Émaillage de l’exposition « Marjatta et Jean-Claude Taburet, du légendaire celte à la délicatesse finlandaise », le vendredi 7 avril 2023.

exposition Marjatta et Jean-Claude Taburet.

Nous proposons de retrouver les allocutions de l’émaillage du Musée de la Faïence de Quimper, à l’occasion de l’exposition : « Marjatta et Jean-Claude Taburet, du légendaire celte à la délicatesse finlandaise ».

Marjatta Taburet
Marjatta Taburet

La cérémonie s’est tenue, vendredi soir à Quimper. De nombreux adhérents étaient présents pour assister à cet évènement. Vous retrouvez sur cette page leurs différents discours.

émaillage du 7 avril 2023.

Hervé Maupin (Fonds de dotation du Musée) a présenté l’exposition de cette année et remercié Bernard Verlingue et son équipe pour son travail.

Bernard Verlingue (directeur du Musée) a mis en perspective la carrière du couple Taburet, de leur travail au sein de la manufacture HB, jusqu’à la création de l’atelier du Steir à Quimper.

Marjatta Taburet a rendu hommage à son mari Jean-Claude, qui nous a quitté en 2013. Elle a également remercié la famille Verlingue pour leur soutien.

2023 – Association des Amis du Musée & de la Faïence de Quimper ©

À Quimper, le Musée de la Faïence rouvre ses portes mardi 11 avril (Le Télégramme).

Jérémy Varoquier
Jérémy Varoquier, l’assistant du conservateur, est enthousiaste à l’idée de faire découvrir au public les œuvres de Marjatta et Jean-Claude Taburet, visibles à partir de mardi 11 avril, date de la réouverture du Musée de la Faïence.

Les amoureux de beaux objets vont se réjouir de la réouverture du Musée de la Faïence de Quimper, mardi 11 avril. À découvrir, cette saison, une splendide exposition des œuvres de Marjatta et Jean-Claude Taburet.

À Quimper, le Musée de la Faïence rouvre ses portes, mardi 11 avril, avec une toute nouvelle exposition intitulée « Marjatta et Jean-Claude Taburet, du légendaire celte à la délicatesse finlandaise ». « C’est un couple d’artistes qui a travaillé durant 50 ans ensemble. Tout au long de leur vie, ils ont mélangé leur culture. La culture finlandaise pour Marjatta et la culture bretonne pour Jean-Claude Taburet », explique Jérémy Varoquier, l’assistant du conservateur. Une collaboration prolifique qui s’arrêtera en 2013, en raison du décès de Jean-Claude. C’est à cette date que Marjatta, aujourd’hui âgée de 92 ans, stoppe définitivement la peinture et la céramique.

Des pièces à quatre mains uniques

Cette exposition, à ne manquer sous aucun prétexte, donne à voir la complicité qui a uni ces deux artistes pendant tant d’années. « Jean-Claude s’exprimait davantage dans la création de la forme, dans la sculpture. Tandis que Marjatta était passionnée par la décoration des faïences. Leur collaboration a donné naissance à des pièces à quatre mains uniques », complète Jérémy Varoquier. Faïences sous forme d’assiettes, de vases, de plaques, de personnages, sculptures à l’argile, aquarelles, leur production est foisonnante. Les pièces de l’expo ont, pour la grande majorité, été prêtées par la famille Taburet.

Pratique : Musée de la Faïence de Quimper, 14, rue Jean-Baptiste Bousquet. Ouvert du 11 avril au 30 septembre, du lundi au samedi, sauf jours fériés, de 10 h à 18 h. Plein tarif : 5 €. Tél. 02 98 30 12 72.

Publié le 08 avril 2023 par Johanne Bouchet – Le Télégramme ©

Parution du catalogue de l’exposition 2023 : « Marjatta et Jean-Claude Taburet, du légendaire celte à la délicatesse finlandaise ».

Cette année, le Musée de la Faïence de Quimper présente une exposition thématique sur le couple d’artistes : Marjatta et Jean-Claude Taburet.
L’association des Amis publie à cette occasion le catalogue de l’exposition, sous la direction de son directeur : Bernard-Jules Verlingue. Bernard Galéron est l’auteur des photographies de ce livre.
Vous pourrez vous le procurer à l’accueil du Musée et chez nos revendeurs.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter la fiche signalétique du catalogue sur notre site internet :
« Marjatta et Jean-Claude Taburet, du légendaire celte à la délicatesse finlandaise ».

Marjatta et Jean-Claude Taburet - Catalogue 2023

2023 – Association des Amis & de la Faïence de Quimper ©

Marjatta et Jean-Claude Taburet, du légendaire celte à la délicatesse finlandaise.

Marjatta et Jean-Claude Taburet - Catalogue 2023
  • 2023 – Marjatta et Jean-Claude Taburet, du légendaire celte à la délicatesse finlandaise.

(catalogue de l’exposition 2023).

En 2023, le musée vous propose de retracer le parcours d’un couple iconique de la faïence de Quimper qui se posent en héritiers et rénovateurs de la longue tradition quimpéroise. Marjatta Taburet, originaire de Finlande, n’a de cesse de mêler les influences et sagas nordiques aux légendes et paysages bretons. Céramiste et peintre, elle intègre, avec son mari, le cercle fermé des peintres-faïenciers, qui réussissent à mêler l’art du peintre et le métier du faïencier. Dans les années 1970, elle est la première à se pencher sur la faïence de Quimper et les trois siècles de fabrication.
En rapport à sa formation, Jean-Claude Taburet s’adonne à la sculpture, respectant l’harmonie des lignes et des volumes enseignées dans l’atelier de Robert Couturier. L’accentuation des formes, le lissage des traits et le dépouillement d’éléments majeurs du pittoresque local inculque à ses sujets un statut d’idéal local. Il fait sien le répertoire des motifs protohistoriques de la Cornouaille comme le cœur, la fleurette, l’épi ou la palmette grâce aux anciennes techniques du décor céramique (gravure et impression en creux). Sirènes, déesses, vierges et rois Gradlon rythment sa production.
Après une brève expérience au sein de la manufacture Keraluc pour Jean-Claude, Marjatta rejoint son mari devenu artiste libre chez HB. En 1984, ils quittent la manufacture et font construire leur propre atelier à domicile avant de créer l’Atelier du Steïr sur les rives de la rivière éponyme, à Quimper, où s’écoule la suite de leur carrière. À eux deux, ils cumulent un siècle de création à Quimper ! Découvrez leur univers pictural, légendaire et sculptural aux couleurs de la Bretagne et de la Finlande.

Sous la direction de Bernard Jules VERLINGUE (Antoine MAIGNÉ, Marjatta, Béatrice et Florence TABURET, Philippe THÉALLET, Catherine TROPRÈS, Jérémy VAROQUIER, notices : Jérémy VAROQUIER, photos : Bernard GALÉRON).
29,7 x 21 cm – 48 pages – ISBN 2-914009-38-0 – 15 €.

Pour plus de renseignements, veuillez nous contacter.

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Le Seiz Breur décrypté par Pascal Aumasson (Ouest-France).

Symbole de la naissance du style Art déco en Bretagne, le mouvement des Seiz Breur a 100 ans. Le spécialiste revient sur l’histoire de ce groupe de jeunes artistes, résolus à moderniser l’art breton.

Pascal Aumasson
Conservateur du patrimoine honoraire et historien de l’art, Pascal Aumasson est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le mouvement des Seiz Breur.

Entretien

Pascal Aumasson, conservateur du patrimoine honoraire et auteur de plusieurs ouvrages sur le mouvement des Seiz Breur.

En quoi le mouvement des Seiz Breur se distingue d’une école ?

On ne peut pas parler d’école ou d’académie, parce que ce mouvement des Seiz Breur n’impose pas de style : chacun des membres peut s’exprimer dans son style propre, à condition que cela corresponde aux principes qu’ils adoptent tous : être breton, moderne et populaire.

En quoi innovent-ils ?

Ils prennent le contre-pied d’une façon de concevoir,à leur époque le mobilier et la faïence. Ils rejettent radicalement (et avec un humour cinglant) les meubles Henri II, par exemple, truffés de petits personnages en costumes bretons. En matière de faïence, ils rejettent le surplus de décors hérités du début du XIXe siècle. Ils veulent épurer, simplifier, styliser et introduire des motifs nouveaux.

Les femmes y ont joué un rôle important ?

Jeanne Malivel et Suzanne Candré-Creston, femme d’René-Yves Creston, y jouent un rôle essentiel. Suzanne Candrée-Creston est d’une avantgarde audacieuse, artistiquement très équilibrée. Son objectif est de faire connaître en Bretagne toutes les avant-gardes qui se développent, que ce soit en Allemagne ou du côté du théâtre Dada.
Jeanne Malivel, elle, invente des formes avec motifs épurés, ce qui se remarque surtout dans ses faïenceries, ses broderies ou ses projets de meubles, avec des décors presque graphiques.

René-Yves Creston et Gaston Sébilleau
Le fauteuil imaginé en hommage à Nominoé par le duo René-Yves Creston et Gaston Sébilleau.

Aujourd’hui, que nous reste-t-il des Seiz Breur ?

Le mouvement a duré de septembre 1923 jusqu’en 1947, passant d’un effectif de sept artistes à plusieurs dizaines.
Les Seiz Breur ont surtout eu un rôle dans le domaine des arts décoratifs, avec un impératif : embellir le quotidien de leurs contemporains.
Il en reste une manière de prendre appui sur des racines basses bretonnes et de les assumer d’une manière moderne. Ils voient le futur en se basant sur les usages décoratifs les plus anciens.

On ne peut pas oublier la part d’ombre du mouvement…

Il y a un gap entre ce qu’on dit, « les Seiz Breur ont collaboré », et la réalité : certains l’ont fait mais ils se sont égarés seuls.
Au début de la guerre, sous la direction de Creston, le mouvement a décidé de ne pas prendre parti. Cela n’a pas empêché un certain nombre de ses membres, à titre individuel, de penser que Vichy et l’Allemagne nazie allaient apporter à la langue bretonne un espace que la République française lui refusait.

Maison Saint-Yves, à Saint-Brieuc
Les mosaïques d’Isidore Odorico, les peintures à fresco et le riche mobilier inspiré par le mouvement Seiz Breur sont à découvrir à la chapelle Art-déco, à la maison Saint-Yves, à Saint-Brieuc.

C’est malgré tout ce qui a entraîné leur chute ?

À la fin de la guerre, l’amalgame entre culture bretonne, langue bretonne et collaboration a affecté les Seiz Breur, à leur corps défendant. Cet amalgame a mené à un grand oubli, qui a duré jusque dans les années 2000.
De plus, les musées bretons n’ont pratiquement acquis aucune œuvre des Seiz Breur avant les années 1990. Mais il est fréquent qu’une période ne soit pas respectée par ses contemporains. Prenons l’exemple de l’école de Pont-Aven : pas un musée breton n’a acquis d’œuvres de ses membres du vivant du groupe.
Le mouvement des Seiz Breur a également été écrasé par des formes artistiques franchement plus modernes : le cubisme ou l’abstrait étaient mieux portés par le marché de l’art que les arts décoratifs bretons.

Historien de l’art, Pascal Aumasson a également été pendant 35 ans conservateur de plusieurs musées en Bretagne. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages : Suzanne Candré-Creston, à la source des Seiz Breur, à paraître le 24 mars 2023, et Seiz Breur, Pour un art moderne en Bretagne, qui sera bientôt réédité chez Locus Solus.

Publié le 26 mars 2023 par Pauline BOURDET – Ouest-France ©