Des trésors cachés dans votre maison ? (le télégramme).

Ce samedi matin, le Musée de la faïence accueillait la séance d’expertise proposée tous les ans par Bernard Verlingue, le conservateur du musée. L’occasion pour de nombreux curieux de faire estimer leur bien.

Bernard Verlingue - Pièce de Robert Micheau-Vernez.

Cette pièce de Micheau Vernez a été estimée entre 2 000 et 2 500 €.

Il est 10 h 20 dans le hall du Musée de la faïence et déjà la file s’étire à l’intérieur du bâtiment. La séance d’expertise proposée par Bernard Verlingue vient tout juste de débuter et les propriétaires, curieux de connaître la valeur de leur bien, se massent devant le conservateur. Chaque année depuis 1991, ce dernier détaille, date, estime les pièces qui lui sont présentées. Toujours avec justesse et en douchant souvent les rêves de fortune de leurs possesseurs.

Déceptions…

« Je pensais que ça valait plus », souffle le premier de la file, en remballant une assiette qui appartenait à sa belle-mère. Elle vient d’être estimée à 20 €. « Je laisse la place au suivant, je vais essayer de ne pas tout casser », sourit-il en débarrassant. Il met une petite tasse sous le nez de Bernard Verlingue avant de refermer son carton. « J’ai longtemps cru que c’était du Picasso ». « Ça n’aurait pas eu tout à fait la même valeur », s’amuse l’expert, un large sourire se dessinant derrière ses rouflaquettes. Un couple s’avance et dépose un beurrier au centre de la table. Le verdict tombe : 20 €. « Ah bon ? Non parce que sur internet… » « Oui d’accord mais sur internet, on trouve tout ce qu’on veut », coupe celui qui fut directeur technique de la faïencerie pendant près de dix ans.

Les traces du temps et l’utilisation des services de table participent également à la baisse de la valeur initiale. Alors que cet imposant plat, accusant des chocs thermiques successifs et rafistolé à l’aide d’un fil de fer, aurait pu rapporter jusqu’à 600 €, il ne vaut désormais plus qu’une trentaine d’euros. Idem pour cette assiette ébréchée, décorée par Béatrix Pouplard (faïence de Malicorne) et dont le morceau manquant a été recollé à coups de ruban adhésif.

Expertise de M. Bernard Verlingue.

Pour ce qui est des soupières, présentées en nombre, les estimations se suivent et se ressemblent. Elles ne valent plus grand-chose et n’intéressent plus grand monde. « Les estimations sont très basses mais elles ne reflètent pas du tout la qualité du travail fourni. Le problème, c’est qu’il n’y a plus d’acquéreurs pour ce genre de choses aujourd’hui. À part peut-être dans les vide-greniers », explique Bernard Verlingue. « Bon, ça fera toujours un beau cadeau de kermesse », plaisante, philosophe, un propriétaire déçu. Le sort réservé aux services de table n’est guère plus clément. Un couple fouille dans son sac, sort plusieurs boules de papier journal. « Nous avons seulement apporté deux/trois pièces mais on en a huit cartons à la maison ». Quelques tasses, des assiettes, un plat à cake… « A qui s’adresser si on veut vendre tout ça ? », s’enquiert la femme. L’expression du conservateur en dit long. « Bon, il va falloir entreposer les cartons », conclut-elle, résignée.

… Et bonne surprise

Un homme s’approche, pose un gros carton avec fracas. « Ça commence bien », sourit-il gêné alors que tout le monde se retourne, alerté par le bruit. À l’intérieur, un groupe figurant trois danseurs de l’Aven, peints par Micheau Vernez. « C’est une pièce de famille. Mes parents étaient tellement fiers de ce bibelot. Même si c’est magnifique, ça prend de la place et ça ne rentre plus vraiment dans le reste de la déco », explique son épouse. L’expert scrute la pièce sous tous les angles et rend ses premières conclusions : elle vaut entre 2 000 et 2 500 €. Silence interloqué. « Ah oui quand même », lâche le mari. Il soulève la faïence et s’en va la ranger avec précaution. « C’est marrant, il fait beaucoup plus attention maintenant », observe Bernard Verlingue, les yeux rieurs.

Publié le 18 août 2018 par Léa Gaumer – Le Télégramme ©

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Des histoires de trésors familiaux (Le Télégramme).

Photo Ronan Larvor

Le propriétaire de cette belle statue de Quillivic attend le verdict de l’expert.

Une centaine de personnes, maniant avec délicatesse les trésors apportés dans des sacs et cabas : la séance d’expertise gratuite des faïences proposée hier matin par Bernard Verlingue, au Musée de la faïence, a attiré une nouvelle fois une foule de curieux, désireux de connaître l’inestimable valeur des vases et assiettes hérités des grands-parents. Michel et Marie-José sont venus de Concarneau. Ils patientent dans la file d’attente qui s’étire à l’extérieur du musée. Dans leur sac, deux assiettes et deux bols, ornés de motifs originaux. « Il s’agit d’un cadeau qui a été fait au grand-père, sans doute dans les années 1920, explique Michel. L’auteur des dessins, qui a signé Herr, a représenté notamment la maison de Liziria près de Morlaix. C’est une femme qui était peintre amateur ». Les pièces sont passées au four chez Henriot, comme le confirme la signature qui apparaît sous la peinture noire qui a été grattée au cul du bol. Outre la maison, les autres motifs représentent des ruches, des compositions peu banales sur de la faïence. « L’ensemble a une valeur sentimentale, dit Michel. Mais je vais rendre compte à mes frères et soeurs de l’estimation qui sera faite ». Le tour de Michel et Marie-José arrive. Bernard Verlingue est effectivement intrigué par le motif. « C’est très surprenant, commente l’expert. Il est difficile de donner une valeur. Disons, 60 € pièce ».

Au moins 3.000 € la statue

Au suivant. Toute la matinée, l’œil affûté du conservateur du musée jauge rapidement la majorité des assiettes, bols, statuettes de faïence. Parfois, il s’arrête. Ce couple de Quimperlé ouvre une valise. À l’intérieur deux belles pièces d’une cinquantaine de centimètres. « Elles sont très belles et en parfait état » constate l’expert. Il a tout de suite identifié un travail de René Quillivic (sculpteur, graveur et céramiste, 1879-1969). Les deux statuettes datent des années 1920 et sont numérotées, chacune ayant été réalisée en une vingtaine d’exemplaires. « Le grand-père tenait un magasin de produits bretons à Quimperlé, explique le visiteur. C’est lui qui les a acquises. Il y en avait une de chaque côté de la cheminée ». Verdict de Bernard Verlingue : 3.000 à 4.000 € pièce.

Drôles de crevettes

Les particuliers se succèdent devant la petite table où ils déballent leurs biens. Parfois, ça va vite, 5 € ces assiettes ou bols de facture classique, même s’ils ne sont pas récents. Bernard Verlingue offre à chaque fois des détails précieux, sur l’époque, le style, l’origine. Ah, encore une pièce étonnante ! Elle est apportée par une dame de Treffiagat. Sans surprise, la grande assiette qu’elle sort de son papier protecteur est ornée de motifs maritimes : six crevettes disposées en cercle. « C’est un décor que je ne connaissais pas, avoue Bernard Verlingue. Il n’y a pas de signature. C’est un peut-être un travail d’Alphonse Chanteau (1874-1958) dont on connaît le goût pour les Arts déco. C’est étonnant. Il est de plus en plus rare de découvrir des choses que l’on n’a jamais vues ». Il avance une estimation à 500 €, ce qui fait sourire la propriétaire. « Je vais voir avec mon père ce qu’on va en faire », dit-elle.

Gare aux fêlures

Les pièces défilent, souvent légèrement ébréchées ou fêlées. « Ces défauts font très vite baisser les valeurs de 20 à 30 % », dit l’expert. C’est le cas pour ce vase Odetta. La marque a été créée au début des années 1920 par la manufacture HB, pour sortir des motifs folkloriques traditionnels et proposer des formes Art déco. « Dommage qu’il y ait des coulures, dit Bernard Verlingue. Elles sont très pénalisantes ». Le vase est quand même estimé 300 à 400 €. Ces deux soeurs douarnenistes repartent satisfaites. Le couple de Bretons présenté a été estimé entre 800 et 1.000 €. « Il est dans la famille depuis longtemps, disent-elles. C’est peut-être un cadeau de mariage ». Marie-Thérèse présente un couple d’enfants qui semble assez classique, daté des années 1960. Mais il est signé Micheau Vernez. 500 à 600 €. « Tant que ça ! » s’exclame la visiteuse, heureusement surprise. Tous les ans, Bernard Verlingue propose ce genre d’expertise gratuite. Il est probable qu’il y ait encore dans les greniers, sur les cheminées et les étagères bretonnes, bien des trésors à découvrir, qui racontent tous une histoire personnelle, ce qui n’a pas de prix.

Publié le 13 août 2017 par Ronan LARVOR – © Le Télégramme

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Les secrets des faïences en un coup d’œil (Ouest-France).

Photo Yves-Marie Quemener

Bernard Verlingue en érudit de la faïence, conte l’histoire de ce plat à sa propriétaire (Photo Yves-Marie Quemener).

Une assiette à 30 €, un vase à 5 €, une statue à 2 000 €… Bernard Verlingue, expert de la faïence et conservateur de son musée, à Quimper (Finistère) estimait ce matin les objets des particuliers.

Le hall du musée de la faïence, à Quimper (Finistère), est bondé. Des gens, patients, portent des sacs d’où dépasse un bout de journal ou de torchon, qui emballent les objets précieux à leurs yeux. Au bout de l’attente, il y a un homme et ses moustaches généreuses, l’hôte du lieu : Bernard Verlingue, conservateur du musée. Pour le prix d’un ticket d’entrée, il estimait ce matin les objets des gens, en un coup d’œil.

Photo Yves-Marie Quemener

File d’attente pour faire estimer ses objets de faïence, au musée de la faïence de Quimper (Photo Yves-Marie Quemener).

Hervé est dans cette file d’attente. Il a une valise rouge et rigide à ses pieds. « Des objets, reçus en héritage. Je veux connaître leur valeur, leur histoire. Je crois bien que ce sont des trésors. » Son tour vient, il ouvre sa valise et révèle, emmitouflées dans un duvet, deux belles statues. Le conservateur les regarde. « Vous les connaissez, n’est-ce pas ? Dit-il à Hervé, non sans une pointe d’émotion. Ce sont des statues du sculpteur René Quillivic, datant des années vingt. »

Bernard Verlingue découvre les deux statues de Quillivic :

Certains viennent pour savoir combien vendre leurs objets. D’autres, par curiosité ou par amour de la faïence. « J’ai trouvé cette statue aux États-Unis, où je vis, raconte Pascale, originaire de Douarnenez. Une femme, qui connaissant mon goût pour les faïences de Quimper, est venue me voir après avoir acheté une vieille maison. Elle avait trouvé la statue dans une armoire. Je lui ai acheté 100 dollars. » Bernard Verlingue l’estime à 500 €. « Je n’ai pas spécialement envie de la vendre… Je la trouve vraiment belle à regarder ! »

Photo Yves-Marie Quemener

Statues, assiettes, vases… Ce moment est marqué par la richesse de la production de faïence à Quimper, qui vit aujourd’hui dans les maisons de centaines de personnes (Photo Yves-Marie Quemener).

Intense, cette matinée pour l’expert de la faïence. Il aura estimé plusieurs centaines de pièces.

Publié le 12/08/2017 par Flora Chauveau – © Ouest-France.

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Derrière les faïences, des souvenirs de famille (Ouest-France)

Vase de la grand-mère, cadeau de mariage de maman… Samedi, une quarantaine de personnes ont fait estimer ces biens de famille made in Quimper par le spécialiste Bernard Verlingue.

« Le cadeau de mariage »

« On a vu de belles pièces, moins de pièces ordinaires que les années passées. » À l’issue de près de trois heures d’estimation, pendant lesquelles il a reçu une quarantaine de personnes, samedi, au musée de la Faïence, Bernard Verlingue tire un bilan satisfaisant.

estimation

À gauche, la sculpture « Barr Avel », estimée à 3 000 €, cadeau de mariage en 1935, figurera bientôt dans le catalogue d’une vente aux enchères. À droite, en haut, Bernard Verlingue, conservateur du Musée de la Faïence. En bas, Philippe et Martine, le frère et la soeur, comptent mettent en vente les faïences de leurs grands-parents dont ce vase, estimé à 200 €. |

Parmi les plus belles pièces de la matinée, la sculpture Barr Avel de René-Yves Creston. « C’est le cadeau de mariage de ma mère, en 1935, offert par mon parrain », confie la propriétaire.

Cette sculpture, estimée à 3 000 € environ par le conservateur, figurera dans un prochain catalogue de ventes aux enchères. Et qui sait, la Ouessantine traversera peut-être l’Atlantique pour gagner les États-Unis : « Le marché des belles pièces est français mais aussi américain », explique Bernard Verlingue.

« Pas le droit d’approcher »

Martine se souvient des vacances à Loctudy, chez Marie-Jeanne, la grand-mère maternelle : « On n’avait pas le droit d’approcher les faïences ! » Aujourd’hui, elle et son frère ont l’intention de se séparer de ces pièces qui prennent la poussière : « On n’avait aucune idée des prix. »

L’estimation de Bernard Verlingue est la bienvenue pour ces Parisiens en vacances dans la maison familiale. Un vase, « une pièce offerte au grand-père paternel juste avant la Seconde Guerre mondiale », confectionné dans la seconde moitié des années 1930, pourra partir pour 200 € : « On y mettait de l’eau… ou du cidre », sourit Philippe.

« La salière de ma grand-mère »

Cette salière « collée, recollée », Alain Méleard la voit, encore aujourd’hui, avec des yeux d’enfant : « Je l’ai toujours vue chez ma grand-mère de Lannion. » De son carton, il sort un cendrier dont le décor le fait sourire : « On y voit une femme et un bébé ! Ces cendriers étaient fabriqués pour faire la promotion d’un alcool local, l’Elixir d’Armorique. On n’imaginerait plus ça, aujourd’hui ! »

Converti en euros, le contenu du carton ne pèse pas lourd. Mais comme le glisse parfois le conservateur Bernard Verlingue aux propriétaires de pièces communes, il est rempli d’une « valeur sentimentale ».

« J’y tiens, mais… »

Estimation : 1 000 €. La propriétaire s’épanche : « Cette pièce a une valeur sentimentale pour moi. Mais que va-t-elle devenir ? J’ai deux garçons… Est-ce que je la vends et j’achète autre chose ? Est-ce que je la garde ? » Cette maman est repartie avec ses questions…

Nelly CLOAREC.

Publié le 16/08/2016 – © Ouest-France

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Les pièces de faïence expertisé (le Télégramme)


Quimper. Les pièces de faïence expertisées par Letelegramme

Ils se pressent chaque année pour faire estimer la valeur de leurs pièces de faïence. Près de 60 personnes ont patienté, hier matin, pour soumettre leur « trésor » à l’expertise de Bernard Verlingue. Des pièces d’artistes recherchées, beaucoup moins lorsqu’il s’agit de services de tables, aujourd’hui dépréciés.

Les images de Jean Le Borgne – © Le Télégramme

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