La Bretagne de Micheau-Vernez (Côté Quimper).

Le hall de l’hôtel de ville de Quimper accueille une monumentale carte de Bretagne en faïence réalisée par l’artiste Micheau-Vernez.

La Bretagne de Micheau-Vernez
La carte, après une importante restauration, orne le hall de l’hôtel de ville de Quimper.

Une carte de Bretagne en faïence signée Micheau-Vernez, donnée à la Ville de Quimper, orne désormais le hall de l’hôtel de ville. À l’origine, cette œuvre était une commande de l’hôtel Celtic, rue de Douarnenez, là où Robert Micheau-Vernez (1907-1989) avait l’habitude d’aller prendre un café.

Philippe Théallet, spécialiste de l’artiste (1), précise que « la carte de 1,80 m de haut sur 2,40 m de large se compose de 192 carreaux peints en 17 après-midi de l’été 1962. Cette carte est la dernière œuvre en faïence de l’artiste.  » L’artiste est revenu à Quimper spécialement pour ce travail qu’il a finalisé à la faïencerie HB.

En 2006, lorsque le Celtic a fermé ses portes, l’association Micheau-Vernez a récupéré l’œuvre. Celle-ci, après tant d’années exposée aux fumées des clients, était devenue jaunâtre. L’usure du temps et son décollement l’avaient abîmée. Les carreaux de faïences ont été rangés dans des cartons.

Mikaël Micheau-Vernez, président de l’association Micheau-Vernez, évoque 2015 « où il fut question de faire une donation de la carte au musée départemental breton sans que cela n’aboutisse  ». Plus récemment, l’engouement de Ludovic Jolivet a facilité la donation en faveur de la Ville.

Donation de l’œuvre

La restauration a été confiée à Régine Guyomarc’h. La carte ressemblait alors plus à un puzzle dont 54 carreaux sur les 192 demandaient une sérieuse restauration  : écaillage, carreaux en morceaux, manques, coins cassés…

Le travail minutieux de Régine Guyomarc’h fait oublier l’affront du temps. La carte affiche fièrement la Bretagne. La Bretagne historique qui réunit les cinq départements. Elle est ponctuée des sites emblématiques de la Bretagne : calvaires, cathédrales, viaducs, ponts, châteaux, bagadoù… Elle est traversée par une farandole d’hommes et de femmes qui, au rythme de la bombarde et du biniou, arborent avec fierté les costumes locaux. Une importante rosace surmontée de l’hermine indique le cap.

Ludovic Jolivet rappelle « la volonté de la Ville d’être gardienne de ce patrimoine culturel, âme de la Cornouaille qui s’ajoute aux toiles de Pierre de Belay très récemment acquises par la Ville. »

Publié le 8 janvier 2020 par Florence Édouard de Massol – Côté Quimper ©

(1) Philippe Théallet, Michau-Vernez, l’œuvre de faïence. Édition Groix.

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Bretagne magazine n°111 (janvier-février 2020).

Couverture de Bretagne magazine

Le bimestriel « Bretagne magazine » n°111 (janvier-février 2020) vient de paraître. Plusieurs articles devraient certainement vous intéresser. Tout d’abord un reportage d’Annaïck Fleitour, titré « Au bonheur de Quimper », il fait découvrir le chef-lieu du Finistère sur 25 étapes.

Régine Guyomarc'h
Régine Guyomarc’h, une fée de la faïence (photo Simon Cohen ©).

On redécouvre les personnalités (Pascal Jaouen, Régine Guyomarc’h, Paul Moal, …) et les lieux bien connus (Le Musée de la Faïence).

Paul Moal
Paul Moal, une vie haute en couleurs (photo Simon Cohen ©).

Un dossier important est également disponible sur la Bretagne des années 1920 (Il y a 100 ans). On retrouve quelques artistes qui ont fait la renommée des faïenceries quimpéroises (Mathurin Méheut, la fraternité Seiz Breur).

La fraternité Seiz Breur
Article de Pascal Aumasson, « La fraternité Seiz Breur ».

Il est à noter qu’une couverture spéciale est disponible pour l’édition quimpéroise.

Amis du Musée et de la Faïence de Quimper ©


Musée de la Faïence de Quimper

« Le bonheur de vivre à Quimper » à la Une de Bretagne Magazine (Le Télégramme).

Du musée de la faïence à la cathédrale Saint-Corentin, de la Baleine déshydratée, dans le quartier mutant de Locmaria, aux espaces verts qui ajoutent charme et quiétude à la ville, Quimper est la vedette du nouveau numéro de Bretagne Magazine, qui paraît ce mercredi 18 décembre.

Seize pages lui sont consacrées. « L’occasion de voir rassemblés les fleurons du patrimoine et de l’art de vivre, mais aussi les bonnes adresses qui font de l’agglomération cornouaillaise une destination touristique dont le dynamisme ne cesse de drainer les visiteurs », écrit Tanguy Monnat, son rédacteur en chef.

Secrets de fabrication autour du fournil

« Ceux qui y vivent et ceux qui y passent ne manqueront pas de se rendre auprès des frères Alain et Philippe Guéguen », de la boulangerie-pâtisserie Pains et kouign. Voici quelques semaines, des passionnés de gâteau breton à l’ancienne, venus du Léon, du Pays bigouden et même du Morbihan, se sont réunis autour du fournil de cette maison bien connue, pour partager un tout petit peu de leurs secrets de fabrication de brioches, de « plaket », de « gochtial » ou de miches beurrées. Bretagne Magazine vous en offre quelques belles tranches.

Quimper encore, dans le cadre d’un dossier consacré aux années 1920 en Bretagne. Une époque où, par exemple, un Mathurin Méheut collabore avec la maison Henriot, tandis que le lycée de Quimper immortalise son équipe de football, dont la touchante photo sépia a été retrouvée. C’est aussi un temps où naissent les premières Fêtes de Cornouaille, en 1922, sous l’impulsion de l’Elliantais Louis Le Bourhis. Le sociologue Fanch Postic en fait le récit, évoquant notamment Marie Guirriec, reine de l’Odet, qui, en 1923, fut la première reine des reines de l’histoire de cette manifestation.

Bretagne Magazine, 100 pages, en vente ce mercredi chez tous les marchands de journaux, au prix 5,95 euros.

Publié le 16 décembre 2019 – Le Télégramme ©

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Elles offrent une seconde jeunesse au violoncelle (Ouest-France)

Régine Guyomarc'h

Photo : Danièle Bolloré de l’Institut de France et la restauratrice de faïence Régine Guyomarc’h viennent de restaurer un violoncelle décoré qui date de 1875. |

La restauratrice de faïence Régine Guyomarc’h vient de ramener à la vie, un violoncelle de 1875. Après six semaines de soins, la pièce unique retourne dans les salles du Manoir de Kérazan.

« Je n’ai jamais traité une telle pièce, unique et si précieuse. » Régine Guyomarc’h est aux anges. Elle vient de terminer la restauration d’un violoncelle en faïence. Oui, mais pas n’importe lequel. Le seul réalisé à taille réelle, orné de dessins et encore aujourd’hui conservé.

Quinze échecs

Selon la légende qui entoure l’objet, il y aurait eu quinze échecs avant la réalisation de l’instrument. Trop ou mal cuite, la faïence aurait cédé. « Plus la cuisson est longue et moins on la maîtrise », assure Régine Guyomarc’h.

L’objet est une pièce unique qui appartient aux collections du manoir de Kérazan à Loctudy. Avant de venir en restauration, il était situé dans un cabinet entièrement décoré d’oeuvres d’Alfred Beau.

Propriété de Joseph Astor jusqu’à sa disparition en 1901, le violoncelle a ensuite été légué à l’Institut de France comme l’ensemble des biens du collectionneur et selon la volonté du légataire, conservé in situ.

« Conserver en l’état ne veut pas dire dans un mauvais état », souligne Danièle Bolloré, l’une des administratrices du domaine de Kérazan. C’est elle qui a remarqué la fragilité extrême de la « bête », il y a quelques mois.

Parmi les nombreux bobos constatés, des felles apparues au moment de la cuisson de l’oeuvre, puis masquées, mettaient en danger l’intégrité de l’oeuvre réalisée d’un seul tenant. « Les felles, recouvertes de stuc et repeintes, ont fini par se rejoindre pour former des morceaux », mine Régine Guyomarc’h.

Pendant six semaines de travail intensif, elle a photographié, nettoyé, collé, bouché et repeint les affres du temps qui mettaient en péril le violoncelle. Un travail de bénédictin qui représente « une très grosse somme », glissent les protagonistes, fiers de redonner vie à une oeuvre exceptionnelle.

L’exploit artistique est le fait du peintre Alfred Beau. « Lorsqu’il est venu s’installer à Quimper, dans les années 1870, Beau a permis à la ville de sortir de l’aire industrielle et utilitaire de la faïence pour la faire entrer dans la sphère artistique », explique la restauratrice qui connaît son sujet sans faille.

D’une hauteur de 1 m 20, l’instrument fait pour l’ornementation est recouvert de motifs floraux sur les côtés. Sur l’avant et l’arrière, des scènes figurent des scènes champêtres et des angelots musiciens.

« Il y a un détail du trait et un ombrage des visages qui n’existe nulle part ailleurs en faïence », assure la restauratrice installée depuis 16 ans près du Palais de justice de Quimper.

Désormais consolidé, le violoncelle de faïence d’Alfred Le beau va réintégrer ces jours-ci les collections du Manoir de Kérazan.

Carole TYMEN.

Publié le 18/07/2016 – © Ouest-France

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