Nous avons réalisé pour vous une sélection des expositions à voir à partir du mois de mai 2019. Tous ces artistes ont travaillé pour les faïenceries quimpéroises.
Pierre Abadie-Landel (1896-1972)
Une rétrospective de l’œuvre du peintre Pierre Abadie-Landel (1896-1972), artiste éclectique, membre des Seiz Breur bien que résidant à Paris, qui fit des ports du Finistère sud l’un de ses thèmes favoris.
Port-musée de Douarnenez – Salle d’exposition du hall d’accueil du 19 mai 2019 – 30 juin 2019 (ouvert de10h-12h30 / 14h-18 h) Fermé le lundi sauf vacances scolaires, entrée libre.
Ô Couleurs ! Robert Micheau-Vernez (1907-1989)
L’exposition présente les œuvres du coloriste breton Robert Micheau-Vernez. Dessinateur, peintre, coloriste, illustrateur, céramiste et artisan de l’Art Sacré, Robert Micheau-Vernez s’est intéressé à tous les domaines de l’art.
Musée de la Faïence de Malicorne(72) du 18 mai au 11 novembre 2019 D’avril à fin septembre, le musée est ouvert tous les jours de 10h à 12h30 et de 14h à 18h (19h en juin, juillet et août). Ouvert tous les dimanches et les jours fériés.
Exposition Paul Moal – peintures et céramiques
L’exposition réunira des huiles, des pastels, des faïences, des aquarelles et des dessins de l’artiste.
Marin de la Navale adossé à son sac, faïence polychrome, 2017
Duo Ours, faïence monochrome
Paul Moal est né en 1948 à Douarnenez. Très tôt, il est attiré par les arts plastiques. Il achète son premier matériel de peinture à l’âge de 15 ans. Il aime se rendre sur les ports d’Audierne et de Douarnenez, aller observer les peintres, nombreux à cette époque, à poser leurs chevalets sur les quais. Il n’aspire qu’à une chose : leur ressembler !
Tout naturellement, il réfléchit à suivre des études à l’école des Beaux-Arts. Mais, sur les conseils de ses professeurs et après un engagement de 3 ans dans l’Armée de l’Air, il reprend des études scientifiques à l’Ecole Nationale Supérieure de Mécanique de Nantes, qui lui permettent de devenir professeur de technologie au lycée du Likès à Quimper. Lors de ses temps-libres, il ne cesse de peindre dans son atelier aménagé par ses soins dans sa demeure quimpéroise. Il aime à rappeler « qu’il n’aime pas dessiner mais peindre ».
Artiste autodidacte, il s’essaie au pastel, technique moins contraignante et plus accessible que l’huile. Il teste également l’aquarelle. Pourtant, il revient toujours à ses techniques de prédilection : le pastel et la peinture à l’huile.
Depuis 2014, il expérimente le collage ; pour ce faire, il récolte des affiches, il arrache des fragments d’affiche dans les rues au gré de ses balades.
Curieux de tout, intéressé par de nombreux domaines, Paul Moal aime fréquenter les expositions et les musées, découvrir ou redécouvrir des artistes, des univers, des techniques. Il est constamment à la recherche d’inspiration, d’idées pour faire évoluer sa peinture, son art.
Dans les années 90, il commence à s’intéresser à la faïence qu’il découvre à l’atelier du Steir à Quimper. Il débute par la peinture sur céramique puis il s’essaie à la réalisation de rondes-bosses. Celles-ci deviennent de moins en moins figuratives, de moins en moins colorées au fil des années, les notions de volume et de monochromie prennent toutes leurs places.
Comme sur ses peintures, Paul Moal préfère s’attacher aux postures, aux mouvements, aux gestes qui montrent l’effort des personnages, la rudesse des métiers qu’aux détails des visages ou des vêtements. Il exécute des pièces pour la Faïencerie d’Art Breton (F.A.B) de Quimper, la Faïencerie Henriot de Quimper puis pour la Faïencerie d’Art de Malicorne (F.A.M) dans la Sarthe.
Son travail a été mis à l’honneur lors de nombreux salons et expositions : musée de la pêche de Concarneau en 2013, musée des Thoniers d’Etel en 2015, Yacht Club de France à Paris en 2016 et musée de la Faïence et de la Céramique de Malicorne en 2016, musée de la Faïence de Quimper en 2017.
Il expose en permanence à la galerie Philippe Théallet de Quimper, à la galerie Regard de Brest et à la galerie des Glaces de Nantes.
Salle des fêtes de Douarnenez du 17 Juin au 10 Août 2019 Ouvert du lundi au samedi de 10h à 12h30 et de 15h à 18h30, entrée libre.
Xavier de Langlais (1906-1975)
Exposition de tableaux, gravures et dessins de Xavier de Langlais. Sélection d’œuvres sur le thème de Surzur et ses alentours.
Médiathèque Marguerite Lohézic – Surzur (56) du 16 juillet au 24 août 2019 Entrée libre.
L’étude du commissaire-priseur Jack-Philippe Ruellan organisait ce samedi 4 mai 2019 une vente de tableaux et d’arts décoratifs à Vannes (56). L’œuvre de l’artiste Robert Micheau-Vernez « Itron Varia Breiz Izel » figurait dans cette vacation. Cette pièce rare a été adjugée au prix record de 21 576 € frais inclus (17 400 € au marteau). Elle était estimée entre 4 000 et 6 000 €.
Robert MICHEAU-VERNEZ (1907-1989) « Itron Varia Breiz Izel » circa 1958, 59 x 30 x 21 cm – manufacture Henriot (Lot n°18 de la vente du 4 mai 2019).
La statuette était présentée dans l’exposition thématique du Musée de la Faïence de Quimper, « les femmes et les enfants d’abord… » en 2016. Un article du quotidien le télégramme était consacré à cette faïence.
« Vous allez être excommunié ! » (Le télégramme).
« Itron Varia Breiz Izel » (« Notre-Dame de Bretagne ») de Robert Micheau-Vernez.
L’enfant Jésus jouant du biniou ! Œuvre insolite de l’artiste Robert Micheau-Vernez, dont l’évêché provoqua, dans les années 1950, l’interruption de la production. Elle est exposée au Musée de la faïence. C’est le premier volet d’une série consacrée aux expositions de l’été.
« Lorsque cette pièce en faïence a été éditée, l’évêché a contacté Jules Henriot, le patron de la faïencerie à l’époque, en lui disant : « Mais Monsieur Henriot, vous allez être excommunié ! ». Jules Henriot, qui était très croyant, a tout de suite arrêté la production », relate, l’oeil malicieux, Bernard Verlingue. Le conservateur du Musée de la faïence désigne là « Itron varia breiz izel », une vierge à l’enfant Jésus qui joue du biniou. Elle a été réalisée par Robert Micheau-Vernez (1907-1989) dans les années cinquante. La faïence est montrée dans le cadre de l’exposition temporaire du musée de Locmaria, « Les femmes et les enfants d’abord… ». « L’interruption de la production sur intervention de l’évêque en a fait une pièce extrêmement rare. À ma connaissance, elle existe à cinq ou six exemplaires difficiles à trouver chez les particuliers. Celle-ci appartient à la famille de Micheau-Vernez. Je tenais absolument à la présenter dans le cadre de cette exposition. Au-delà de ses qualités artistiques, symboliques, elle se révèle un joli clin d’œil à la thématique de la femme et de l’enfant. Elle intrigue beaucoup les visiteurs », se réjouit le responsable du musée.
« Il en a été très déçu »
Mais, quelle fut donc la réaction de Robert Micheau-Vernez à l’époque ? « Il en a été très déçu, mais comme il était fidèle, il ne l’a pas fait fabriquer ailleurs. Il l’a mise dans sa poche avec son mouchoir par-dessus ! C’était pourtant, pour lui, une pièce emblématique de la Bretagne. Souvenons-nous que l’artiste a appartenu au mouvement Seiz Breur. Pour lui, qui était également sonneur, l’enfant Jésus pouvait jouer du biniou. Pourquoi pas après tout ? Il avait conçu cette pièce en toute bonne foi, sans aucune provocation. Moi, je trouve cela fantastique ! », s’exclame Bernard Verlingue. Cette vierge à l’enfant, si singulière, arbore des couleurs vives et notamment un fabuleux bleu aluminate de cobalt. « Elle est tout à fait dans l’esprit de Micheau-Vernez, qui est l’artiste qui a introduit le mouvement dans la faïence de Quimper, avec ses robes, ses plis, ses décorations, la reprise de fresque de danseurs », éclaire le spécialiste. La faïencerie Henriot a-t-elle, malgré la menace d’excommunication de son ancien patron, conservé un modèle de l’œuvre ? « Oui, nous l’avons retrouvé il n’y a pas si longtemps. Ce pourrait être amusant de relancer sa production », lance Bernard Verlingue. Il tempère aussitôt. « Enfin, en réalité, ce serait délicat, car il y a beaucoup de détails, de choses collées, les rubans de la coiffe qui rappelle d’ailleurs Sainte-Anne-d’Auray, tous les morceaux du biniou sont rajoutés après… C’est un boulot assez considérable », décrit le conservateur du musée. Il entrevoit une reprise de production coûteuse. « Au niveau du prix de la pièce en modèle ancien. La dernière qui s’est vendue l’a été à plus de 6.000 € », évalue-t-il.
2019 – Quand les brodeurs inspiraient les faïenciers
(catalogue de l’exposition – 15 Avril au 28 septembre 2019)
Sous la direction de Bernard Jules VERLINGUE (Jérémy VAROQUIER, notices : Pascal JAOUEN, Alain Le BERRE, Mick NÉDÉLEC, photos : Bernard GALÉRON).
Une des particularités des costumes de Bretagne est la richesse des couleurs des broderies ou des motifs traditionnels qui les ornent. Les faïenciers quimpérois ne sont pas restés insensibles à ce phénomène et ont largement puisé dans ce fonds quasi inépuisable pour décorer leurs pièces. Il s’agit là d’une démarche, certes d’esthétisme pur, mais également une volonté active de retrouver d’authentiques racines bretonnes, s’inscrivant ainsi dans la revivification d’un art décoratif moderne, cher aux Seiz Breur.
La période de l’entre-deux-guerres voit, dans les campagnes, la désaffection du costume traditionnel mais, parallèlement, de nombreux contemporains s’intéressent à cette culture et tentent de la valoriser. L’Union Régionaliste Bretonne luttera pour un maintien, très conservateur, des modes locales. Plus tard, René-Yves Creston portera un regard ethnographique sur ce costume, suivi dans ce domaine par d’autres artistes comme Robert Micheau-Vernez.
Dès 1918, la manufacture HB crée le décor «broderie», technique nouvelle qui permet de retrouver la notion de relief, mettant en avant la richesse du travail des brodeurs. L’atelier de Pierre Poquet en est l’illustration. Les chefs d’atelier ayant un droit de création, naîtront ainsi de nombreux décors, particulièrement variés, reprenant principalement les motifs bigoudens mais aussi les éléments floraux du costume de Fouesnant. Jean Caër restera plus traditionnel dans le traitement de ses compositions, osant toutefois des emplois de couleurs audacieux.
29,7 x 21 cm – 84 pages – ISBN 2-914009-40-2 – tarif 20 €
La nouvelle exposition du Musée de la faïence met en valeur le travail des faïenciers inspirés par les motifs des broderies des costumes bretons.
Groupe de trois danseurs de Quimper, par Robert Micheau-Vernez.
C’est en quelque sorte une double exposition que présente le Musée de la faïence de Quimper. Elle met en effet en parallèle les broderies des costumes bretons traditionnels et les faïences, dans une période allant de 1920 à 1980. Une période où des faïenciers ont mis au point le décor «broderie».
Une technique particulière
Ils se sont inspirés des broderies pour réaliser leurs motifs. Palmette, fleur de lys, fleur d’ajoncs, guirlande fleuries, arête de poisson, chaîne de vie, chevron, soleil, étoile, dents de loup, motifs de broderie des pays Glazik (Quimper), Fouen (Rosporden), Penn sardin (Douarnenez-Crozon), Plougastel, pays bigouden se sont retrouvés ainsi à décorer des plats, des vases, assiettes, brocs…, et statuettes, des pièces très riches en couleurs. «Les peintres avaient une certaine liberté de création. Les décors n’étaient pas figés», souligne Bernard Verlingue, conservateur du musée.
La particularité des pièces présentées est la technique utilisée. Il s’agit d’un procédé de cloisonnés, réalisé pour empêcher les émaux colorés qui ornementent les pièces de se mélanger. «Mon grand-père l’a découverte en 1915, à Paris, où il a rencontré M. Baudin, chef de fabrication à la Manufacture nationale de céramique de Sèvres», explique Bernard Verlingue. L’exposition présente de nombreuses pièces de faïences réalisées notamment par Charles Trautmann, Pierre Pocquet et Jean Caër, « trois personnages importants dans l’interprétation des broderies sur faïence» et des pièces plus récentes réalisées par des artistes inspirés par les broderies. Elles sont toutes mises en situation, installées près de costumes issus de collections privées, celles du brodeur Pascal Jaouen, et d’Alain Le Berre, antiquaire à Douarnenez. «Des pièces magnifiques, uniques».
Jusqu’au 28 septembre au musée de la faïence, 14 rue Jean-Yves-Bousquet.