Le peintre Patrice Cudennec est au programme de l’émission en langue bretonne Bali Breizh dimanche matin. Pour découvrir cet artiste, vous pouvez toujours vous procurer l’ouvrage de Yann Rivallain et de Philippe Théallet, édité par les éditions Coop Breizh en 2014 (lien).
Notre nouvelle gazette des Amis vient de paraitre ! Nos adhérents recevront très prochainement ce bulletin. Le premier article est consacré au peintre décorateur Pierre Poquet. Une rencontre avec un ancien vendeur à la faïencerie Keraluc : Jean-Louis Quillerou. Enfin, Jérémy Varoquier nous présente les projets du Musée de la Faïence de Quimper. Antoine Maigné et Philippe Théallet assurent le suivi rédactionnel de ce nouveau numéro.
Couverture de la 48ème gazette des Amis du Musée et de la Faïence de Quimper.
Brochure de 16 pages (couleur, paginé) – ISSN 2260-2844
Sommaire :
Éditorial – Le conseil d’administration (p 1).
Pierre Poquet – Jacques BRÉNÉOL (p 2 à 11).
Souvenirs d’une époque – Rencontre avec Jean-Louis Quillerou, ancien vendeur à la faïencerie Keraluc dans les années 60-70 – Maní PENNANGUER (p 12 à 15).
La vie continue ! – Une exposition temporaire reportée, une présentation permanente rénovée – Jérémy VAROQUIER (p 16).
Grand érudit de la céramique bretonne qu’il avait disséquée dans un précédent ouvrage, le Nazairien Joseph Labour revient sur cette passion dans « L’art de la terre ». Une somme d’informations sur toutes les terres cuites : faïence, porcelaine, poterie, mais aussi pipes et briques.
Photo joseph labour présente son ouvrage « l’art de la terre des départements historiques de Bretagne ».
L’ancien ingénieur bord aux Chantiers de l’Atlantique (créateur de l’Association des ingénieurs de la navale nazairienne) a une autre passion que les navires : la céramique bretonne. Celle-ci n’a plus de secrets pour Joseph Labour, Nazairien âgé de 88 ans qui s’est passionné pour ces faïences, porcelaines et poteries.
Sa collection de faïences de quimper compte de nombreuses pièces.
L’auteur avait déjà édité en 1980 un ouvrage consacré à la céramique bretonne. Au cours de ces dix dernières années, il l’a copieusement enrichi du fruit de ses multiples recherches et de nombreuses interviews de gens spécialistes de la chose. Un vrai travail de moine bénédictin ! « J’ai écrit cinq chapitres dans L’art de la terre des départements historiques de Bretagne, paru à la mi-décembre, dont le premier traite de la faïence de Quimper évidemment car c’est mon violon d’Ingres depuis 1964. Mais il n’y a pas que le Quimper puisqu’il existait dans cette ville trois grandes manufactures : la Grande maison HB (Hubaudière-Bousquet), la manufacture Henriot et la fabrique Porquier-Beau. Des familles dont je retrace d’ailleurs la généalogie », précise Joseph Labour, marié à une « Quimpéroise de Pont-Croix, à côté d’Audierne », terre finistérienne à l’origine de cette passion pour toute la céramique d’Armorique.
Forcément, les œuvres des grands artistes faïenciers père et fils Paul et Maurice Fouillen (il est décédé le 15 décembre à 92 ans), Odetta et Keraluc, font aussi l’objet d’un éclairage de l’auteur érudit. Les poteries d’Herbignac ne sont pas oubliées dans l’ouvrage de Joseph Labour qui explique « la rude concurrence que la vaisselle bretonne a rencontrée avec celles en aluminium et de certains pays, notamment le Portugal et la Chine ».
Une assiette signée du célèbre artiste Mathurin Méheut (henriot) ; à droite, un bénitier de Saint-Corentin de rené Quivillic de la grande maison HB.
Autre emploi important de la terre cuite : les pipes (de Quimper à Saint-Malo jusqu’à La Prenessaye, dans les Côtes-d’Armor) et les briques, fabriquées dans plusieurs endroits de Loire-Atlantique (à Arthon-en-Retz, Vallet, Pornichet et Ancenis), sont largement citées dans L’art de la terre. Une briqueterie artisanale fut ainsi fondée en 1900 par Jean-Louis Cochery au village des Quatre-Vents, dans la campagne de Pornichet. « Si elle ferma ses portes dès 1938, toute la région utilisa les briques Cochery dans les constructions », souligne Joseph Labour.
« L’art de la terre des départements historiques de Bretagne », 339 pages, 20 €, La Compagnie du Livre aux éditions Geste.
L’art de la terre des départements historiques de Bretagne
Le façonnage de la terre argileuse est une des formes d’artisanat les plus anciennes qui ait existé. Il a évolué avec l’homme depuis son origine, grâce à la maîtrise du feu, des outils, des machines. L’hasardeuse et géniale diversité de la poterie d’autrefois n’a rien à voir avec les œuvres clonées d’aujourd’hui. Cet ouvrage fait remonter des traditions ancestrales ; s’adressant notamment aux artisans, ceux qui sont passionnés par le modelage, la création. En tout, ce sont trente-trois lieux, les plus importants et surtout les plus typiques et significatifs pour le travail de la terre, dont le lecteur trouvera l’histoire dans ce livre.
L’art de la terre des départements historiques de Bretagne Joseph Labour 15,5 x 22 cm – 340 pages – ISBN : 979-10-93644-50-9 La Compagnie du Livre aux éditions Geste – décembre 2020 – 20 €
L’artiste originaire de Tréboul, Ronan Olier (1949-2020) est décédé. Il avait été nommé Peintre Officiel de la Marine en 2001. En 2012, il avait collaboré avec la manufacture Henriot-Quimper pour créer des assiettes et plats pour les Fêtes maritimes de Douarnenez (Temps-Fêtes), en monochrome bleu. En 2015, la galerie de la manufacture, lui avait consacré une exposition sur la thématique des voyages.
Ronan Olier – Men Joliguet – Bréhat.
Nous reproduisons ici, quelques articles publiés dans la presse locale ces dernières années.
Signature de Ronan Olier avec l’encre de marine.
De la faïence avec Henriot et Ronan Olier (Le Télégramme).
Sur une idée de Julien Celton, Ronan Olier a décoré des assiettes estampillées «Temps-Fêtes Douarnenez 2012» et fabriquées en série par la faïencerie Henriot dirigée par Jean-Pierre Le Goff.
Alors que Temps-Fêtes 2012 arrive à grand pas, l’association lance, cette année, une série de faïences signées Henriot et décorées par le peintre de la Marine Ronan Olier.
C’est un peu par hasard que le peintre de la Marine installé à Tréboul, Ronan Olier, met sa patte dans les Fêtes maritimes et se retrouve surtout à peindre des motifs d’assiettes et de plats fabriqués par la faïencerie quimpéroise Henriot. «Je connais bien le vice-président des Fêtes maritimes Julien Celton qui, lui-même, connaît bien Jean-Pierre Le Goff; patron de la faïencerie», expliquait, hier, dans son atelier, Ronan Olier.
Une série «Temps-Fêtes 2012»
Dès lors, le faïencier a rencontré l’artiste et l’idée de créer une collection pour les Fêtes maritimes de Douarnenez 2012 a fait son chemin. Résultat: «Une série de sept assiettes sur ce thème des Fêtes maritimes et des bateaux». En monochrome bleu, yole («à cause des superbes lignes»), voiles latines («car nous recevons cette année la Catalogne»), chaloupe sardinière, Belle plaisance ou encore bateaux de la Marine, font désormais partie du catalogue du faïencier «en exclusivité pour les Fêtes maritimes 2012», soulignent Jean-Pierre Le Goff et Ronan Olier.
L’artiste et la faïence
Décorer des plats et des assiettes est une première pour le peintre de la Marine trébouliste. Durant plusieurs mois, Ronan Olier est parti travailler dans les ateliers quimpérois avec les peinteuses, pour peindre les modèles de la série. Un «vrai plaisir», disait-il en expliquant que ce travail dans les ateliers lui permettait de «sortir de la solitude de son atelier d’artiste» et «de se retrouver comme en résidence avec d’autres peintres».
«Retour aux sources»
Pour le faïencier, «cette opération marque notre volonté de renouer avec la bonne tradition de la faïence car nous voulons renforcer les liens qui existent entre les artistes et la faïencerie; comme cela se faisait au début du siècle dernier», expliquait Jean-Pierre Le Goff. De même, les faïenceries ont souhaité être présentes aux Fêtes maritimes 2012. Car, «c’est comme un retour aux sources de la faïence, de la mer et de la voile», poursuivait Jean-Pierre Le Goff qui citait l’exemple des «Études de la mer» de Mathurin Méheut.
Dessins originaux
Ces assiettes, estampillées «Temps-Fêtes 2012» sont des pièces originales. Les dessins de Ronan Olier sont uniques. Ils seront reproduits «toujours à la main, par les peinteuses de la faïencerie», et les assiettes seront mises en vente (de 35 € à 37 € selon la quantité), au bureau des Fêtes maritimes, à la faïencerie Henriot et seront proposées sur le site de Temps-Fêtes en juillet. Quant à la couleur bleue très particulière et se rapprochant du bleu de Delphes, «c’est ce que j’appelle le Glaz Pale Marc’h Mazoutig», répond en souriant (et mystérieusement) Ronan Olier.
En novembre 2012, l’artiste exposait des faïences originales réalisées chez Henriot-Quimper à la galerie 26 à Paris. Le galeriste, Jean-Luc Couillaud présentait son travail en vidéo.
Le tour du monde scintillant de Ronan Olier (Le Télégramme).
Ronan Olier montre un vase sur lequel il a reproduit la scène sénégalaise peinte quelques années plus tôt.
L’exposition Ronan Olier, inaugurée samedi à la galerie de la manufacture Henriot-Quimper est superbe. L’artiste douarneniste a sélectionné des peintures déclinées en faïences aux couleurs chatoyantes où les parfums de l’Orient se mêlent aux embruns de la Bretagne.
Ces trois-là étaient faits pour s’entendre : l’artiste, l’entrepreneur, l’élu ou, au choix le voyageur, le créateur, le passeur ou encore le Douarneniste, trois fois… Ronan Olier, Jean-Pierre Le Goff, Jean-Michel Le Boulanger, réunis samedi matin à la faïencerie Henriot pour le vernissage d’une somptueuse exposition du premier, représentaient bien l’alchimie bretonne évoquée par le troisième, celle qui est résumée par la phrase célèbre d’Eugène Guillevic : « Plus on est enraciné plus on est universel ». Caractère, humour, quête de sens et des sens : les affinités entre les trois étaient évidentes, nourries dans le grand bain de la baie de Douarnenez qu’ils ont en commun. On comprend donc l’émotion de Gwenaëlle Gouzien, qui avait le redoutable privilège de faire l’éloge de l’exposition du jour. « Mon premier discours ! ». L’élue chargée du patrimoine et des métiers d’art s’en est sortie avec élégance. Elle a rappelé brièvement quelques faits d’armes de Ronan Olier : sa participation sous la forme de BD à Charlie Mensuel à la demande de Wolinski en 1976, sa médaille d’or en 2001 pour sa première participation au Salon de la Marine, ce qui lui vaudra la même année de rejoindre son professeur des Beaux-Arts de Quimper Jean Le Merdy dans le corps prestigieux des Peintres de la Marine. Ronan Olier en a profité pour courir le monde sur des bateaux gris. Mais le Douarneniste n’a jamais renoncé à son métier d’enseignant, autre accroche avec la réalité. « Les Cornouaillais voient loin, vont loin et le plus souvent reviennent », a rappelé Gwenaëlle Gouzien. La perche était tendue à un autre Douarneniste inspiré.
Ronan Olier – Route de Hanoï vers Halong.
« Henriot Quimper est sur la bonne voie »
« La rencontre du ciel, de la terre, de la mer et du vent fonde la Bretagne dans une alchimie étonnante et Ronan Olier est de ceux qui identifient cette rencontre des immensités, a souligné Jean-Michel Le Boulanger. Ce qui fonde cette identité c’est aussi la relation à l’autre ». Simplicité et humour sont en la matière les armes du peintre. « C’est notre neuvième exposition en quatre ans, a rappelé Jean-Pierre Le Goff. Henriot Quimper n’est pas encore sauvé, mais nous sommes sur la bonne voie. Je suis raisonnablement confiant ». Cette exposition illustre la dynamique croissante de la faïencerie de plus en plus associée aux artistes contemporains. La collaboration avec Ronan Olier a débuté lors des Fêtes maritimes de Douarnenez il y a deux ans. L’artiste s’est pris au jeu de reprendre sur des assiettes, des vases, des bols des tableaux déjà réalisés. Une centaine de pièces uniques sont ainsi exposées à côté des tableaux d’origine. Le visiteur sera emporté par l’exubérance des couleurs de scènes saisies au Cambodge, au Vietnam, au Sénégal, la profondeur tourmentée des ciels et des mers bretonnes, le tout exhalant les senteurs du voyage.