Les journées européennes du patrimoine & l’assemblée générale de l’association 2021.

Les journées européennes du patrimoine 2021.
Les grès Odetta.

Les journées européennes du patrimoine se tenaient le samedi 18 et dimanche 19 septembre 2021. Le Musée de la Faïence proposait une visite gratuite, à cette occasion.

Les journées européennes du patrimoine 2021.
Une œuvre collective pour les 30 ans du Musée de la Faïence.

727 visiteurs sont venus admirer les collections du Musée, ainsi que les deux expositions temporaires consacrées à la faïencerie Keraluc et à la plasticienne Kathy Le Vavasseur.

Les journées européennes du patrimoine 2021.
Pièce de l’artiste Kathy Le Vavasseur face à l’Odet.

Durant tout le week-end, des visites guidées ont été proposées par le Musée. Les bénévoles de notre association ont également accompagné les visiteurs dans les salles du Musée.

Les journées européennes du patrimoine 2021.
Les visites guidées du Musée.

L’association des Amis du Musée & de la Faïence de Quimper a tenu son assemblée générale 2021, le samedi matin, en présence de M. Jean-Yves Verlingue.

Assemblée générale 2021
De gauche à droite : Jean-Paul Alyase (Président de l’association), Philippe Théallet et Jérémy Varoquier.

Pour rappel, cet événement initialement prévu au mois d’avril a été décalé suite à la crise sanitaire.

Notre président, Jean-Paul Alayse prenait la parole pour réaliser le rapport moral de l’association, suivi du rapport financier. Un bilan du site internet et de la gestion des réseaux sociaux est effectué, puis une présentation de la Gazette des Amis par son rédacteur en chef, Philippe Théallet.

Pour la première fois cette année, la réunion était retransmise en direct sur internet, pour les adhérents ne pouvant pas être présents.

Assemblée générale 2021
Daniel Georges.

Cheville ouvrière essentielle de notre association, M. Daniel Georges a décidé de quitter ses fonctions d’administrateur au sein du bureau. Il était responsable de la logistique de notre association. Nous le remercions chaleureusement pour son dévouement et pour ces années de présence au Conseil d’administration. Il est remplacé à cette fonction par M. Dominique Malo.

Nous accueillons Messieurs Pascal Malleron et Thomas Audouard, qui seront en charge du secrétariat de l’association, en remplacement de M. Jacques Duvet.

Assemblée générale 2021
De gauche à droite : Dominique Malo, Pascal Malleron et Jean-Paul Alyase.

Jérémy Varoquier, assistant principal au Musée présenta en clôture de notre assemblée le thème de la prochaine exposition thématique de l’année 2022.

Si vous souhaitez nous rejoindre, n’hésitez pas à nous retourner notre bulletin d’adhésion (lien).

Association des Amis du Musée & de la Faïence de Quimper ©

L’émaillage des 30 ans du Musée de la Faïence de Quimper.

Le vendredi 3 septembre a eu lieu au Musée de la Faïence de Quimper l’émaillage des 30 ans du Musée.

C’était l’occasion de retrouver les membres de notre association et les mécènes du Musée.

Emaillage du 3 septembre 2021.
Emaillage du 3 septembre 2021.
Jean-Paul Alayse
Jean-Paul Alayse – Président de l’association des Amis du Musée et de la Faïence de Quimper

Bernard Verlingue a relaté la création du Musée en 1991, dans un émouvant discours.

Bernard Veringue
Bernard Verlingue – Directeur du Musée de la Faïence de Quimper

Nous vous proposons l’allocution du président du fonds de dotation du Musée : M. Hervé Maupin.

Il fait le point sur les activités du Musée.

Une exposition temporaire consacrée à la plasticienne : Kathy Le Vavasseur est présentée pour ces 30 ans.
Elle est visible jusqu’au 19 septembre 2021.


« Stratum Super Stratum »

Association des Amis du Musée et de la Faïence de Quimper ©

La faïence et son musée, œuvres de passionnés (Ouest-France).

Le musée de la Faïence fête ses trente ans du 3 au 5 septembre. II existe grâce à la famille Verlingue et à une collection unique d’œuvres d’art.

Jean-Yves et Bernard Verlingue
Jean-Yves et Bernard Verlingue, au musée de la Faïence, qui a vu le jour il y a trente ans (en 1991) dans le quartier de Locmaria grâce à eux.

L’histoire

Juin 1991, au cœur du quartier de Locmaria, berceau de Quimper et de son art de la faïence. Au 14, rue Jean-Baptiste-Bousquet, Bernard Verlingue et Jean-Yves, son père. ouvrent le musée de la Faience.

« ça a été un peu épique. raconte Bernard Verlingue. On a reçu les étagères la veille seulement. On a passé une partie de la nuit et toute la journée de l’inauguration à mettre les pièces en place. Il faillait déjà avoir le musée en tête ! »

Le conservateur du musée toujours là, ses fameuses bacchantes aussi. « II y avait une forme d’inconscience quand on a ouvert. On a fait avec les moyens qu’on avait et ce n’était pas marrant tous les jours. La passion, malheureusement, ne fait pas tout. »

La faïence au cœur de l’histoire familiale

Ne serait-ce qu’entre 2007 et 2011, où le musée a dû rester fermé quatre ans, faute de financements Cette époque est loin : depuis un fonds de dotation a été créé. Une trentaine de mécènes soutient aujourd’hui le musée, qui avance beaucoup plus serein (1). « Et la fête continue », sourit son atypique conservateur.

Ce week-end, du 3 au 5 septembre, le musée de la Faïence fête justement ses trente ans. Bernard Verlingue est l’âme des lieux. Lui qui s’était fait plus rare ces deux dernières années en raison de la maladie, y revient de plus en plus depuis un mois et demi. Tout simplement car il va mieux. « Ici, c’est sa vie », glisse Jean-Yves Verlingue.

C’est lui, le père aujourd’hui âgé de 94 ans, qui en août 1990 a acheté l’ancienne faïencerie Porquier, puis a fondé une société de famille pour ce musée. Avec la volonté d’exposer ce qui aurait pu rester enfoui dans des caisses : la collection, jusqu’alors mise à disposition des Faïenceries de Quimper, qui les présentaient dans leur hall d’entrée mais ne souhaitaient plus le faire.

Une collection de 5 000 pièces

Dans ces caisses. des « modèles d’origine », souligne Jean-Yves Verlingue. Rassemblés depuis trois siècles et la naissance de la faïence à Quimper en 1699. « Mais plus personne ne pouvait voir ces pièces et le travail de tous ceux – ouvriers, cadres, dirigeants – qui ont travaillé dans les faïenceries. Alors même que Quimper est mondialement connue pour sa faïence. En 1990, les fêtes du tricentenaire (de la naissance de la faïence) avaient attiré environ 80 000 personnes. Il y avait donc une demande. »

Il fallait un écrin à cette collection, ce sera ce musée privé. Avec près de 5 000 objets (pièces et éléments papier), elle est « sûrement l’une des plus grandes collections de faïences en France ». Et elle est protégée : « Elle est inaliénable et n’est donc pas à vendre. » Elle peut s’agrandir, par des dons.

Les visiteurs peuvent en découvrir une partie, entre l’exposition permanente et les expositions temporaires. Ils ont été 10 000, en 2019. « Certains reviennent d’année en année ; c’est une chance pour nous », souligne l’œil expert. Faire des choix pour mettre en valeur des pièces, des savoir-faire et des artistes ne frustre pas Bernard Verlingue. Au contraire, ça l’amuse.

« II est tombé dans un tonneau de barbotine (2) petit », taquine son père. « J’ai choisi de travailler dans une faïencerie quand j’avais 3 ans », acquiesce celui qui en a aujourd’hui soixante-sept de plus. Comme son père et son grand-père (Jules) donc.

Le musée de la Faïence fonctionne avec lui, Jérémy Varoquier, son assistant, et un saisonnier. Alors, comme le souligne Bernard Verlingue tandis que le soleil de cette fin août chauffe son bureau, « il y a largement de quoi travailler. De toute façon, je ne sais rien faire d’autre que de m’occuper du musée ».

(1) Dont Jacques Verlingue, président d’Adelaïde, groupe de courtage en assurances.
(2) Pâte délayée dans de l’eau.

Linogravure

Pour célébrer ses trente ans, le musée de la Faïence a commandé une linogravure à l’artiste concarnois Olivier Lapicque Elle représente son fameux marin et a été éditée à cent exemplaires. Environ la moitié peuvent toujours être achetées.

Publié le 1er septembre 2021 par Rose-Marie Duguen – Ouest-France ©

30 ans de tradition familiale au Musée de la faïence (Le Télégramme).

Bernard et Jean-Yves Verlingue
Bernard (à gauche) et Jean-Yves (à droite) font vivre les faïences du musée de Quimper depuis 1991.

Le musée de la faïence fête ses 30 ans. Depuis 1991, Jean-Yves et Bernard Verlingue y font vivre l’esprit de Quimper au travers d’une précieuse collection d’œuvres d’art.

Chez les Verlingue, la faïence, c’est avant tout une histoire de famille. « J’ai décidé de devenir faïencier à l’âge de 3 ans ! », raconte Bernard Verlingue. Comme son père, et son grand-père avant lui. C’est lui qui, en 1991, prend l’initiative de créer le musée de la faïence de Quimper : « Après la fermeture des faïenceries en 1983, les Américains ont repris la production. Quand ils sont partis, à l’été 1990, nous avons racheté le bâtiment. En juin 1991, le musée a ouvert ses portes ». Et il attire du beau monde ! Quelques années après son ouverture, c’est l’ambassadeur des États-Unis qui vient rendre visite au musée de Quimper. « La chambre de commerce avait offert au président Wilson un immense plat en faïence turquoise, qui nous a été prêté à l’occasion ! »

« Une vitrine de Quimper »

Qu’est-ce que la faïence selon les Verlingue ? « Une vitrine de Quimper ». Pour ces amoureux de l’artisanat, la faïence de Quimper ne se résume pas au « Petit Breton » que l’on retrouve sur les célèbres bols. « Le premier à s’être installé à Quimper, en 1699, c’était Bousquet. Il venait de Provence. Ensuite, ça a été le tour des faïenciers de Nevers, et de Rouen. Le Quimper, c’est un amalgame de ces trois styles qui se sont croisés, complétés… Un héritier de ces trois grands centres, qui n’existent plus aujourd’hui ! »

Après trente ans aux petits soins de leur musée, les Verlingue père et fils n’ont rien perdu de leur passion. « Le plus grand évènement, c’est quand quelque chose de bien perdure », affirme Jean-Yves, père de Bernard et ancien président des faïences de Quimper. « Notre famille a su pérenniser cette tradition, et c’est une grande satisfaction ». Pour lui, ce trentième anniversaire sera l’occasion de remercier les mécènes, sans lesquels le musée ne pourrait pas exister, mais aussi de mettre en valeur tous les acteurs de la chaîne de production : « Si la faïence a connu ce parcours, c’est grâce à toutes les petites mains, tous les personnels, du tourneur aux artistes ».

Une collection fournie, et variée

Le musée possède désormais 5 000 pièces inaliénables, toutes gracieusement cédées par des particuliers ou d’autres collections. En tant que conservateur et unique expert spécialisé dans la faïence de Quimper, Bernard Verlingue a pour mission de composer des expositions annuelles, d’environ 500 pièces chacune. « Chaque pièce est un morceau d’histoire », observe-t-il. « Il faut bien les choisir, pour organiser le musée avec cohérence ». En l’espace de trente ans, le musée a connu quelques changements pratiques, mais la famille Verlingue continue de l’animer avec « un amour immodéré de ce travail manuel, artistique, et intellectuel ».

Publié le 26 août 2021 par Mathile Cariou – Le Télégramme ©

Le faïencier Joseph Henriot vu par son fils (Côté Quimper).

Pendant 47 ans, Joseph Henriot a dirigé la célèbre faïencerie de Quimper. Il lui a donné une envergure nationale voire internationale. Josig, son fils, confie ses souvenirs.

Josig Henriot
Josig Henriot montre les magnifiques catalogues édités à l’époque de son père, Joseph Henriot.

La maison de Josig Henriot est un véritable musée. L’antiquaire vit au milieu de lustres anciens, miroirs, meubles, argenterie… destinés à la vente. On aperçoit ici et là quelques pièces de la faïencerie Henriot, installée dans le quartier de Locmaria à Quimper (Finistère).

On pourrait croire que Josig Henriot a hérité de ces magnifiques assiettes, vases et autres statuettes. « Eh bien non ! J’ai dû acheter toutes ces pièces. Je n’ai rien hérité à la mort de mon père. Strictement rien pour une histoire d’indivision », commente l’intéressé sans la moindre rancœur.

Un père toujours impeccable

Josig Henriot est le fils de Joseph Henriot. Il est né en 1961 d’un second mariage. Son père avait alors 67 ans. Josig Henriot a des souvenirs très précis de son enfance, de ce père âgé « toujours impeccable en costard cravate. Il était très disponible pour ma sœur Diane et moi. » Il se rappelle aussi des visites à la faïencerie Henriot alors codirigée par son demi-frère Yves (né d’un premier mariage avec Angèle Georget) et son oncle Alain.

Joseph et Robert Henriot avaient transmis l’entreprise familiale en 1959 à leurs deux fils.

« Après 47 ans d’activité loyale au service d’une complète réussite, je partais content d’avoir accompli avec papa et Robert une œuvre entière et durable. L’année de notre départ, au dire de Monsieur Verlingue lui-même, les résultats de notre dernier exercice étaient jugés bons et supérieurs à ceux de HB. »
Joseph Henriot
Extrait de Mémoires d’un faïencier quimpérois.

Jusqu’à 250 ouvriers

En 1968, la faïencerie fusionne avec HB « dans des conditions déplorables », poursuit Joseph Henriot. Il en gardera une énorme déception. Lui qui avait consacré sa vie à faire grandir et rayonner l’entreprise familiale implantée à Locmaria. « Elle a compté jusqu’à 250 ouvriers. C’était considérable », rappelle l’antiquaire.

Sous la direction de son père et de son oncle, la faïencerie se modernise, s’agrandit, fait appel à des dizaines d’artistes dont Mathurin Méheut.

Les services de table Henriot sont exposés et récompensés lors d’événements comme la Grande exposition des arts décoratifs de 1925, la Coloniale de 1931 ou l’exposition de New York en 1938.

Épreuves difficiles

Joseph et Robert Henriot passent aussi par des épreuves difficiles comme les procès contre Verlingue au sujet de la signature HR, l’incendie criminel de 1925 qui ravagea l’un des plus beaux bâtiments de la fabrique…

Mathurin Méheut

La grande époque des artistes

Enfant, Josig Henriot a vu de nombreux artistes défiler dans la maison familiale. Notamment Mathurin Méheut qui a beaucoup travaillé pour la faïencerie Henriot. On lui doit notamment les services La mer, Hippocampes (notre photo), Homards, Poissons. Joseph Henriot admirait Mathurin Méheut. On peut s’en rendre compte dans ses Mémoires d’un faïencier breton, « Son but essentiel était de découvrir des méthodes dans le goût moderne, d’engager le Quimper sur une voie nouvelle qui le situait bien à l’avant-garde, et, de créer des œuvres personnelles et originales dignes de figurer avec autorité dans toute manifestation artistique. » La faïencerie a collaboré avec d’autres artistes comme Louis-Henri Nicot, René-Yves Creston, Yvonne-Jean Haffen, Pierre Lenoir…

Lorsque Joseph Henriot décède en 1976, Josig n’a que 15 ans. « Du jour au lendemain, nous nous sommes retrouvés sans argent. Ma mère est devenue commerçante. » Il fait l’école de la Marine marchande, abandonne et finit par passer un bac technique au Likès.

En 1982, il ouvre un dépôt-vente route de Brest : le Grenier.

« Ça a rapidement marché. Nous travaillions beaucoup à l’export pour des Américains qui recherchaient des meubles bretons. »
Josig Henriot
Fils de Joseph Henriot.

Le dépôt-vente se développe, change plusieurs fois d’adresse. Désormais, Josig Henriot emploie deux salariés et songe à prendre sa retraite pour se consacrer à sa passion de la mer. Pendant toutes ces années, il n’a eu de cesse de chercher et d’acquérir des œuvres signées Henriot. « Je me considère un peu comme l’archiviste de la famille », rigole-t-il.

Joseph Henriot
Joseph Henriot.

Ce qu’il faut savoir

  • Joseph Henriot en quelques dates 1894 : naissance à Locmaria.
  • 1914 : il participe à la Première Guerre mondiale avec son frère Robert.
  • 1921 : naissance de son fils Yves qui codirigera la faïencerie de 1959 à 1967 avec son neveu Alain.
  • 1959 : il prend se retraite.
  • 1961 : naissance de Josig, né d’un second mariage.
  • 1976 : décès à 81 ans.

Publié le 31 janvier 2021 par Adèle Le Berre – Côté Quimper ©