Claire Briant sur son stand. Céramiste installée à Bannalec, elle est également membre de l’association Quimper Céramique, organisatrice de l’événement.
Pendant deux jours, c’est l’occasion de découvrir ou redécouvrir la céramique sur la charmante place du Stivel, dans le quartier emblématique des faïenceries quimpéroises. « C’est pour défendre et illustrer la vitalité de la culture de la céramique que nous avons fondé l’association Quimper Céramique qui organise le Festival, explique Jeanne Sarah Bellaiche, céramiste et membre de l’association. Authentique, naturelle et singulière, la céramique est plus moderne et tendance que jamais. La céramique, c’est avant tout des pièces pleines d’émotion et de sensibilité.» Pour la 9e édition de l’événement, 32 céramistes passionnés, issus d’univers artistiques variés, exposeront leur travail et dialogueront avec le public, tout le week-end. De nombreuses animations seront proposées : dans un espace dédié, chacun des exposants présentera une pièce d’une valeur de 100 €. Les visiteurs seront invités à voter pour leur pièce préférée. A l’issue d’un tirage au sort, le gagnant de l’exposition-concours remportera la céramique la plus plébiscitée : des ateliers feront découvrir aux petits et aux grands les secrets techniques de l’art du modelage ; dans des « battles » de tournage, les céramistes s’affronteront, à tour de rôle, sur leur tour de potier. Ambiance conviviale garantie ; concept original, un « Café Céramique » permettra aux visiteurs de déguster une boisson dans des bols ou tasses faits mains et par les exposants.
Samedi et dimanche, de 10 h à 19 h, place du Stivel. Gratuit. Retrouver la liste des exposants sur www.quimperceramique.com
Week-end très festif, samedi 4 et dimanche 5 septembre à Quimper, pour les 30 ans du Musée de la faïence. Au programme : une exposition, des ateliers, des rencontres et la réalisation participative d’une œuvre commémorative…
Pour ses 30 ans, le Musée de la faïence lance la création d’une œuvre commémorative.
Le Musée de la faïence de Quimper présente en une collection unique toute l’histoire de la faïencerie des origines à nos jours. Pour cela, l’établissement s’appuie sur un fonds exceptionnel d’archives et de pièces. Il ne cesse de continuer à l’enrichir grâce à un fonds de dotation, créé il y a 10 ans. Depuis 30 ans, le musée se renouvelle de saison en saison pour proposer des expositions à thème. Ainsi, cette année, l’exposition thématique est consacrée à la faïencerie Keraluc.
Rencontre avec Kathy Le Vavasseur
Ce week-end, les visiteurs pourront découvrir l’exposition temporaire des œuvres de Kathy Le Vavasseur. L’artiste sera présente pour une rencontre privilégiée où elle commentera ses œuvres. Rendez-vous samedi et dimanche à 11 h. « Ce sont des formes qui s’entrelacent, qui se rejoignent, qui se séparent. » Elle présente une grande variété de pièces comme l’aboutissement d’années de recherches, d’expérimentations, d’échecs aussi avant de réussir la prouesse technique de ses assemblages. Son œuvre résolument contemporaine pousse la matière jusqu’à ses possibilités les plus extrêmes. À voir absolument. Samedi et dimanche, à 14 h et 16 h, les plus créatifs pourront suivre un atelier Totem sous la houlette de Kathy Le Vavasseur (durée : 1 h. Tarif : 20 euros). « Les participants travailleront les tout derniers biscuits et pièces récupérés à la faïencerie Fouillen. Ils repartiront avec leur totem assemblé et décoré par leurs soins », explique Jérémy Varoquier, du Musée de la faïence.
Œuvre commémorative
Tout au long du week-end, les visiteurs sont invités à laisser un petit mot sur des soucoupes, elles aussi récupérées dans l’atelier Fouillen. Elles seront ensuite assemblées et accrochées pour former un grand panneau commémoratif.Il sera également possible d’acquérir l’une des 100 gravures numérotées et signées de l’artiste Olivier Lapicque. Celui-ci associe dans un graphisme épuré, le nom de toutes les faïenceries quimpéroises. Enfin, le Musée de la faïence tiendra un stand au Festival de la céramique (lire aussi ci-dessous), place du Stivel. À noter que samedi midi, l’équipe du musée mettra en lumière une œuvre artistique en lui remettant un prix. Celle-ci sera par la suite présentée dans ses vitrines. Originalité, diversité… Ce programme devrait séduire tous les amoureux de la faïence, quel que soit leur âge ! Bon anniversaire cher musée !
Trente-deux céramistes participent au 9e Festival de la céramique, samedi 4 et dimanche 5 septembre. Trente-deux céramistes, c’est autant d’univers singuliers qui s’offrent au regard des visiteurs. Ce rendez-vous est l’occasion de s’émerveiller sur les possibilités infinies de cette matière aussi naturelle qu’authentique.
Le visiteur découvrira des porcelaines, des faïences mais aussi des sculptures et instruments de musique. La modernité de la céramique, c’est aussi l’atout de la pièce unique faite main. Les artisans et artistes présenteront leur travail et savoir-faire.Une expo-concours propose à chacun de voter pour la pièce de son choix. Des ateliers-découverte permettront de s’initier au modelage. Un Café céramique, sur la place, permettra de choisir sa boisson mais surtout le contenant : des bols ou tasses faits main. Le public verra aussi les céramistes s’affronter à tour de rôle. Dextérité et savoir-faire font de ce spectacle un rendez-vous unique et convivial.
Armel Hédé est l’invité d’honneur du festival. Ses pièces d’un raffinement délicat méritent largement le détour. La forme, les cou-leurs, le motif conjuguent la subtilité et la force en une harmonie intemporelle.
Samedi 4 et dimanche 5 septembre, de 10 h à 19 h, place du Stivel. Entrée Libre.
Florence de Massol
Livre – Yvon Le Douget en dédicace
Au Festival de la céramique ce week-end, le Musée départemental breton accueille sur son stand Yvon Le Douget, auteur du livre Céramiste de Grand Feu. L’ouvrage retrace son parcours. On y découvre l’aboutissement d’une vie de travail, de recherches et d’échecs pour faire fusionner la terre et l’émail.
L’artiste n’a de cesse de jouer avec le feu ! Le céramiste se plie au rythme des saisons afin de choisir ses végétaux (feuilles, bois…). Chacun distille à la cuisson son lot de minéraux comme autant de prémices à des glaçures spectaculaires. Yvon Le Douget aime partager et sait raconter avec simplicité la chimie complexe qui s’orchestre dans la chaleur du four.
On lui doit enfin d’avoir retrouvé un savoir-faire millénaire né en Chine comparable à la « prouesse d’un magicien qui éternise des feuilles d’arbres dans les pots » selon le maître céramiste, Daniel de Montmollin.
L’atelier d’Yvon Le Douget se trouve 99 route de Mestrézec à Fouesnant.
Jérémy Varoquier présente les collections du Musée de la Faïence de Quimper, à l’occasion de ses 30 ans. François le Goff fait le point sur l’activité de la manufacture Henriot Quimper.
Le Musée de la Faïence de Quimper a 30 ans. Il a ouvert ses portes en juin 1991. Il propose un week-end de festivités, le 4 & 5 septembre 2021.
Une exposition de la plasticienne : Kathy Le Vavasseur sera présentée à cette occasion. Elle est intitulée « Stratum super Stratum ». Elle sera visible du 4 au 19 septembre au Musée. Enfin, une œuvre commémorative se composera sous vos yeux. Le programme détaillé est consultable sur le site internet du Musée (lien).
La 9ème édition du Festival de la Céramique de Quimper se déroulera le week-end du 4 et 5 septembre 2021. L’événement est organisé par l’association Quimper Céramique et il se tient sur la place du Stivel à Locmaria.
Notre association est partenaire de ce festival. Les bénévoles tiendront un stand durant ces 2 jours. Nous pourrez acheter nos publications et adhérer. Le Musée de la Faïence décernera son 3ème prix. Pour rappel, c’est Mathieu Casseau qui avait remporté ce prix en 2019 et Jeanne Sarah Bellaiche, l’année dernière.
Une magnifique paire d’aiguières sur piédouche en faïence polychrome décorées de danseurs, de musiciens et de bouquets. Les cols sont ornés des armes de Bretagne et de Quimper et les anses orange soulignées de filets noirs.
Lancée par un Provençal installé à la fin du XVIIe siècle dans la capitale de Cornouaille, la faïence devient en trois siècles l’une des marques de fabrique de la ville de Quimper, et un élément incontournable du patrimoine breton.
Les dates divergent selon les sources, qui parlent de 1690 ou 1699, mais toutes s’accordent sur un point : c’est bien à Jean-Baptiste Bousquet que l’on doit la création de la première faïencerie de Quimper. Installé dans le quartier de Locmaria, cet artisan provençal originaire de Saint-Zacharie crée son entreprise dans un endroit propice au développement de son activité. « D’une part, il n’y a pas d’autres faïenceries dans la province, au moins jusqu’à Nantes ou Rennes, explique Michel Roullot, spécialiste de la faïence, dans un ouvrage collectif consacré au sujet (*). D’autre part, les conditions techniques favorables sont réunies : le bois pour chauffer les fours est abondant et peu onéreux ; près de Quimper, à Toulven, aux bords de l’Odet, un gisement d’argile permet de fabriquer des poteries, du grès et de la faïence blanche ordinaire ; enfin, l’Odet qui traverse Quimper, permet de faire venir la terre facilement et d’expédier, par voie maritime vers le Léon et le Trégor, les produits fabriqués. »
Une période idéale
La période est aussi particulièrement bien choisie : suite à la grave crise financière qui touche le Royaume, conséquences des guerres menées par Louis XIV et la révocation de l’Édit de Nantes en 1685 qui entraîne l’émigration des protestants et la fuite de leurs capitaux, le roi de France oblige, fin 1689, les particuliers à porter leur vaisselle d’argent pour que ce matériau précieux soit transformé en monnaie, afin de renflouer les caisses de l’État. Nobles et riches bourgeois doivent dès lors s’équiper de nouveau. « Les faïenciers vont donc produire des pièces de grande qualité pour satisfaire la demande », poursuit Michel Roullot. D’autant plus que la création de ces fabriques est encouragée par Colbert, le ministre des Finances, afin d’éviter les importations. L’affaire de Jean-Baptiste Bousquet se développe à tel point que son fils Pierre, tout juste nommé maître-faïencier à Marseille, le rejoint. Il se retrouve à la tête de l’entreprise familiale moins d’un an après son arrivée, suite au décès de son père et poursuit le développement de la manufacture, spécialisée dans la fabrication de vaisselle mais aussi de pipes à fumer en terre.
Une histoire de famille
Au cours du XVIIIe siècle, la faïencerie continue sa croissance avec ses directeurs successifs, d’abord Pierre Bellevaux, gendre de Pierre Bousquet, qui apporte les techniques des faïences de Nevers dont il est originaire. Puis Pierre-Clément Caussy, fils d’un faïencier de Rouen, qui épouse la fille du nouveau patron. « Son apport à l’édifice de Quimper est des plus importants, explique le site du musée de la faïence (**). Il influencera la production jusqu’à la fin du XIXe siècle grâce aux nombreux poncifs qu’il avait eu soin d’emmener… » L’influence rouennaise transforme peu à peu la faïence quimpéroise en une production plus artistique. En 1771, la fille de Caussy épouse Antoine de La Hubaudière, qui donnera le nom définitif à la manufacture : HB – La Grande Maison. Jusqu’en 1917, les descendants se succéderont à la tête de l’entreprise familiale, avant qu’elle soit reprise par un industriel du Nord de la France.
Le développement des faïenceries
Dès la fin du XVIIIe siècle, la concurrence apparaît à Quimper face à la maison HB. D’anciens ouvriers lancent leur propre affaire, avec diverses fortunes. Au XIXe siècle, on compte ainsi plusieurs manufactures de faïence à Quimper et dans les alentours, mais peu parviennent à égaler HB. L’une d’entre elles va cependant y arriver : la manufacture Porquier. La firme prend la suite de la manufacture Eloury, du nom d’un ancien ouvrier de HB, qui a monté sa société en 1772. Spécialisée dans la faïence culinaire et utilitaire, l’entreprise s’aventure dans les années 1870 dans la faïence d’art avec Alfred Beau, qui apportera à la production finistérienne un nouveau souffle qui fera sa renommée. « Il est probablement le personnage le plus important de l’histoire des faïenceries quimpéroises, poursuit Michel Roullot. Originaire de Morlaix, élève d’Eugène Isabey, gendre d’Émile Souvestre, il est le créateur du premier décor breton ». Au début du XXe siècle, Quimper ne compte plus que trois manufactures : HB, PB (pour Porquier-Beau) et HR (fondée en 1891 par Jules Henriot).
Pour en savoir plus
(*) « Quimper, trois siècles de faïence », ouvrage collectif, éditions Ouest-France, 2002.
« Histoire de la faïence de Quimper » de Bernard Verlingue, éditions Ouest-France, 2011.
Groupe de marins assis en faïence polychrome de la marque Caujan HB Quimper.
Jeune bigouden signé du sculpteur René Quillivic pour la maison HB Quimper.
Faience de Quimper. Groupe en faience polychrome. groupe de sonneurs. Robert Micheau Vernez Henriot Quimper.
Groupe de danseurs en faïence polychrome, signé Robert Micheau Vernez, pour la Maison Henriot de Quimper.
Couple de danseurs en faïence polychrome signé Robert Micheau Vernez, pour la Maison Henriot de Quimper.
Les célèbres bols prénoms.
Rare plat ovale peint de deux Bigoudènes signé Pierre Abadie-Landel.
Paire de sabots en faïence réalisée à la manufacture Porquier Beau, à Quimper.
Une concurrence farouche et un vivier d’artistes
Au cours de XXe siècle, les trois manufactures quimpéroises se livrent une concurrence farouche (avant de finalement fusionner les unes avec les autres au fil des années), rivalisant de créativité et n’hésitant pas à faire appel à des artistes – plus de 260 référencés – pour décorer leur vaisselle mais aussi créer des statuettes religieuses ou profanes, ainsi que des éléments décoratifs. Des peintres comme Mathurin Méheut, Yvonne Jean-Haffen, René Quillivic ou Jeanne Malivel y collaborent au cours de leur carrière.
Les motifs décoratifs s’enrichissent de multiples sujets d’inspiration locale et légendaire, comme des scènes de pêche, de marine ou encore de la vie quotidienne, tout en respectant la palette de couleurs typiques du style finistérien (bleu, vert, rouge, jaune et violet). Cette profusion créative et la qualité des productions font connaître la faïence de Quimper dans toute la France. Cet élan est renforcé par le développement du chemin de fer et l’avènement des loisirs balnéaires, qui attirent en Bretagne touristes et artistes.
La réputation de la faïence de Quimper va même dépasser les frontières de l’Hexagone. En effet, avec ses petits Bretons à l’allure folklorique peints à la main et représentés dans un style naïf, la vaisselle bretonne s’exporte de nos jours aux États-Unis, au Canada et même au Japon. Si Quimper reste aujourd’hui le dernier centre faïencier en activité de France, la fabrication – industrielle comme artisanale – reste dynamique, grâce notamment à de jeunes artistes qui perpétuent la tradition, tout en l’ancrant dans la modernité.