Jeanne Malivel, une artiste dans la Grande Guerre (Ouest-France).

L’exposition « Vie de tranchée » a débuté lundi 5 novembre, à la mairie de Loudéac. Parmi les œuvres et objets de la Première Guerre mondiale exposés, des portraits de blessés, croqués par l’artiste loudéacienne Jeanne Malivel.

Jeanne Malivel

La couverture du recueil publié par les Amis de Jeanne Malivel, en vente lors l’exposition au tarif de 20 €.

En 1914, Jeanne Malivel (1895-1926) a 19 ans. Elle se porte volontaire pour devenir infirmière à l’hôpital auxiliaire « ouvert à Loudéac (Côtes-d’Armor), à l’école Sainte-Anne, dans l’atmosphère d’union sacrée de l’époque. C’est là qu’elle croque un certain nombre de blessés hospitalisés, de toutes les origines », explique Gwen Lecoin, présidente de l’association Les Amis de Jeanne Malivel et nièce de l’artiste.

Infirmière volontaire à Loudéac

Dans le cadre de l’exposition ouverte lundi 5 novembre 2018, à l’occasion du centenaire de l’Armistice, la municipalité a extrait quelques planches significatives d’un recueil édité par l’association.

« Il fallait du caractère et du dévouement pour être infirmière dans un hôpital de guerre, témoin de blessures abominables, auprès d’hommes gazés », analyse Daniel Le Couédic, professeur émérite à l’Institut de géoarchitecture de l’Université de Bretagne occidentale (UBO), à Brest.

« On voit apparaître, dans cette série de croquis et de bois gravés, à la fois son tempérament de jeune femme et son tempérament d’artiste, poursuit le spécialiste. Elle pense que, mieux que la photographie, mieux que le récit, la gravure va pouvoir exprimer le drame. Une conviction venue d’Europe centrale et partagée par de nombreux artistes. »

Gravures de Jeanne Malivel

Un croquis de Jeanne Malivel, l’une des œuvres exposées depuis le 5 novembre à la mairie de Loudéac.

Manifeste pour une Bretagne moderne

Vaisselle, mobilier, papiers peints… Jeanne Malivel et le mouvement Seiz Breur explorent de nouvelles formes dans le domaine des Arts décos et nourrissent le projet d’un « pavillon breton » pour l’Exposition internationale des arts décoratifs de 1925. Ils manifestent leur désir d’un ensemble harmonieux dans toutes les branches, qui soit « breton, moderne, populaire ».

« Au lendemain de la guerre de 1914, on ne donnait pas cher de la Bretagne, vous le voyez dans les vieilles cartes de géographie des salles de classe de l’époque : landes, blé noir, papier à cigarettes, observe Daniel Le Couédic. C’était un pays misérable et appelé à le demeurer. La Bretagne s’est véritablement réinventée en vingt ans, dans l’entre-deux-guerres. Et elle le doit à ses artistes et ses intellectuels. »

Discrédit jusqu’aux années 1970

Décédée à 31 ans, après une carrière fulgurante, l’artiste loudéacienne n’a pas bénéficié de la reconnaissance due. Pourquoi ?

« D’abord parce que tout ce qui avait été dans la mouvance d’une renaissance bretonne de l’entre-deux-guerres a fait l’objet d’un discrédit jusqu’à la redécouverte des années 1970. C’est une absurdité en ce qui concerne Jeanne Malivel, note le professeur, en référence à la collaboration avec les nazis d’une frange militante bretonne de l’époque. Comment peut-on faire porter à quelqu’un qui meurt dans les années 1920 les péchés commis dans les années 1940 ? »

À l’honneur à Quimper et à Paris

D’autres raisons président à cela : des œuvres très peu diffusées, ou d’autres artistes, comme le Seiz Breur René-Yves Creston, qui ont davantage pris la lumière. Enfin, Jeanne Malivel s’était quelque peu « retirée du mouvement qu’elle avait elle-même créé, dans les dernières années de sa vie, après son mariage », poursuit Daniel Le Couédic.

Aujourd’hui, son œuvre revient sur le devant de la scène. Une grande exposition itinérante (elle a tourné dans tous les départements bretons) consacrée aux Seiz Breur, en 2000, a fait basculer la tendance. Jeanne Malivel était à l’honneur à Quimper, récemment, d’abord au Musée de la faïence, cet été, puis, plus récemment, au musée départemental breton.

Un colloque et une exposition sont également programmés pour 2022, à la bibliothèque Forney, à Paris.

Publié le 06/11/2018 par Marion GONIDEC – Ouest-France ©

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« Le soldat de boue » Mathurin Méheut dans la Grande guerre (France 3 Bretagne).

En 1913 Mathurin Méheut réside à la station biologique de Roscoff où il y dessine les espèces. Ce fils d’artisan maçon né à Lamballe se voit octroyer une bourse de voyage grâce à son travail. Il part pour le Japon, accompagné de sa femme Marguerite. Ce voyage l’enchante. La nature et l’art japonais le fascinent.

la vie dans les tranchées racontée par Mathurin Méheut

Les dessins de Mathurin Méheut pendant la Grande guerre – © Aber Images

Cinq lettres par jour

Très vite pourtant l’Histoire les rattrape. La Grande guerre éclate en 1914. Le couple rentre en France. Mathurin Méheut est mobilisé sur le front. Pendant cette période, il ne cesse d’écrire à Marguerite et à leur fille, tout en croquant ou peignant un quotidien marqué par l’omniprésence de la mort. Ses lettres racontent les tranchées, les conditions terribles auxquelles sont exposés les soldats. Ses écrits témoignent de l’incertitude, de ne pas revenir vivant. Ces échanges lui donnent de la force.

Plus tard, il change d’affectation et rejoint l’État-Major. Il doit réaliser des cartes, des croquis, des plans. Ce poste n’empêche pas le danger : « C’est une fausse idée de croire qu’on est à l’abri » souligne t-il. Dans cette équipe, les hommes partent sur le terrain en repérage. C’est toute cette correspondance que le documentaire « Le soldat de boue » laisse voir, un monde sombre, décrit par des dessins vivants et colorés et qui ont fait la renommée du peintre.

Extrait du documentaire d’Hubert Budor, la vie dans les tranchées racontée par Mathurin Méheut

« Le soldat de boue, Mathurin Méheut dans la Grande guerre », un film de Hubert Budor

Une co-production France 3 Bretagne / Aber Images
Diffusion le lundi 13 novembre 2017 après le Soir 3
Rediffusion le vendredi 17 novembre 2017 à 8 h 45

Publié le 31/10/2017 par Emilie Colin – © France 3 Bretagne.

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Gazette des Amis du Musée & de la Faïence n°34 2ème semestre 2013

Brochure de 16 pages (couleur, paginé) – ISSN 2260-2844

Sommaire :

    • ÉditorialJean HERNOT (p 1).

    • Xavier Krebs (1923-2013) la céramique du peintreAntoine LUCAS (p 2 à 7).

    • Le décor « à la corne fleurie » à Quimper et ailleursPascal SIMON (p 8 à 12).

    • Concours « La guerre dans l’assiette »Catherine PEQUIN (p 13 à 14).

    • Actualités (p 15).

    • 1931 – Quimper et l’exposition colonialeBernard Jules VERLINGUE (p 16).

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