De la broderie au Musée de la faïence (Le Télégramme).

Bernard Jules Verlingue
L’exposition réalisée sous la direction de Bernard Verlingue ouvre ses portes ce lundi.

Le Musée de la faïence consacre sa nouvelle exposition d’été aux liens entre brodeurs et faïenciers. Intitulée « Quand les brodeurs inspiraient les faïenciers », elle ouvre ses portes, ce lundi, sur les bords de l’Odet.

Le regard de Bernard Verlingue s’illumine à l’évocation de la pièce d’étoffe brodée, retrouvée dans un vieux bureau stocké au sous-sol de la Faïencerie HB, il y a quelques années. La pièce de costume bigouden soigneusement conservée appartenait à René-Yves Creston, l’un des chefs d’atelier de la faïencerie, dont le conservateur du Musée de la faïence a été le directeur technique.

Ce lien étroit entre faïence de Quimper et broderies des costumes ne saute pas toujours aux yeux. « Il y a des gens fascinés par ce travail, propriétaires de grosses collections, qui n’avaient pas fait le rapprochement », s’étonne encore le conservateur du musée. Une influence loin d’être négligeable à l’origine de la nouvelle exposition d’été présentée à compter de ce lundi, à Locmaria.

60 ans de production

Une aventure débutée à Paris. « Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, mon grand-père était le chauffeur d’un général de l’État-major qui aimait la marche », raconte Bernard Verlingue. Une partie de son temps libre, il le passait à la manufacture de Sèvres. Alors associé dans une faïencerie à Boulogne, Julien Verlingue apporte de nouvelles techniques de décoration à Quimper : les cloisonnés, les tubés et la barbotine.

Des techniques qui vont permettre la reconstitution ou la création de décors. Charles Trautmann y intégrera les décors de broderie à l’origine d’une importante production au succès considérable. Produites dès 1920, notamment pour les grands magasins parisiens, ces faïences sortiront des ateliers quimpérois jusqu’en 1980.

Peu connu du grand public

Les motifs de Douarnenez, Pont-Aven, Quimper, Plougastel et surtout du Pays bigouden ont donné lieu à une multitude de pièces. « C’est la Bigoudénie qui influence les faïences de Quimper », y compris de décors au pinceau. Une production malgré tout peu connue du grand public.

Pour mettre en valeur les quelque 150 pièces ressorties des collections du musée pour l’occasion, Bernard Verlingue s’est rapproché de l’école de broderie voisine de Pascal Jaouen et de l’antiquaire douarneniste Alain Le Berre. Leurs prêts de pièces de costumes permettent de mieux comprendre le travail des peintres des faïenceries quimpéroises. Les chefs d’ateliers ont notamment réalisé de nombreux plats, dont le plus grand dépasse le mètre de diamètre. Ces pièces étaient souvent achetées à l’usine par les artistes. À l’image de Pierre Poquet dont la femme les revendait dans sa boutique.

Vases ou personnages signés Micheau-Vernez ou Kervella complètent l’exposition. Ils sont à découvrir jusqu’à la fin de l’été au Musée de la faïence.

Pratique
Exposition « Quand les brodeurs inspiraient les faïenciers », du 15 avril au 28 septembre, au Musée de la faïence de Quimper, rue Jean-Baptiste-Bousquet. Ouvert du lundi au samedi, de 10 h à 18 h, sans interruption. Fermé les dimanche et jours fériés. Entrée : 5/4/3 €, gratuit jusqu’à 6 ans.

Publié le 15 avril 2019 par Jean Le Borgne – Le Télégramme ©

Recherches sur Robert Micheau-Vernez.

Robert Micheau-Vernez.
Groupe Les trois âges du costume bigouden, manufacture Henriot, 1941.

Dans le cadre de la rédaction d’un nouvel ouvrage sur les faïences de Robert Micheau-Vernez, les auteurs sont à la recherche de toute pièce atypique, originale… et, bien évidemment, des pièces uniques (plats et vases) créées par l’artiste. nous vous remercions vivement pour votre aide !

Adresses de contact :

Mikaël Micheau-Vernez (02 97 05 72 20 – micheau-vernez@wanadoo.fr) ou Philippe Théallet (06 61 79 40 69 – philippe.theallet@laposte.net).

Gazette des Amis du Musée & de la Faïence n°44 1er semestre 2019

Brochure de 16 pages (couleur, paginé) – ISSN 2260-2844

Sommaire :

  • ÉditorialLe conseil d’administration (p 1).
  • Iznik en pays Glazik !Gabrielle LESAGE (p 2 à 9).
  • Quelques vases à décor d’enfants de Jim E. SevellecJean-Paul ALAYSE (p 10 à 12).
  • Jean-Pierre Millot, artiste méconnu de la manufacture Keraluc – 
    Rudy BOUCKENOOGHE (p 13 à 15).
  • Des fèves Sévellec pour l’Épiphanie (p 16).
  • Recherches sur Robert Micheau-VernezMikaël MICHEAU-VERNEZ & Philippe THÉALLET (p 16).

Pour plus de renseignements, veuillez nous contacter.

« Ar Seiz Breur » : l’expo dans l’Expo (le Télégramme).

Georges Robin & Robert Micheau-Vernez.
Pauline Bisiaux (à gauche) et Katell Archambaud préparent actuellement le nouvel accrochage du musée.

Ambiance de ruche en janvier, au Quatro, bien que le musée soit fermé au public : en effet, Katell Archambaud et Pauline Bisiaux, les médiatrices culturelles, sont à pied d’œuvre pour y installer le nouvel accrochage.
Chaque année, le Carton Voyageur se renouvelle pour montrer aux visiteurs un autre aspect de ses collections, riches de plus de 130 000 cartes postales. Pendant trois semaines, l’équipe s’est attelée à les changer, tout comme les croquis et objets exposés sur le parcours permanent. Cela donne lieu à plusieurs déplacements au musée départemental breton à Quimper, à celui de la faïence, au musée bigouden à Pont-l’Abbé et à celui de Bretagne à Rennes.

Réouverture le 2 février

Tout sera prêt pour le 2 février à l’occasion de la réouverture et les visiteurs pourront découvrir qu’en 2019, le musée fait la part belle aux Seiz Breur (Les sept frères), un mouvement de création bretonne né en 1923, lors du retour dans sa région d’origine de l’artiste Jeanne Malivel, professeur à l’école des Beaux-Arts de Rennes.

Publié le 21 janvier 2019 – Le Télégramme ©

Informations pratiques :
Le Carton voyageur – Musée de la carte postale
Le Quatro
3 avenue Jean Moulin
56150 Baud
https://www.lecartonvoyageur.fr


Quand les brodeurs inspiraient les faïenciers

3 danseurs Bigouden de l’artiste Robert Micheau-Vernez.

Une des particularités des costumes de Bretagne est la richesse des couleurs des broderies ou des motifs traditionnels qui les ornent. Les faïenciers quimpérois ne sont pas restés insensibles à ce phénomène et ont largement puisé dans ce fonds quasi inépuisable pour décorer leurs pièces. Il s’agit là d’une démarche, certes d’esthétisme pur, mais également une volonté active de retrouver d’authentiques racines bretonnes, s’inscrivant ainsi dans la revivification d’un art décoratif moderne, cher aux Seiz Breur.

La période de l’entre-deux-guerres voit, dans les campagnes, la désaffection du costume traditionnel mais, parallèlement, de nombreux contemporains s’intéressent à cette culture et tentent de la valoriser. L’Union Régionaliste Bretonne luttera pour un maintien, très conservateur, des modes locales. Plus tard, René-Yves Creston portera un regard ethnographique sur ce costume, suivi dans ce domaine par d’autres artistes comme Robert Micheau-Vernez.

Quand les brodeurs inspiraient les faïenciers
Quand les brodeurs inspiraient les faïenciers.

Dès 1918, la manufacture HB crée le décor «broderie», technique nouvelle qui permet de retrouver la notion de relief, mettant en avant la richesse du travail des brodeurs. L’atelier de Pierre Poquet en est l’illustration. Les chefs d’atelier ayant un droit de création, naîtront ainsi de nombreux décors, particulièrement variés, reprenant principalement les motifs bigoudens mais aussi les éléments floraux du costume de Fouesnant. Jean Caër restera plus traditionnel dans le traitement de ses compositions, osant toutefois des emplois de couleurs audacieux.

Devant une telle débauche d’ingéniosité, nous allons tenter de faire un tour de Bretagne du costume à travers la faïence.


Musée de la Faïence de Quimper ©Bernard Jules Verlingue


Le film de l’exposition « Quand les brodeurs inspiraient les faïenciers ».