Les ateliers de la faïencerie s’ouvrent au public (Ouest-France).

Coulage, calibrage, émaillage, décoration… la conception des faïences est un vrai travail d’artiste. Découvrez-le, lors des visites organisées dans les ateliers de la faïencerie Henriot-Quimper (Finistère).

Constance Delpy

Constance Delpy, la guide, montre le calibrage, une des trois techniques pour confectionner une faïence (Photo Ouest-France).

Il n’y a pas que le Musée de la faïence à visiter, dans le quartier historique de Locmaria. En face, la faïencerie Henriot-Quimper (Finistère) propose aux curieux d’investir les ateliers pour découvrir, en l’espace de 30 minutes, tout le processus de fabrication.

Une visite bien délimitée

« Attention, ça n’est pas une démonstration des ouvriers, c’est une visite », prévient Fabienne Kernéis, assistante de Jean-Pierre Le Goff, le président de la société Henriot-Quimper. Seule la guide interagit avec les visiteurs. Une demi-heure paraît rapide en effet, pour balayer l’histoire de la faïencerie et explorer les différentes techniques de confection.

« C’est un espace de production, les gens ne le comprennent pas forcément que les ouvriers peuvent avoir besoin de tranquillité, continue-t-elle, le travail qu’ils réalisent nécessite beaucoup de concentration ». C’est pour cela que la visite est strictement délimitée à un parcours, dans les pas du guide. « C’est aussi pour des raisons de sécurité que nous sommes très précautionneux », révèle Constance Delpy, une des trois guides de la faïencerie.

Pour petits et grands

La visite se veut rapide, certes, mais complète. La guide se livre à une démonstration de chacune des trois techniques de confection. À l’entrée de l’atelier, les visiteurs découvrent le coulage. Ensuite, après un slalom entre quelques allées de faïences, Constance Delpy leur montre le calibrage, puis le pressage.

À chaque étape, le public multigénérationnel est captivé par le récit de la guide et n’hésite pas à intervenir. « Les enfants apprécient particulièrement la visite car elle est très visuelle, confie Fabienne Kernéis, ils posent souvent des questions très pertinentes».

Observer les peinteuses

Le spectaculaire est gardé pour la fin de la visite. « Voici le four où sont cuites toutes les faïences, montre la guide, il fait 4 m3 ». Sa taille permet aux ouvriers de ne faire qu’une seule cuisson par semaine, à 1 040 °C. Ensuite, les visiteurs rejoignent l’atelier des peintres sur céramique, traditionnellement appelées « peinteuses ». Dans le silence, ils peuvent scruter le travail minutieux des trois artistes.

La visite s’achève dans la pièce suivante, où sont stockées des centaines de faïences vierges. « La visite aurait mérité d’être un peu plus longue, note Dominique, visiteur, avec des explications plus étayées ». Si, comme lui, certains restent sur leur faim, la promenade au sein de l’atelier a globalement plu, au vu des nombreuses questions posées lors de la conclusion.

Visites guidées (sauf jour férié) du lundi au samedi à 10 h 30, 11 h 30, 14 h, 15 h, 16 h, 17 h. Durée : 30 minutes. Adultes : 5 €. 7 à 17 ans : 2,50 €. Moins de 7 ans : gratuit.

Publié le 15/08/2017 par Paul Sertillanges – © Ouest-France.

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Des histoires de trésors familiaux (Le Télégramme).

Photo Ronan Larvor

Le propriétaire de cette belle statue de Quillivic attend le verdict de l’expert.

Une centaine de personnes, maniant avec délicatesse les trésors apportés dans des sacs et cabas : la séance d’expertise gratuite des faïences proposée hier matin par Bernard Verlingue, au Musée de la faïence, a attiré une nouvelle fois une foule de curieux, désireux de connaître l’inestimable valeur des vases et assiettes hérités des grands-parents. Michel et Marie-José sont venus de Concarneau. Ils patientent dans la file d’attente qui s’étire à l’extérieur du musée. Dans leur sac, deux assiettes et deux bols, ornés de motifs originaux. « Il s’agit d’un cadeau qui a été fait au grand-père, sans doute dans les années 1920, explique Michel. L’auteur des dessins, qui a signé Herr, a représenté notamment la maison de Liziria près de Morlaix. C’est une femme qui était peintre amateur ». Les pièces sont passées au four chez Henriot, comme le confirme la signature qui apparaît sous la peinture noire qui a été grattée au cul du bol. Outre la maison, les autres motifs représentent des ruches, des compositions peu banales sur de la faïence. « L’ensemble a une valeur sentimentale, dit Michel. Mais je vais rendre compte à mes frères et soeurs de l’estimation qui sera faite ». Le tour de Michel et Marie-José arrive. Bernard Verlingue est effectivement intrigué par le motif. « C’est très surprenant, commente l’expert. Il est difficile de donner une valeur. Disons, 60 € pièce ».

Au moins 3.000 € la statue

Au suivant. Toute la matinée, l’œil affûté du conservateur du musée jauge rapidement la majorité des assiettes, bols, statuettes de faïence. Parfois, il s’arrête. Ce couple de Quimperlé ouvre une valise. À l’intérieur deux belles pièces d’une cinquantaine de centimètres. « Elles sont très belles et en parfait état » constate l’expert. Il a tout de suite identifié un travail de René Quillivic (sculpteur, graveur et céramiste, 1879-1969). Les deux statuettes datent des années 1920 et sont numérotées, chacune ayant été réalisée en une vingtaine d’exemplaires. « Le grand-père tenait un magasin de produits bretons à Quimperlé, explique le visiteur. C’est lui qui les a acquises. Il y en avait une de chaque côté de la cheminée ». Verdict de Bernard Verlingue : 3.000 à 4.000 € pièce.

Drôles de crevettes

Les particuliers se succèdent devant la petite table où ils déballent leurs biens. Parfois, ça va vite, 5 € ces assiettes ou bols de facture classique, même s’ils ne sont pas récents. Bernard Verlingue offre à chaque fois des détails précieux, sur l’époque, le style, l’origine. Ah, encore une pièce étonnante ! Elle est apportée par une dame de Treffiagat. Sans surprise, la grande assiette qu’elle sort de son papier protecteur est ornée de motifs maritimes : six crevettes disposées en cercle. « C’est un décor que je ne connaissais pas, avoue Bernard Verlingue. Il n’y a pas de signature. C’est un peut-être un travail d’Alphonse Chanteau (1874-1958) dont on connaît le goût pour les Arts déco. C’est étonnant. Il est de plus en plus rare de découvrir des choses que l’on n’a jamais vues ». Il avance une estimation à 500 €, ce qui fait sourire la propriétaire. « Je vais voir avec mon père ce qu’on va en faire », dit-elle.

Gare aux fêlures

Les pièces défilent, souvent légèrement ébréchées ou fêlées. « Ces défauts font très vite baisser les valeurs de 20 à 30 % », dit l’expert. C’est le cas pour ce vase Odetta. La marque a été créée au début des années 1920 par la manufacture HB, pour sortir des motifs folkloriques traditionnels et proposer des formes Art déco. « Dommage qu’il y ait des coulures, dit Bernard Verlingue. Elles sont très pénalisantes ». Le vase est quand même estimé 300 à 400 €. Ces deux soeurs douarnenistes repartent satisfaites. Le couple de Bretons présenté a été estimé entre 800 et 1.000 €. « Il est dans la famille depuis longtemps, disent-elles. C’est peut-être un cadeau de mariage ». Marie-Thérèse présente un couple d’enfants qui semble assez classique, daté des années 1960. Mais il est signé Micheau Vernez. 500 à 600 €. « Tant que ça ! » s’exclame la visiteuse, heureusement surprise. Tous les ans, Bernard Verlingue propose ce genre d’expertise gratuite. Il est probable qu’il y ait encore dans les greniers, sur les cheminées et les étagères bretonnes, bien des trésors à découvrir, qui racontent tous une histoire personnelle, ce qui n’a pas de prix.

Publié le 13 août 2017 par Ronan LARVOR – © Le Télégramme

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Les secrets des faïences en un coup d’œil (Ouest-France).

Photo Yves-Marie Quemener

Bernard Verlingue en érudit de la faïence, conte l’histoire de ce plat à sa propriétaire (Photo Yves-Marie Quemener).

Une assiette à 30 €, un vase à 5 €, une statue à 2 000 €… Bernard Verlingue, expert de la faïence et conservateur de son musée, à Quimper (Finistère) estimait ce matin les objets des particuliers.

Le hall du musée de la faïence, à Quimper (Finistère), est bondé. Des gens, patients, portent des sacs d’où dépasse un bout de journal ou de torchon, qui emballent les objets précieux à leurs yeux. Au bout de l’attente, il y a un homme et ses moustaches généreuses, l’hôte du lieu : Bernard Verlingue, conservateur du musée. Pour le prix d’un ticket d’entrée, il estimait ce matin les objets des gens, en un coup d’œil.

Photo Yves-Marie Quemener

File d’attente pour faire estimer ses objets de faïence, au musée de la faïence de Quimper (Photo Yves-Marie Quemener).

Hervé est dans cette file d’attente. Il a une valise rouge et rigide à ses pieds. « Des objets, reçus en héritage. Je veux connaître leur valeur, leur histoire. Je crois bien que ce sont des trésors. » Son tour vient, il ouvre sa valise et révèle, emmitouflées dans un duvet, deux belles statues. Le conservateur les regarde. « Vous les connaissez, n’est-ce pas ? Dit-il à Hervé, non sans une pointe d’émotion. Ce sont des statues du sculpteur René Quillivic, datant des années vingt. »

Bernard Verlingue découvre les deux statues de Quillivic :

Certains viennent pour savoir combien vendre leurs objets. D’autres, par curiosité ou par amour de la faïence. « J’ai trouvé cette statue aux États-Unis, où je vis, raconte Pascale, originaire de Douarnenez. Une femme, qui connaissant mon goût pour les faïences de Quimper, est venue me voir après avoir acheté une vieille maison. Elle avait trouvé la statue dans une armoire. Je lui ai acheté 100 dollars. » Bernard Verlingue l’estime à 500 €. « Je n’ai pas spécialement envie de la vendre… Je la trouve vraiment belle à regarder ! »

Photo Yves-Marie Quemener

Statues, assiettes, vases… Ce moment est marqué par la richesse de la production de faïence à Quimper, qui vit aujourd’hui dans les maisons de centaines de personnes (Photo Yves-Marie Quemener).

Intense, cette matinée pour l’expert de la faïence. Il aura estimé plusieurs centaines de pièces.

Publié le 12/08/2017 par Flora Chauveau – © Ouest-France.

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Mosaïque murale. « Bon vent me pousse » boulevard de Sévigné (Le Télégramme).

émile Daubé - Panneau pour la galerie Ty Breiz 1928

Bon vent me pousse, la devise d’Octave-Louis Aubert, boulevard de Sévigné.

« Bon vent me pousse ». Telle est la devise d’Octave-Louis Aubert (1870-1950) lisible sur la faïence apposée sur la façade de sa maison d’édition Ty Breiz (ancien siège de la Chambre de commerce) au style néoclassique, boulevard Sévigné. Une commande passée à la manufacture Henriot de Quimper par le fondateur des éditions La Bretagne Touristique, et président du Syndicat l’initiative de Saint-Brieuc de 1921 à 1930. La mosaïque représente les fleurons de la Bretagne : un bateau à voile gonflant à bloc son foc avant, l’Hermine dans son immaculée blancheur, à droite, et le Griffon qui lui répond sur le même ton. Au beau milieu, trônant, l’effigie du duc de Bretagne, la coiffure surmontée d’une tour crénelée.

Illustrateur de la Bretagne

Parisien d’origine, il arrive à Saint-Brieuc en 1893 comme journaliste au « Réveil breton » et se passionne pour la Bretagne. Il se lie d’amitié avec Anatole Le Braz, Charles le Goffic, Louis Guilloux. Éminent illustrateur de la Bretagne, Octave-Louis Aubert, a fait connaître le mouvement Seiz Breur porté par René-Yves Ceston, fondateur du Musée de Saint-Brieuc. Propagateur du développement économique et touristique régional, il a valorisé les itinéraires culturels, artistiques, littéraires, touristiques de la Bretagne aux cinq départements.

Publié le 09 août 2017 – © Le Télégramme.

(Panneau d’Émile DAUBÉ (1885-1961), cf. l’encyclopédie des céramiques de Quimper tome 4 de Philippe Théallet et Bernard Jules Verlingue, éditions de la Reinette 2005, page 228).

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