Bretonnes d’influence. Yvonne Jean-Haffen, l’enthousiaste (Podcast) – Le Télégramme.

Peu connue du grand public, Yvonne Jean-Haffen, Bretonne d’adoption, est pourtant l’une des plus grandes peintres du XXe siècle dans la région. Installée dès 1937 à Dinan, elle n’aura de cesse de découvrir le territoire, qui fut l’une de ses principales sources d’inspiration, tout au long de sa vie.

Publié le 23/04/2019 – Le Télégramme ©

De la broderie au Musée de la faïence (Le Télégramme).

Bernard Jules Verlingue
L’exposition réalisée sous la direction de Bernard Verlingue ouvre ses portes ce lundi.

Le Musée de la faïence consacre sa nouvelle exposition d’été aux liens entre brodeurs et faïenciers. Intitulée « Quand les brodeurs inspiraient les faïenciers », elle ouvre ses portes, ce lundi, sur les bords de l’Odet.

Le regard de Bernard Verlingue s’illumine à l’évocation de la pièce d’étoffe brodée, retrouvée dans un vieux bureau stocké au sous-sol de la Faïencerie HB, il y a quelques années. La pièce de costume bigouden soigneusement conservée appartenait à René-Yves Creston, l’un des chefs d’atelier de la faïencerie, dont le conservateur du Musée de la faïence a été le directeur technique.

Ce lien étroit entre faïence de Quimper et broderies des costumes ne saute pas toujours aux yeux. « Il y a des gens fascinés par ce travail, propriétaires de grosses collections, qui n’avaient pas fait le rapprochement », s’étonne encore le conservateur du musée. Une influence loin d’être négligeable à l’origine de la nouvelle exposition d’été présentée à compter de ce lundi, à Locmaria.

60 ans de production

Une aventure débutée à Paris. « Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, mon grand-père était le chauffeur d’un général de l’État-major qui aimait la marche », raconte Bernard Verlingue. Une partie de son temps libre, il le passait à la manufacture de Sèvres. Alors associé dans une faïencerie à Boulogne, Julien Verlingue apporte de nouvelles techniques de décoration à Quimper : les cloisonnés, les tubés et la barbotine.

Des techniques qui vont permettre la reconstitution ou la création de décors. Charles Trautmann y intégrera les décors de broderie à l’origine d’une importante production au succès considérable. Produites dès 1920, notamment pour les grands magasins parisiens, ces faïences sortiront des ateliers quimpérois jusqu’en 1980.

Peu connu du grand public

Les motifs de Douarnenez, Pont-Aven, Quimper, Plougastel et surtout du Pays bigouden ont donné lieu à une multitude de pièces. « C’est la Bigoudénie qui influence les faïences de Quimper », y compris de décors au pinceau. Une production malgré tout peu connue du grand public.

Pour mettre en valeur les quelque 150 pièces ressorties des collections du musée pour l’occasion, Bernard Verlingue s’est rapproché de l’école de broderie voisine de Pascal Jaouen et de l’antiquaire douarneniste Alain Le Berre. Leurs prêts de pièces de costumes permettent de mieux comprendre le travail des peintres des faïenceries quimpéroises. Les chefs d’ateliers ont notamment réalisé de nombreux plats, dont le plus grand dépasse le mètre de diamètre. Ces pièces étaient souvent achetées à l’usine par les artistes. À l’image de Pierre Poquet dont la femme les revendait dans sa boutique.

Vases ou personnages signés Micheau-Vernez ou Kervella complètent l’exposition. Ils sont à découvrir jusqu’à la fin de l’été au Musée de la faïence.

Pratique
Exposition « Quand les brodeurs inspiraient les faïenciers », du 15 avril au 28 septembre, au Musée de la faïence de Quimper, rue Jean-Baptiste-Bousquet. Ouvert du lundi au samedi, de 10 h à 18 h, sans interruption. Fermé les dimanche et jours fériés. Entrée : 5/4/3 €, gratuit jusqu’à 6 ans.

Publié le 15 avril 2019 par Jean Le Borgne – Le Télégramme ©

Céramique. « Quand ça sort du four, c’est magique » (Le Télégramme).

Valérie Le Roux
Céramique. « Quand ça sort du four, c’est magique » (Photo Mickaël Rannou)

La céramiste Valérie Le Roux est l’une des deux seules artistes de Concarneau sélectionnées cette année pour les Journées européennes des métiers d’art (JEMA). Du 5 au 7 avril, elle ouvrira son atelier pour partager sa passion et expliquer son métier.

céramiques de Valérie Le Roux - Photo Mickaël Rannou.

Quand on parle de rétrospective de son travail à Valérie Le Roux, elle répond : « Oui, c’est une bonne idée…. Quand j’aurai 85 ans ». Voilà pourtant 25 ans qu’elle est arrivée à Concarneau et une quinzaine d’années qu’elle a attaqué la céramique. Elle fait aussi du graphisme, de la gravure, de la peinture, de la poterie… Surtout, elle est l’une des deux seules Concarnoises sélectionnées pour les Journées européennes des métiers d’art (JEMA). Les 5, 6 et 7 avril, elle accueillera les curieux dans son atelier, rue Duguay-Trouin à Concarneau, pour leur expliquer son métier et son atelier. Une reconnaissance, d’autant plus que les JEMA se sont faites plus sélectives cette année, passant de la simple inscription à la candidature. Ce qui n’empêche pas Valérie Le Roux de rester modeste, envers et contre tout : « Je veux progresser graphiquement et techniquement, j’ai toujours l’impression d’être au début ».

céramiques de Valérie Le Roux - Photo Mickaël Rannou.

Des débuts avec les enfants

Originaire de Rosporden, l’artiste faisait essentiellement de l’illustration quand elle est arrivée à Concarneau. « Mais l’édition est un milieu frustrant, car il y a beaucoup d’intervenants, explique-t-elle. À la fin, on n’a plus l’impression que c’est sa création ». Elle anime également beaucoup d’interventions dans les écoles et d’ateliers. C’est pour faire cuire les modelages de ses élèves qu’elle finit par acheter un four. « Je souhaitais faire des pièces entre deux cours. J’étais à la recherche d’une production plus personnelle », explique Valérie Le Roux. Les parents d’élèves voient le résultat, en parlent. Le bouche-à-oreille la mène aujourd’hui, quinze ans plus tard, où elle croule sous les commandes.

céramiques de Valérie Le Roux - Photo Mickaël Rannou.

Au rythme du four

Ce four qu’elle a acheté rythme ses journées de travail et demeure une source importante de stress. Voir une pièce sortir intacte des fourneaux est, pour Valérie Le Roux, un plaisir encore plus important qu’apporter la signature finale sur l’œuvre. « Quand ça sort du four, c’est magique », assure-t-elle. Les multiples imprévus, de la couleur qui change avec la chaleur au cassage intégral de la pièce, conforte cet avis : « La récompense est plus grande ». Pour les pièces de série, le « biscuit », la forme initiale en terre cuite, est sous-traité. Mais ça n’allège que légèrement le travail : il faut en moyenne six couches différentes pour les couleurs, et une pièce « normale » est manipulée une vingtaine de fois. Parfois pour des vases purement décoratifs, parfois pour des pièces plus pratiques. « Par exemple, une assiette peut être belle et utile », sourit la céramiste.

céramiques de Valérie Le Roux - Photo Mickaël Rannou.

Une exposition à Quimper

Mais Valérie Le Roux ne travaille pas seule. Chaque pièce est signée de son nom, elle peut créer selon ses choix mais continue de dire « nous » pour parler de son travail. Son mari, Mickaël Rannou, est complètement investi dans l’atelier. « Il est toujours là, affirme-t-elle. Il s’occupe des fours, de l’émaillage… C’est un travail d’équipe ».
Elle a aussi le soutien de galeristes, comme Philippe Théallet. Ce dernier proposera une exposition de créations de la Concarnoise inspirée du travail de Suzanne Creston, céramiste des années 20-30. Et Valérie Le Roux l’assure : « Les années 30, c’est hypermoderne ! »

Pratique
Rendez-vous les 5, 6 et 7 avril de 11 h à 19 h à l’atelier Valérie Le Roux, 4, rue Duguay-Trouin à Concarneau. La collection limitée inspirée par le travail de Suzanne Creston sera exposée Galerie Philippe Théallet, 13, rue Sainte-Catherine à Quimper.

Publié le 02/04/2019 par Antoine Tamet – Le Télégramme ©

Bretonnes d’influence. Jeanne Malivel, l’oeuvre interrompue (Podcast) – Le Télégramme.

Originaire de Loudéac, Jeanne Malivel a marqué l’histoire artistique de la Bretagne du XXe siècle. Fondatrice des Seiz Breur, elle laisse une œuvre foisonnante, hélas interrompue en raison de son décès prématuré à l’âge de 31 ans.

Publié le 11/03/2019 – Le Télégramme ©

Patrice Cudennec. Des toiles et des faïences dédiées aux marins pêcheurs (le Télégramme).

Patrice Cudennec
L’artiste présente un beau service en faïence.

Patrice Cudennec exposera, à partir de mardi, à la Faïencerie Henriot, à Locmaria. Les marins pêcheurs et les poissons de ce peintre, qui a souvent montré son œuvre à la Galerie Sainte-Catherine, sont encore dans bien des mémoires. À la faïencerie, sur ses moyens formats, ils vont, à nouveau, souvent par trois et leurs silhouettes se détachent sur une mer très géométrique pleine de couleurs. Ses belles faïences consacrées aux îles, aux crustacés et autres maquereaux sortant des vagues sont à découvrir.

L’univers de Patrice Cudennec est bleu ou plutôt glaz, cette couleur indéfinissable qui n’existe qu’en Bretagne. Glaz est d’ailleurs le titre qu’il a choisi pour son exposition. Sous leurs larges bérets, les pêcheurs sont rentrés au port, ils regardent presque « amoureusement », le peintre lui-même le souligne, ces poissons aux écailles d’argent qu’ils tiennent en grappes dans leurs mains, qui sautillent autour d’eux. « Il y a une certaine poésie dans chacun de mes tableaux », dit-il encore.

De belles faïences

Ses faïences sont remarquables. Sur des vases de formes originales, il peint les îles bretonnes, Sein, Bréhat…, des villes. On reconnaît Quimper sur l’une de ses pièces. Le décor tend parfois vers l’abstrait mais reste le plus souvent très figuratif. Ses panneaux de faïence semblent répondre à ses tableaux : mêmes pêcheurs, dont les visages se déclinent en gros plan, dans des tons de bleus. L’un d’eux, d’un joli rose, fait exception. L’artiste « utilise » aussi les motifs d’un vase de faïence pour imaginer un décor dans lequel les maquereaux semblent sortir des vagues. Toutes ces œuvres de faïence sont des pièces uniques.

À l’étage, d’autres faïences sont encore consacrées aux marins. Sur l’une d’elles, des matelots et gradés posent en costume. Une première dans l’œuvre de Patrice Cudennec.

Avant de quitter l’exposition, on ne manquera pas d’admirer le tableau consacré aux peinteuses, ces femmes qui, depuis la création de la faïencerie, peignent de fins décors sur les pièces fabriquées ici.

Pratique :
Patrice Cudennec à la Faïencerie Henriot, du 12 mars au 29 juin. Contact : tél. 02 98 90 09 36

Publié le 10 mars 2019 par Éliane Faucon-Dumont – Le Télégramme ©