Patrice Cudennec. Des toiles et des faïences dédiées aux marins pêcheurs (le Télégramme).

Patrice Cudennec
L’artiste présente un beau service en faïence.

Patrice Cudennec exposera, à partir de mardi, à la Faïencerie Henriot, à Locmaria. Les marins pêcheurs et les poissons de ce peintre, qui a souvent montré son œuvre à la Galerie Sainte-Catherine, sont encore dans bien des mémoires. À la faïencerie, sur ses moyens formats, ils vont, à nouveau, souvent par trois et leurs silhouettes se détachent sur une mer très géométrique pleine de couleurs. Ses belles faïences consacrées aux îles, aux crustacés et autres maquereaux sortant des vagues sont à découvrir.

L’univers de Patrice Cudennec est bleu ou plutôt glaz, cette couleur indéfinissable qui n’existe qu’en Bretagne. Glaz est d’ailleurs le titre qu’il a choisi pour son exposition. Sous leurs larges bérets, les pêcheurs sont rentrés au port, ils regardent presque « amoureusement », le peintre lui-même le souligne, ces poissons aux écailles d’argent qu’ils tiennent en grappes dans leurs mains, qui sautillent autour d’eux. « Il y a une certaine poésie dans chacun de mes tableaux », dit-il encore.

De belles faïences

Ses faïences sont remarquables. Sur des vases de formes originales, il peint les îles bretonnes, Sein, Bréhat…, des villes. On reconnaît Quimper sur l’une de ses pièces. Le décor tend parfois vers l’abstrait mais reste le plus souvent très figuratif. Ses panneaux de faïence semblent répondre à ses tableaux : mêmes pêcheurs, dont les visages se déclinent en gros plan, dans des tons de bleus. L’un d’eux, d’un joli rose, fait exception. L’artiste « utilise » aussi les motifs d’un vase de faïence pour imaginer un décor dans lequel les maquereaux semblent sortir des vagues. Toutes ces œuvres de faïence sont des pièces uniques.

À l’étage, d’autres faïences sont encore consacrées aux marins. Sur l’une d’elles, des matelots et gradés posent en costume. Une première dans l’œuvre de Patrice Cudennec.

Avant de quitter l’exposition, on ne manquera pas d’admirer le tableau consacré aux peinteuses, ces femmes qui, depuis la création de la faïencerie, peignent de fins décors sur les pièces fabriquées ici.

Pratique :
Patrice Cudennec à la Faïencerie Henriot, du 12 mars au 29 juin. Contact : tél. 02 98 90 09 36

Publié le 10 mars 2019 par Éliane Faucon-Dumont – Le Télégramme ©

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J’étais encore à courir les routes de Bretagne…

L’association des Amis du Musée départemental breton édite son premier ouvrage. Il est consacré à la correspondance de l’artiste Jeanne Malivel à son amie Anne Le Vaillant.

Jeanne Malivel

« J’étais encore à courir les routes de Bretagne… »

Ed. Amis du Musée départemental breton – 96 pages – 10 €
En vente à l’accueil du Musée breton, au manoir de Squividan et à la galerie Philippe Théallet.
Plus d’informations sur le blog de l’association (lien).


Les lettres de Jeanne Malivel à Anne Le Vaillant (Le Télégramme).

Association des Amis départemental breton - Jeanne Malivel.

Philippe Théallet, président des Amis du Musée breton, et plusieurs membres ; à droite, la descendante d’Anne Le Vaillant présente le livre réalisé et édité par l’Association.

La première publication des Amis du Musée départemental breton est consacrée à la correspondance entre Jeanne Malivel, l’une des initiatrices du Mouvement artistique des Seiz Breur (sept frères) et la peintre Anne Le Vaillant. Jean Celton, membre des Amis du Musée, a réalisé la mise en page de cet ouvrage, préfacé par Françoise et Marie Le Goaziou, parentes d’Anne Le Vaillant et Philippe Le Stum, conservateur, qui porte un titre évocateur « J’étais encore à courir les routes de Bretagne ».
Née en 1895 à Loudéac, infirmière durant la Première Guerre Mondiale, puis enseignante à l’École des Beaux-Arts de Rennes, Jeanne Malivel est une artiste multiple. Durant ses études à Paris, elle fréquente bon nombre d’artistes dont le Breton René-Yves Creston et sa femme Suzanne. Ils créeront le Mouvement des Seiz Breur destiné à donner ses lettres de noblesse à l’art breton. Ensemble ils se sont fixé un but : faire en sorte que la Bretagne soit présente à l’Exposition Universelle des arts décoratifs et industriels modernes de Paris en 1925. Le Musée départemental breton a réservé l’une de ses salles au mobilier créé à cette occasion.

« Je suis minée par un bacille qui se promène dans mon organisme. »

Seule la famille d’Anne Le Vaillant a conservé les lettres de Jeanne à son amie. Elles se sont rencontrées à Paris, au sein d’un groupe d’artistes. La première missive date de 1920. Jeanne Malivel félicite Anne qui vient de se marier et raconte avec humour une prochaine pendaison de crémaillère.
Au fil du temps, Jeanne évoque son travail, mais aussi des faits de sa vie quotidienne : la maladie de son grand-père, ses voyages aventureux dans cette Bretagne des années 20. Parfois, elle illustre l’une de ses lettres d’un dessin, d’un croquis. Depuis la clinique où elle se repose, elle écrit le 24 juillet 1926. « Depuis un an, je suis minée par un bacille qui se promène dans mon organisme en me causant toutes ces fièvres… N’oubliez pas qu’il y a toujours un petit bout de ma pensée à errer par votre logis ». Elle mourra le 2 septembre. Édité par les Amis du Musée, le recueil trace un portrait unique d’une femme hors du commun.

Publié le 27 juin 2018 par Eliane FAUON-DUMONT – Le Télégramme ©

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Gens de justice et scènes de prétoire sous le regard d’un magistrat – Pierre CAVELLAT (1901-1995) – Annick Le DOUGET.

Pierre CAVELLAT (1901-1995) a collaboré avec les manufactures HB et Henriot. Après une exposition estivale au Musée des Jacobins de Morlaix en 2015, un ouvrage lui est consacré en cette fin d’année : « Gens de justice et scènes de prétoire sous le regard d’un magistrat », d’Annick Le DOUGET (Société des Amis de Louis Le GUENNEC).

Couverture du livre d'Annick Le DOUGET

La revue de presse.


Annick Le Douget s’intéresse à Pierre Cavellat, magistrat et artiste (Le Télégramme).

Le nouvel ouvrage d’Annick Le Douget est consacré à Pierre Cavellat. Magistrat, ce dernier a exercé à Quimper et dans plusieurs villes de l’Ouest. Il est devenu président de la Cour d’appel de Caen en 1956. Dès 1929, le jeune juge Pierre Cavellat, qui démontrera toute sa vie qu’il est un homme de robe mais aussi un artiste à part entière, dessine le peuple fréquentant les tribunaux. Ces croquis, commentés par Annick Le Douget dans son dernier ouvrage qui vient de paraître « Gens de justice et scènes de prétoire sous le regard d’un magistrat. Pierre Cavellat (1901-1995) », racontent beaucoup sur la vie judiciaire et sur ceux qui peuplent les salles d’audience en quête d’émotions fortes.

Photo article du Télégramme

Jean-François Cavellat et sa sœur, Bruno Le Gall, archiviste, Annick Le Douget et Yann Celton. Tous ont œuvré pour que naisse ce beau livre.

Un portrait évolutif

Tout d’abord, Pierre Cavellat trace un portrait de son père, Pierre. L’homme est né en 1901 à Pontrieux (Côtes-d’Armor). Son grand-père, officier de marine, peintre talentueux, lui a peut-être transmis ses dons d’artiste. Les caricatures et dessins de Pierre Cavellat permettent à Annick Le Douget de dresser un portrait évolutif de la vie des tribunaux. Elle rappelle qu’entre les deux guerres, dans cette Bretagne bretonnante, des interprètes intervenaient pour traduire les propos des prévenus, des témoins, des jurés… Les femmes ne deviendront magistrates qu’en 1946. Et jurées en 1946, après avoir eu le droit de vote.

Pierre Cavellat, comme les autres magistrats, ne voyait pas d’un bon œil celles-ci envahir les prétoires. Ses dessins les représentent avec un humour grinçant. Le livre est aussi une belle occasion pour l’ancienne greffière de « rattacher un dessin » à une affaire criminelle qu’elle a évoquée dans l’un de ses livres. Ces histoires de prétoires sont les mêmes aujourd’hui… La femme qui refuse la maternité et enferme son bébé mort dans une valise, celui ou celle qui vole, qui tue… Parfois, la plume de Pierre Cavellat montre la fatigue, la détresse d’un témoin, d’un prévenu. Les avocats plaident et la force de leurs paroles se devine sur le papier.

Une mine d’informations

Édité par la Société des Amis de Louis Le Guennec « qui était un ami », écrit Bruno Le Gall, président de cette société, ce beau livre, qui doit aussi beaucoup à Yann Celton, archiviste, est une mine d’informations à la fois drôles et tragiques.

Publié le 11 décembre 2017 par Éliane Faucon-Dumont – Le Télégramme ©.


Elle présente les croquis d’un magistrat breton (Ouest-France).

Ancienne greffière au tribunal de Quimper, Annick Le Douget propose, dans un livre, les dessins de Pierre Cavellat. Magistrat du grand Ouest, il les réalisait pendant les audiences.

Gens de justice et scènes de prétoire sous le regard d’un magistrat, Pierre Cavellat est un beau livre illustré. Il répertorie les innombrables croquis d’audience que le juge a dessinés tout au long de sa carrière, passée notamment en Bretagne. Un travail réalisé par Annick Le Douget, ancienne greffière au tribunal de Quimper, et passionnée de justice.

Photo article de Ouest-France

Annick Le Douget, au centre, entourée d’Anne Hecquet puis Jean-François Cavellat (à gauche) et de l’archiviste Bruno Le Gall ainsi que de Yann Celton, bibliothécaire de l’évêché de Quimper.

Né en 1901, dans ce qu’on appelait encore les Côtes du Nord (aujourd’hui Côtes-d’Armor) et mort dans le Finistère quatre-vingt-quatorze ans plus tard à Carantec, le magistrat Pierre Cavellat a eu une vie bien remplie. Tant dans les cours qu’en atelier. Car s’il a fait du droit son métier, il fut un grand passionné de peinture. Il a ainsi laissé derrière lui 750 dessins illustrant le monde de la justice, faits depuis les différents tribunaux dans lesquels il a pu officier dont Quimper en 1932. Grâce à son fils, une partie de l’oeuvre est conservée au Musée départemental breton et y a été exposée en 2006. « À la mort de mon père, explique Jean-François Cavellat, j’ai pensé que son travail avait une valeur documentaire ».
Encore fallait-il contextualiser les dessins retrouvés, un travail titanesque réalisé par Annick Le Douget. « Certains sont datés, mais pas tous. Parfois, il y a juste un mot permettant d’être relié à la vie judiciaire ». L’ex greffière a pris plaisir à « remonter le fil d’histoires criminelles », satisfaite de « mettre enfin des noms sur des têtes ».

L’œil de son temps

L’originalité des dessins est due au regard surplombant de Pierre Cavellat, estime Annick Le Douget. « Ce n’est pas un observateur externe, il fait partie du monde de la justice, avance la retraitée. Depuis son estrade, il avait une vue plongeante sur les prévenus, les avocats et le public ». Un regard original pour mieux montrer « l’articulation entre les justiciables, la justice et la société ».
Anne Hecquet, sa fille, précise que son paternel dessinait « quand il était assesseur, pas quand il présidait ». De temps en temps, il reprenait un croquis pour y mettre des couleurs à l’aquarelle, mais « ‘opérait jamais de repentir ». Ce qui l’intéresse, « c’est l’instant » dessiné sur le vif.
« Fascinée par cette justesse », Annick Le Douget a également exhumé des caricatures. Celles-ci représentent notamment l’arrivée, après la Seconde Guerre mondiale, des femmes dans le monde de la justice, « un cénacle masculin ». La gent féminine est ainsi représentée comme « un trouble à l’ordre moral ». Sur une des caricatures, trois magistrates sont dessinées : l’une tricote, une autre lit une revue et la troisième se met du rouge à lèvres. D’aucuns parleraient de misogynie… d’autres évoqueraient l’œil de son temps

Gens de justice et scènes de prétoire sous le regard d’un magistrat, Pierre Cavellat. 22€ en librairie et sur le site de la Société des Amis de Louis Le Guennec : https://amisleguennec.wixsite.com/amisleguennec

Publié le 12 décembre 2017 par Aymeric Malonga – Ouest-France ©.

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