depuis 25 ans, Anthony Graviano collectionne les œuvres de Paul Fouillen. Sur la centaine de pièces dont il a fait l’acquisition, il s’est surtout concentré sur la période HB allant de 1922 à 1928 pour exprimer son intérêt pour l’art déco.

« Pour Anthony Graviano, c’est une fin d’époque, il a toujours considéré que la collection devait revenir à Quimper », traduit Judy Datesman. Cette année, il a ainsi fait don de quelque 80 pièces sur la centaine de sa collection. Trente sont d’ailleurs actuellement exposées au musée. Ce don vient compléter la collection du musée consacrée au céramiste qui portait jusqu’à présent plus sur la période postérieure à HB.

Cinq cents photos en couleur

Cette fin d’époque se traduit aussi par la sortie du livre réalisé par Anthony Graviano sur le céramiste. Quatre ans de recherche lui ont permis de répertorier 300 œuvres présentant 500 photographies en couleur. Ce livre, en français et en anglais, qu’il a dédicacé ce samedi, reprend par chapitres les différents axes de la création de Paul Fouillen.

Publié le 22 septembre 2018 – Le Télégramme ©


Paul FouillenPaul Fouillen : Les Années HB Quimper / The HB Quimper Years (1922-1928)

par Tony Graviano (traduction Judy Datesman).

Edité et distribué par : jd etc – 224 pages (français et anglais)

ISBN 9782955134429 – 40 €

Plus d’informations sur le blog : paulfouillenhbquimper.blogspot.com

 

Musée breton – Un collectionneur donateur en dédicace (le télégramme).

Créations de l’artiste Paul Fouillen données au Musée départemental breton par le collectionneur américain Tony Graviano.

Le collectionneur américain Tony Graviano a fait don de créations céramiques de l’artiste Paul Fouillen (1899-1958) au Musée départemental breton. Ces pièces seront montrées au public, dès ce samedi, dans la section des céramiques du musée. Par ailleurs, Tony Graviano présentera et dédicacera un livre qu’il consacre à Paul Fouillen, avec le concours de Judy Datesman, ce samedi, à partir de 14 h, au Musée breton.

Publié le 21 septembre 2018 – Le Télégramme ©

Deux plats HB Henriot offerts au Musée breton (Le Télégramme).

Photo le Télégramme.

Les deux nouveaux plats signés HB Henriot offerts au Musée départemental breton par Paul Janssens (ci-dessus deuxième à partir de la droite), venu des Etats-Unis.

« Quimper est ma deuxième maison », déclare, ému, Paul Janssens en lisant la traduction du discours qu’il a préparé. À présent à la retraite, il fut le président des Faïenceries de Quimper HB-Henriot, vieilles de 300 ans, de 1984 à 2003. Il était présent lundi aux faïenceries, arrivé tout droit des États-Unis, où il réside. Et il n’est pas venu les mains vides puisqu’il a fait don de deux plats en faïence au Musée départemental breton. Un geste aussi symbolique, car ce lundi 12 mars marquait le 34e anniversaire de la reprise de l’entreprise par M. Janssens, qui a déjà offert trois autres pièces au musée en 2004. Les deux nouveaux plats viendront enrichir la collection du musée qui compte 1.725 pièces en céramique, dont 90 % proviennent de faïenceries quimpéroises. L’ancien directeur a dit son admiration pour le musée et son personnel, les « gardiens de l’Histoire de la Bretagne ». Il faudra cependant attendre l’aval de la commission scientifique régionale, en mai, pour voir les pièces exposées.

88 employés en séjour aux États-Unis !

Chacun de ces plats vient dire quelque chose du parcours de Paul Janssens. Le premier était un cadeau de l’ensemble de ses collaborateurs, en guise de remerciement pour un voyage aux États-Unis organisé pour toute l’entreprise. « C’était le dernier soir du tricentenaire, lors d’un dîner campagnard où j’avais un peu trop bu. Il a fallu faire un discours, et j’avais dit : « Si vous travaillez bien, dans deux ans vous êtes aux États-Unis ! ». C’est le lendemain que j’ai compris ce à quoi je venais de m’engager… », raconte-t-il avec amusement. Mais il a tenu parole : 88 personnes étaient du voyage ! Pour l’occasion, l’entreprise avait alors fermé durant une semaine. Le second plat donné au Musée breton, plus imposant, lui avait été offert à l’occasion de son départ à la retraite, en 2003. Plusieurs peintres de la faïencerie y avaient participé et tous les collaborateurs l’avaient signé. Une trace de leur travail qui sera précieusement conservée rue du Roi-Gradlon.

Publié le 14 mars 2018 – © Le Télégramme.