Les multiples talents de Jeanne Malivel (Côté Quimper).

Au Musée de la faïence de Quimper : les multiples talents de Jeanne Malivel
Jeanne Malivel est considérée comme une pionnière de l’art moderne breton. Le Musée de la faïence de Quimper lui consacre sa nouvelle exposition.

Jeanne Malivel (1895-1926)

Jeanne Malivel, autoportrait au crayon sur papier. (© collection particulière.)

C’est à la demande de l’association des Amis de Jeanne Malivel que l’exposition consacrée à cette artiste et créatrice a vu le jour au Musée de la faïence de Quimper. Pour la présidente de l’association, Gwen Lecoin, Jeanne Malivel (née à Loudéac en 1895) : « C’est une artiste originale en ce qu’elle a revivifié l’art breton, et mis son talent au service d’un artisanat qui se répétait en « biniouseries » stéréotypées en le croisant avec l’influence du mouvement Art déco des années vingt ».

Membre des Seiz Breur

En effet, Jeanne Malivel a notamment fait partie, avec René-Yves et Suzanne Creston, du mouvement Ar Seiz Breur dès l’été 1923. En 1925, elle a obtenu le grand prix de la section faïence à l’exposition internationale des arts décoratifs de Paris. C’est également à Paris qu’elle s’est engagée dans le mouvement breton. Elle a rejoint le Groupe régionaliste breton en 1919. Elle est retournée en Bretagne en 1922, toujours à Loudéac où elle a trouvé une grande part de son inspiration picturale.

L’exposition du musée a le mérite de montrer la diversité de son talent. Très jeune, elle a dessiné et suivi des cours de peinture. Elle a été admise aux Beaux-arts de Paris en 1919, a partagé son atelier avec d’autres artistes et profité pleinement de cette période et des années Art déco de l’entre-deux-guerres. Bernard Jules Verlingue, commissaire de l’exposition, souligne : « Elle s’inscrit complètement dans l’idée de l’époque et les mouvements de rénovation d’une culture ancestrale devenue obsolète et rengaine ». Artiste passionnée, elle a cherché à donner de nouvelles impulsions aux artistes et artisans afin qu’ils se renouvellent, qu’ils évoluent.

Des décors modernes

Mobilier, art de la table, textile, broderie…, Jeanne Malivel a conçu, dessiné de nombreux projets dont un grand nombre n’a pas abouti. L’exposition présente ainsi une série de meubles, coffre, table, chaise, fauteuils dont elle a réalisé les plans, mais aussi des services de table, assiettes, plats dont certains sortis des faïenceries Henriot (1922). Bernard Jules Verlingue poursuit : « Elle réinterprétait les décors traditionnels, les adaptait à des formes octogonales. Une chose est certaine, c’est la modernité de ses décors, qui sont encore d’actualité aujourd’hui ».

Des coussins brodés par les élèves de l’école de Pascal Jaouen à partir des motifs de Jeanne Malivel sont également présentés ainsi que des gravures sur bois, des vitraux. Autant d’éléments qui montrent bien son engouement pour les arts décoratifs qu’elle souhaitait accessibles à toutes les bourses. Jeanne Malivel est décédée à l’âge de 31 ans, fauchée par la maladie. Elle est considérée comme étant « la mère d’une nouvelle génération de créateurs ».

Infos pratiques
Jusqu’au 29 septembre au Musée de la faïence,
14 rue Jean-Baptiste-Bousquet à Quimper.

Publié le 18/04/2018 par Sylvie Béchet – Côté Quimper ©

Le grand Bazh’art spécial BD au festival Pen Ar BD de Quimper (France 3 Bretagne).

Le Grand Bazh’art s’invite au festival de BD de Quimper, Pen Ar BD, avec au programme la performance de trois bédéastes de renom: Kokor, Emmanuel Lepage et André Le Bras.

Emmanuel Lepage

Le grand Bazh’art à Quimper, avec les auteurs de BD en performance sur les faïenceries.

Ils dessineront durant toute cette émission spéciale sur les célèbres assiettes en faïence de Quimper.

A découvrir

A Rennes, Matthieu Tillaut nous emmène à la rencontre du collectif « vitrine en cours ». Ce duo de projectionniste et photographe séduit le public dans les festivals et concerts en offrant des projections de compositions visuelles vintages et envoûtantes. Magique !

Puis direction le Centre Bretagne pour découvrir un lieu d’exception : le studio Kerwax, un ancien pensionnat désaffecté transformé en studio d’enregistrement vintage par Christophe et Marie Chavanon. Les artistes s’y bousculent pour bénéficier d’un son totalement analogique.

Dans le Morbihan, les jeunes seront mis à l’honneur : le festival Eldorado est entièrement conçu par de jeunes lorientais à destination des jeunes. Suivez les traces de cette jeunesse poussée par leurs auras d’artistes passionnés.

Et puis immersion dans l’univers onirique de l’artiste Ronaldo. Issu de la sixième génération d’une famille de circassiens, il joue, soir après soir, pour que son art perdure.

Mêlant clownerie, jonglerie et magie, son spectacle honore ses ancêtres et son métier, tout en réussissant à transporter petits et grands à travers le temps. Retombée en enfance garantie.

Publié le 09/04/2018 par Stéphane Grammont – France 3 Bretagne ©

Jeanne Malivel – pionnière de l’art moderne breton (1895-1926).

Catalogue 2018 - Jeanne Malivel (1895-1926).

  • 2018 – Jeanne Malivel, pionnière de l’art moderne breton

(catalogue de l’exposition – 16 Avril au 29 septembre 2018)

Sous la direction de Bernard Jules VERLINGUE (Gwen LECOIN, Olivier LEVASSEUR, Philippe THÉALLET, Jérémy VAROQUIER, photos : Bernard GALÉRON).

Jeune femme sympathique, vive et passionnée, Jeanne Malivel (1895-1926) consacra sa brève carrière à la rénovation des arts appliqués de sa Bretagne.

Gravure sur bois, broderie, mobilier, faïence, vitrail, objets du quotidien, cette touche-à-tout offrit son talent à la création d’une dynamique qui bouleversa la production artistique bretonne, alors trop académique et stéréotypée.

29,7 x 21 cm – 84 pages – ISBN 2-914009-34-8 – tarif 20 €

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Seiz Breur : Jeanne Malivel au Musée de la faïence (Ouest-France).

Jeanne Malivel

« Autoportrait » de Jeanne Malivel. « Jeanne Malivel était une créatrice », estime Bernard Verlingue.

Elle a participé à la création du mouvement artistique des Seiz Breur. L’artiste, morte jeune, a laissé une œuvre foisonnante mais inachevée. Le Musée de la faïence lui rend hommage.

Une jeune femme aux grands yeux. L’air grave et décidé. C’est Jeanne Malivel telle qu’elle se voyait. L’autoportrait au crayon orne l’affiche de l’exposition temporaire du Musée de la faïence. L’original, on ne le trouvera pas au musée. « Le détenteur de l’œuvre n’a pas réussi à mettre la main dessus », glisse Bernard Verlingue, conservateur.
Ce dessin témoigne du parcours peu commun d’une jeune femme née à la fin du XIXe siècle à Loudéac, dans les Côtes-du-Nord. Ses parents, commerçants aisés, permettront à Jeanne de suivre son goût pour la création.

Bernard Verlingue

Bernard Verlingue, conservateur du musée.

Tordre le cou aux biniouseries

« Jeanne Malivel était une créatrice », résume Bernard Verlingue. Elle touche à tous les domaines artistiques. Et l’exposition présentée au Musée de la faïence, à partir de lundi, témoigne de cette diversité d’inspiration. Jeanne Malivel dessine des meubles. Elle imagine des motifs pour tissus. Elle dessine et peint, bien sûr. Collabore avec la faïencerie Henriot.

Dans tous les cas, elle cherche à tordre le cou aux « biniouseries » qui ramènent à une Bretagne folklorique. Sur les assiettes qu’elle dessine, les petits Bretons, motif traditionnel, cèdent la place à des motifs géométriques.

Jeanne Malivel est aussi une artiste engagée. Elle adhère à l’Union régionaliste en 1919. Rejoint le mouvement Feiz ha Breiz. Illustre une histoire de la Bretagne très marquée par les thèses nationalistes de l’époque.

Dans le domaine artistique, c’est sa participation à la création du mouvement des Seiz Breur (sept frères) qui illustre le mieux son goût pour la modernité. C’est d’ailleurs elle qui est à l’origine du nom donné à ce groupe d’artistes bretons exilés pour la plupart à Paris.
Mais la santé de la jeune femme est fragile. Atteinte par la typhoïde, elle meurt à l’âge de 31 ans.

Cette vie brève, durant laquelle la jeune artiste est allée rarement jusqu’au bout de ses projets, est bien rendue par le choix des œuvres exposées. On a envie d’en savoir plus sur cette femme qui, en si peu de temps, a traversé tant d’expériences.

Professeure pour gagner sa vie, infirmière dans un hôpital recevant les Poilus blessés, actrice du foisonnement intellectuel d’une Bretagne novatrice, Jeanne Malivel semble étonnamment moderne. C’est aussi cela que laisse transparaître le portrait de cette « pionnière de l’art moderne breton ».

Exposition du 16 avril au 29 septembre, Musée de la faïence, 14, rue Jean-Baptiste-Bousquet, à Quimper.

Publié le 13/04/2018 par Jean-Pierre Le Carrou – Ouest-France ©

Jeanne Malivel, pionnière de l’art moderne breton (le télégramme).

Bernard Verlingue

Bernard Verlingue, conservateur du Musée de la faïence de Quimper, devant des pièces dessinées par Jeanne Malivel et réalisées par la Faïencerie Henriot.

Elle fut l’un des membres fondateurs du mouvement du renouveau de l’art breton, Seiz Breur, dans les années 20. Le Musée de la faïence de Quimper consacre sa prochaine exposition à Jeanne Malivel, qui sera visible à partir du 16 avril.

C’est la première exposition consacrée à cette figure du renouveau de l’art breton, dans les années 20. Du 16 avril au 29 septembre prochains, des œuvres de Jeanne Malivel, créatrice aux multiples talents, seront rassemblées au Musée de la faïence de Quimper. « Elle a été l’une des premières à travailler à la rénovation de l’art et de l’artisanat breton, explique Bernard Verlingue, conservateur du musée. Sa particularité est d’avoir été touche à tout ».

Éclectique et d’avant-garde

Dans l’espace consacré à l’artiste, les pièces prêtées par l’association Jeanne Malivel, des collectionneurs et sa famille reflètent l’éclectisme de sa création. Si l’on retrouve quelques-unes de ses premières toiles sages à l’huile ou au fusain, les faïences élaborées avec la collaboration de la maison Henriot, les broderies (dont certaines ont été réalisées par les élèves de l’école Pascal Jaouen, à partir de projets de l’artiste), les gravures sur bois, les vitraux, les meubles ou encore les motifs de tissus géométriques témoignent d’une grande modernité. « Elle s’inscrit vraiment dans les mouvements artistiques avant-gardistes de l’époque », précise Bernard Verlingue.

Un parcours atypique

Jeanne Malivel, née en 1895, à Loudéac, dans une famille de notables ouverts d’esprit, suit en effet un parcours atypique pour une jeune fille au début du XXe siècle. Adolescente, elle prend des cours de dessin à Rennes, auprès d’une cousine, Louise Gicquel, qui éveillera son esprit artistique. À la fin du lycée, elle part suivre des cours à l’académie Julian de Paris, l’une des rares préparations à l’école des Beaux-Arts ouverte aux filles. Elle revient ensuite en Bretagne, où elle s’engage comme infirmière, pendant la guerre. L’exposition présente notamment une série de dessins de soldats blessés, réalisés à l’hôpital de Loudéac.

Fondatrice des Seiz Breur

La jeune femme tente et réussit ensuite, à deux reprises, le concours des Beaux-Arts de Paris, en 1917, puis en 1919, car la guerre la coupe dans ses études. À cette époque, Jeanne Malivel fréquente les milieux bretons. Elle rencontre notamment les autres membres fondateurs des Seiz Breur, « les sept frères », un groupe de créateurs militants qui révolutionne l’art breton dans l’entre-deux-guerres. Le mouvement est créé en 1923, avec René-Yves Creston, Suzanne Candré et Georges Robin, entre autres.

Exposée à Paris en 1925

Dans les années 20, elle produit une œuvre foisonnante. L’exposition présente de nombreuses gravures de Jeanne Malivel, illustrant « L’Histoire de Bretagne » écrite par Claude Danio, en 1922. Plusieurs meubles aux motifs modernes sont également exposés. En 1923, elle contacte Jules Henriot pour réaliser des pièces aux motifs traditionnels réinterprétés, mais aussi un service aux formes octogonales jaunes et bleus. Ce dernier, également présenté au musée, sera exposé en 1925 au pavillon breton de l’Exposition internationale des arts décoratifs de Paris. Cette année-là, Jeanne Malivel se marie et réduit ses activités artistiques. Un an après, en 1926, sa vie et son œuvre s’achèveront prématurément. L’œuvre éclectique et résolument moderne de Jeanne Malivel mérite le détour, d’autant qu’elle témoigne de la force de caractère de cette femme engagée dans son temps.

Pratique
Exposition « Jeanne Malivel, pionnière de l’art moderne breton », visible au Musée de la faïence, du 16 avril au 29 septembre. Tarifs : 5 €, réduit, 4 €.

Publié le 12 avril 2018 par Emmanuelle GENOUD – Le Télégramme ©