Gazette des Amis du Musée & de la Faïence n°49 2ème semestre 2021

Gazette des Amis du Musée et de la Faïence de Quimper n°49 (2ème semestre 2021).

Brochure de 16 pages (couleur, paginé) – ISSN 2260-2844

Sommaire :

  • ÉditorialLe conseil d’administration (p 1).
  • Les animaux du ciel et de la terre par les artistes de la manufacture Keraluc (1ère partie) – Pierre-Jean GUILLAUSSEAU, Yannick CLAPIER & Pascal SIMON (p 2 à 10).
  • Un musée tout en beauté pour ses 30 ans !Jérémy VAROQUIER (p 11 à 13).
  • Sur l’application de l’or dans les décorations du décor Perlé HB Jacques BRÉNÉOL (p 14 à 15).
  • Esprits de FaïenceAntoine MAIGNÉ (p 16).

Pour plus de renseignements, veuillez nous contacter.

Cinq bonnes raisons de redécouvrir le musée de la faïence (Ouest-France).

Art incontournable de l’histoire de Quimper (Finistère), la faïence y a son musée. Dans ces lieux, depuis la réouverture post-confinement mi-mai 2021, l’exposition permanente a été remaniée. Une occasion de plus de pousser la porte.

Jérémy Varoquier
Jérémy Varoquier, assistant principal du conservateur du musée de la Faïence de Quimper (Finistère), présente les nouveautés de l’exposition permanente.

1 – Car l’expo permanente fait peau neuve

L’histoire de la faïence à Quimper ne change pas bien sûr mais la façon de la mettre en valeur si : depuis sa réouverture mi-mai 2021, le musée de la Faïence propose une exposition permanente remaniée. Nouveaux décors, nouvelles mises en scène, nouveaux visuels explicatifs, nouveaux éclairages par LED, nouvelles pièces exposées…

Musée de la Faïence de Quimper 2021
a quimper (Finistère), au musée de la faïence, la nouvelle exposition permanente a bénéficié de changements, à découvrir dès mai 2021.

« Certains visuels étaient là depuis l’ouverture du musée il y a trente ans », explique Jérémy Varoquier, assistant principal au musée. Six nouveaux panneaux explicatifs permettent ainsi de remonter l’histoire de la faïence de Quimper, au travers des siècles. « Cette exposition rassemble environ 500 pièces, c’est-à-dire autant qu’avant »; ajoute-t-il.

Musée de la Faïence de Quimper 2021

2 – Pour y voir des œuvres inédites

Par exemple d’anciennes cartes postales agrandies et mises en valeur sur un mur ou des assiettes décorées avec les planches dessinées qui ont servi dans les ateliers afin de voir le travail réalisé de A à Z. Ou encore un mur de poncifs (calques microperforés qui permettent de reproduire le dessin sur la surface à peindre).
Et on y retrouve aussi, évidemment, le fameux décor à la touche de Quimper, le petit Breton et ses évolutions, et enfin, autre exemple, une succession de faïences sur des événements historiques.

Musée de la Faïence de Quimper 2021

3 – Car le musée a trente ans en 2021

Trente ans déjà ! Le musée de la Faïence a ouvert en juin 1991. En raison de la pandémie de Covid-19 et des mesures sanitaires, la décision a été prise de fêter cet événement non pas en juin mais début septembre, lors d’un week-end. Pour célébrer cet anniversaire, une linogravure a été commandée à l’artiste concarnois Olivier Lapicque. Elle représente son fameux marin et a été éditée à cent exemplaires.

Musée de la Faïence de Quimper 2021

4 – Pour y (re)découvrir l’exposition temporaire sur Keraluc

Proposée depuis l’an dernier, l’exposition temporaire « Keraluc, une faïencerie au service des artistes » est visible toute la saison. Keraluc est la dernière faïencerie créée à Quimper, par Victor Lucas, au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Cette exposition présente 150 œuvres, dont la plupart sont uniques et n’avaient jamais été exposées jusqu’alors.

Musée de la Faïence de Quimper 2021

5 – Pour en apprendre encore plus lors des visites guidées

Le musée est ouvert du lundi au samedi, de 10 h à 18 h. Petit plus, chaque samedi : des visites guidées sont proposées à 15 h 30, au prix de l’entrée. L’occasion d’en apprendre un peu plus !

Musée de la Faïence de Quimper 2021

Tarifs : 5 € (adulte) ; 4 € (18-25 ans) ; 3 € (7-17 ans) ; gratuit pour les moins de 7 ans. Renseignements : www.musee-faience-quimper.com

Publié le 29/06/2021 par Rose-Marie DUGUEN – Ouest-France ©

Les cheminements de Xavier Krebs (Ouest-France).

Quimperlé accueille une exposition d’un enfant du pays. Xavier Krebs (1923-2013), figure de l’abstraction d’après-guerre, a construit son œuvre pas à pas.

Hommage à Takanobu
Hommage à Takanobu, 1970. Huile sur bois, 41 x 25,5 cm. Collection particulière.

Sur les bancs des écoles, tous les petits espagnols connaissent par cœur les vers d’Antonio Machado : « Caminante, no hay camino, se hace camino al andar. »

Comprenez : « C’est en marchant qu’on trace sa route. » Xavier Krebs, peintre né à Quimperlé en 1923, illustre parfaitement ces mots.

Suivons un peu les traces de cet artiste majeur de l’abstraction.

Après une enfance sur les bords de l’Aven, entre Quimperlé et le Poulguin, il s’engage à 18 ans dans les troupes françaises d’Afrique du Nord, il prend part aux campagnes de Tunisie, d’Italie, au débarquement de Provence, aux campagnes d’Alsace et d’Allemagne.

Après un court retour dans le Finistère, il part en Indochine. Reviendra avec la dysenterie et des images sombres en mémoire. Il y laissera sa foi en Dieu dans « ce lieu de ténèbres ».

Le chemin suivi par Xavier Krebs est fait de méandres, de tours et détours. Avec des étapes importantes. Comme la faïencerie Keraluc, à Quimper. « Ce sera le premier, en Bretagne, à intégrer dans la céramique des motifs abstraits », ​souligne Fanny Drugeon, commissaire de l’exposition à Quimperlé.

Xavier Krebs
Xavier Krebs, en 1972. (André Maurice)

Peintre autodidacte, Krebs trouvera sur sa route des peintres qui marchent sous la bannière de l’abstraction lyrique : Degottex, Hantaï, Poliakoff, Benrath.

Dans ses bagages iconographiques, Krebs a embarqué Turner, Goya, Klee, Kandinsky, Sérusier et des primitifs italiens. Géographiquement, le peintre qui était plutôt du genre « taiseux », ​selon son fils Benjamin, exercera son art en région parisienne, en Touraine, puis enfin, dans le Tarn.

Ce grand marcheur, pétri de taoïsme, peintre contemplatif, aimera cheminer en Inde et dans le Sahara. Dans son parcours intellectuel, Krebs fera de belles découvertes en créant des carrefours inattendus.


Comme dans ce portait de Shimegori, par le peintre japonais Takanobu (1142-1205). Fasciné par la forme noire octogonale dans le portrait, il trouve un écho à cette figure géométrique dans Melancolia du peintre-graveur Dürer (1471-1528). Une forme transposée dans ses paysages abstraits.

Les trois gorges
Les trois gorges, 2007. Huile sur toile, 110 x 65 cm. Collection particulière.

Adoubé par les critiques et les galeristes, Xavier Krebs est injustement méconnu du grand public. L’exposition sur ses terres natales est l’occasion de faire un bout de chemin en sa compagnie.

« Ma peinture, écrivait-il, pourrait aussi être une mise à plat de ces espaces qui nous coupent le souffle, qui nous « naviguent »​, une expression de la durée et du déplacement dans l’immobilité de la toile. »

jusqu’au 10 octobre, « Xavier Krebs, cheminements, ​à Quimperlé.

À lire, catalogue de l’expo, éditions Locus Solus, 112 pages, 25 €

Publié le 19/06/2021 par Jean-Marc PINSON – Ouest-France ©

Catalogue Xavier Krebs « Cheminements » (Locus Solus).

Figure du mouvement abstrait après-guerre, influencé par l’abstraction lyrique, l’art japonais, ses voyages en Inde, Xavier Krebs (1923-2013) suit un parcours original et méconnu. Né en Bretagne, il entame une carrière de peintre en 1950 à Pont-Aven, dans l’ancien atelier de Paul Gauguin. Il participe à des expositions collectives au Salon d’automne à Paris et travaille pour la faïencerie Keraluc à Quimper. Il aura successivement son atelier à Auvers-sur-Oise, puis en Touraine, pour enfin s’installer en 1977 dans le Tarn.

Aux côtés de Benrath, Degottex, Hantaï, Loubchansky… ses œuvres sont conservées et exposées dans de grandes collections muséales (Beaulieu-en-Rouergue, Lyon, Brest, Rennes, Montauban, Cahors), au Fonds national d’art contemporain, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris.

Cet ouvrage retrace, au fil des amitiés et des admirations, les cheminements de Xavier Krebs – réels, contemplatifs, esthétiques -, et ses grandes périodes stylistiques imprégnées de philosophie orientale.

Xavier Krebs - Cheminements

Catalogue de l’exposition de Quimperlé (Chapelle des Ursulines, Maison des Archers), sous la direction de Fanny Drugeon et Constance Boutet.
Textes d’André Cariou, Françoise Terret-Daniel, Antoine Lucas, Cédric de Veigy, Françoise Livinec, Constance et Bruno Krebs.
Livre broché avec rabats, 23 x 30 cm, 112 pages couleur
+ 100 œuvres reproduites – ISBN 978-2-36833-299-3 – Prix : 25 €

Locus Solus ©


Xavier Krebs à travers la peinture.

Ville de Quimperlé ©

À Quimperlé, tous les chemins mènent à Xavier Krebs (Le Télégramme).

Intitulée « Cheminements », la rétrospective Xavier Krebs, initialement prévue en 2020, vient finalement d’ouvrir ses portes à Quimperlé, jusqu’au 10 octobre.

Krebs
De gauche à droite : Constance, Bruno et Benjamin Krebs, les trois enfants de Xavier Krebs, et Fanny Drugeon, commissaire de l’exposition, à Quimperlé.

Annulée en 2020 puis reportée, la rétrospective Xavier Krebs a finalement ouvert ses portes ce samedi 29 mai. « Ce n’était pas une aventure évidente à mener, merci d’avoir tenu ». C’est avec ces mots que le maire de Quimperlé, Mickaël Quernez, s’est adressé au pôle Culture et Patrimoine de la Ville, à la commissaire de l’exposition Fanny Drugeon, mais aussi aux trois enfants Krebs, Constance, Benjamin et Bruno, qui se sont fortement impliqués dans la mise en œuvre de cette exposition.

Exposition Krebs
L’exposition se décline dans trois lieux : la chapelle des Ursulines, la médiathèque et, ici en photo, la Maison des Archers, à Quimperlé, où le visiteur s’immerge dans les carnets de voyage et les céramiques de Xavier Krebs.

Un lancement plus que bienvenu, après des mois de confinement. Presque un cheminement, comme le nom donné à ce parcours en trois temps : Labyrinthes, Échappées et Mémoires, déclinés chacun dans trois lieux, jusqu’au 10 octobre : la Chapelle des Ursulines, la médiathèque et la Maison des Archers.

Une quête de reconstruction

L’exposition invite le visiteur à explorer le cheminement de l’artiste à travers plusieurs espaces. On y découvre d’abord des œuvres figuratives, inspirées de paysages bretons, mais pas que. Xavier Krebs, né à Quimperlé en 1923, grandit au Poulguin, sur les bords de l’Aven. Puis, il s’engage dans l’armée en 1943 et repart presque aussitôt pour l’Indochine. Ses carnets de dessin se remplissent alors de paysages dégageant une certaine sérénité. Pour l’artiste pourtant, il n’en est rien. Il confiera avoir vécu « l’expérience de la mort ». Une expérience qui, à son retour en Bretagne, aura une forte influence sur sa peinture. « Il cherche à repartir de zéro, à se remettre du traumatisme de la guerre », raconte Fanny Drugeon. Il se reconstruit alors à la faïencerie quimpéroise Keraluc, où il explore l’abstraction sur ses céramiques, exposées à la Maison des Archers.

Des récurrences

Malgré cette évolution dans son œuvre, le travail de l’artiste est émaillé de récurrences.
« Ce qui m’a frappée dans son travail, ce sont les cheminements qui impliquent des détours. Plusieurs chemins mènent au même endroit : le jardin secret que l’on a tous en soi, l’enfance », interprète Constance, la fille de Xavier Krebs. Plus que des détours, son frère Benjamin voit lui des retours en arrière. Et c’est là tout l’intérêt de l’œuvre de leur père. À travers ces récurrences, une forme noire, que l’on observe sur presque toutes les peintures, des rochers ou encore des couleurs, Xavier Krebs a mené une quête qui s’est finalement achevée en 2013, année de sa disparition. Son travail est alors plus apaisé, les couleurs plus vives.

Ce qui m’a frappée dans son travail, ce sont les cheminements qui impliquent des détours. Plusieurs chemins mènent au même endroit : le jardin secret que l’on a tous en soi, l’enfance.

Des influences multiples

Cet artiste autodidacte aimait croiser les époques, les styles et les influences. « C’était un passionné d’Histoire de l’art, de spiritualité, de nature, en plus d’être doté d’un grand sens de l’humour », décrit Fanny Drugeon. La littérature avait également une place importante dans sa vie. À la médiathèque, on retrouve les ouvrages qui l’ont inspiré et nourri, à l’instar de l’écrivain André Malraux.

Atelier de Xavier Krebs
L’atelier de Xavier Krebs a été en partie reproduit dans la Chapelle des Ursulines. On y retrouve une chaise, sur laquelle l’artiste aimait s’asseoir pour observer ses œuvres.

De multiples influences qu’il aimait explorer au cœur de son atelier du Tarn, reproduit en partie à la Chapelle des Ursulines. Là, le visiteur peut, comme l’artiste, observer les œuvres dans leur ensemble, « prendre le temps du regard ».

Pratique

Exposition visible jusqu’au 10 octobre. Chapelle des Ursulines et Maison des Archers, de 13 h à 18 h, du 1er juillet au 31 août, de 11 h à 19 h. Fermeture le lundi. À la médiathèque, aux horaires d’ouverture. Tarifs : Pass’unique Maison des Archers – Chapelle des Ursulines : 5 € (plein tarif) ; 3 € (tarif réduit). Gratuit pour les moins de 25 ans et le vendredi. Médiathèque : entrée libre.

Publié le 30 mai 2021 par Janis Le Dalour – Le Télégramme ©