Depuis 25 ans, ce musée fait briller la faïence (Ouest-France)

François BAZIN

Photo : Une oeuvre de François Bazin, la maquette du Monument aux Bigoudens qui se trouve à Pont-l’Abbé. | Béatrice Le Grand.

Le Musée de la faïence fête ses 25 ans. Ce musée privé est un écrin pour la faïence de Quimper. Il embellit aussi le quartier de Locmaria. En 2007, il a pourtant failli disparaître…

D’où viennent les faïences exposées à Locmaria ? Des faïenceries quimpéroises ! « Ce sont des pièces d’atelier qui servaient de témoin lorsqu’une production était lancée », explique Bernard Verlingue, conservateur du musée depuis sa création, en juin 1991. Au fil des ans, la faïencerie Henriot a racheté la faïencerie Porquier, la faïencerie HB a racheté Henriot… C’est ainsi que s’est constituée la collection.

Après le dépôt de bilan des Faïenceries de Quimper (1983), l’Américain Paul Janssens rachète puis relance l’activité sous le nom HB Henriot. Mais Jean-Yves Verlingue, précédent propriétaire des Faïenceries de Quimper, obtient que la collection reste sa propriété. Pendant quelques années, la collection reste dans les locaux de la faïencerie, au rez-de-chaussée et au premier étage du bâtiment aujourd’hui occupé par le brodeur Pascal Jaouen.

« La maison de la demoiselle Porquier est en vente ! »

« Nous cherchions un local à Quimper pour exposer ces faïences », rappelle Bernard Verlingue. Il aurait été stupide de les mettre dans des cartons. Les célébrations du tricentenaire (1990) relancent l’intérêt pour la faïence de Quimper. Nous avons eu un projet avec le centre d’art contemporain qui venait d’être créé par Marc Bécam. » Les élections municipales, perdues par Marc Bécam, feront capoter le projet. C’est Jean-Louis Léonus, ancien directeur technique de HB Henriot, qui trouve la solution en 1990. « Il habitait dans un appartement, juste en face de Locmaria, sur la rive droite de l’Odet. Il nous alerte : la maison de la demoiselle Porquier est en vente ! » Le bâtiment a perdu sa toiture depuis l’ouragan de 1987 mais il est idéalement placé. Juste à côté de la faïencerie HB Henriot. La maison, avec son petit atelier attenant, est achetée en août. « Le temps était compté. Nous voulions ouvrir le musée en juin 1991, juste avant la saison. »

La tour fait causer

La course contre la montre est lancée. L’architecte quimpérois Javier Moron dessine le musée. Le chantier est confié à l’entreprise Joncour. « Les travaux ont débuté en novembre 1990. Les murs de la maison ont été conservés. » L’ensemble est une réussite. Une paroi entièrement vitrée, côté cour, permet au musée de « respirer ». Un palmier, qui a résisté à l’ouragan, doit être arraché. « J’ai insisté pour qu’un autre soit replanté. » L’arbre exotique prospère toujours, protégé par le doux air de l’Odet. Seul petit point d’interrogation, la tour imaginée par l’architecte (occupée aujourd’hui par la styliste Rachel Le Gall). « Des voisins ont perdu la vue sur l’Odet… » L’édifice circulaire, provoque des interrogations. Mais la tour est la signature du musée. Vingt-cinq ans après, le verdict est sans appel. Dans un environnement architectural disparate, le Musée de la faïence est l’un des points forts du quartier.

Les polémiques évitées

En juin 1991, le Musée de la faïence Jules Verlingue, du nom du père de Jean-Yves Verlingue, est inauguré. C’est le début de l’aventure. La première exposition est consacrée aux Vierges et saints en faïence de Quimper, à partir du travail de Laurent Cahn. À partir de la troisième année, le musée édite un catalogue pour ses expositions temporaires qui sont autant d’événements. En 1993, exposition sur les Seiz Breur. « Le sujet était un peu sulfureux en raison de l’attitude de certains de ses membres pendant l’Occupation. » Pas de polémique cependant. Comme il n’y en aura pas à propos de l’Exposition coloniale malgré des faïences (d’époque) ouvertement racistes. À chaque fois, Bernard Verlingue prend soin d’expliquer le contexte, sans l’excuser. « Je n’ai pas pratiqué l’auto-censure. »

Si Locmaria embellit…

Quel avenir pour le plus grand musée mondial de la faïence de Quimper ? Bernard Verlingue, 65 ans, est serein. L’équilibre financier semble durablement assuré. Malgré tout, compte-tenu de ses faibles moyens, le musée ne peut mener une politique d’acquisition. Lors des expositions temporaires, des pièces sont prêtées par des collectionneurs. Après avoir subi une érosion importante, le nombre des visiteurs s’est stabilisé. « On comptait 20 000 entrées les premières années. Aujourd’hui, cela tourne autour de 8 000-9 000 visiteurs d’avril à septembre. »
Bernard Verlingue sait que le musée dépend aussi de la vie du quartier. Depuis quelques années, Locmaria embellit. D’autres projets vont aboutir. Rendez-vous dans 25 ans.

Musée de la faïence. 14, rue Jean-Baptiste-Bousquet.

Jean-Pierre LE CARROU

Publié le 01/06/2016 – © Ouest-France

Ils sont au collège et découvrent la faïence (Ouest-France)

Verlingue

Photo : Jeudi après-midi, les collégiens ont visité le musée de la Faïence. |

Depuis le début de la semaine, le musée de la Faïence accueille les jeunes lauréats d’un concours. Ils vont décorer une assiette.

Camille a 11 ans. Elle vient de Pleudihen-sur-Rance (Côtes-d’Armor). Jeudi après-midi, elle s’applique à reproduire le dessin qui lui a permis d’être une des lauréates du concours académique « Horizon mer ».

Avant de s’installer dans la petite salle du musée de la Faïence avec neuf autres gagnants venus du Finistère, des Côtes-d’Armor et d’Ille-et-Vilaine, elle a visité le musée et, à deux pas, la faïencerie Henriot-Quimper.

Comme Faustine, Chloé, Aloïs, Léo, Oriane, Maëlys, Marie, Evan et Cléa, elle a pu suivre quelques-unes des étapes de la fabrication d’une faïence. Démoulage, décoration. « Mes grands-parents ont des faïences de Quimper. Ils apprécient les motifs floraux, poursuit l’élève de 6e. C’est la première fois que je peux voir la fabrication. J’apprécie les couleurs, les détails… »

Bernard Verlingue, conservateur du musée, et Catherine Pequin, conseillère à l’action culturelle auprès du recteur, conseillent le petit groupe. « Il y a deux ans, le concours portait sur la Grande Guerre », note Catherine Pequin.

Cette année, les lauréats viennent aussi bien de terminale que de sixième. Ils ont été 500 à participer au concours académique. L’objectif est de mettre en valeur une approche artistique originale qui prend appui sur un savoir-faire spécifique.

Pour ces collégiens, la faïence de Quimper ne sera plus un art abstrait. D’autant qu’ils repartiront chacun avec une assiette décorée, une fois qu’elle sera passée au four. Avant une exposition, en juin, à Saint-Malo.

Publié le 02/05/2016 – © Ouest-France

Des assiettes de faïence réalisées par des lycéens (le télégramme)


Quimper. Des assiettes de faïence réalisées par… par Letelegramme

Les 20 finalistes, 10 lycéens et 10 collégiens, du concours académique de faïences artistiques organisé sur le thème « Horizon Mer » sont accueillis durant trois jours au musée de la faïence de Quimper.

Après une visite des faïenceries Henriot, les élèves passent à la réalisation d’assiettes de faïence à partir de leur dessin dans l’atelier de Bernard Verlingue.

Publié le 27 avril 2016 © Le Télégramme

Exposition. Hommage aux femmes à Quimper (le télégramme)

Exposition du Musée et de la Faïence de Quimper 2016 - Les femmes et les enfants d'abord...

Bernard Verlingue, responsable du musée de la Faïence

« Les femmes et les enfants d’abord » est le titre de la nouvelle exposition temporaire présentée au Musée de la Faïence quimpérois où plus de 200 statuettes et plats rendent hommage à la femme, à la mère. Les productions religieuses ont au fil du temps laissé la place à de nombreux décors où figurent femmes et enfants dans des scènes de la vie quotidienne. Des artistes tels que Georges Allier (Kéraluc) Armel Beaufils (Quimper Henriot), René-Yves et Suzanne Creston mais aussi Géo-Fourrier, Quillivic, Berthe de Savigny, Sévellec ou Méheut. Tous les instants de la vie sont évoqués, depuis les premières relations mère-enfant, en passant par les jeux, le travail ou les liens avec les aïeuls. Plus récemment, des artistes comme Bel Delecourt ou Marjatta Taburet ont été sensibles au sujet de la maternité et ont su restituer la douceur et la tendresse exprimées par ces visages féminins. Un joli catalogue accompagne l’exposition.
Au Musée de la Faïence, à Quimper, du lundi au samedi de 10 h à 18 h, jusqu’au 30 septembre. 02.98.90.12.72.

le 25 avril 2016 © Le Télégramme

Les femmes embellissent le Musée de la faïence (Ouest-France)

Exposition du Musée et de la Faïence de Quimper 2016 - Les femmes et les enfants d'abord...

« Barr avel (coup de vent) », René-Yves Creston, Henriot, en haut. « Itron Varia Breiz Izel », Robert Micheau-Vernez, en bas. « Bigoudène et son enfant », Emile-Just Bachelet, à droite | Ouest-France

L’exposition temporaire est consacrée, cette année, aux femmes et aux enfants. Dans un monde de brutes, fraîcheur et élégance des silhouettes réconfortent le visiteur.

Les femmes et les enfants d’abord… Il faut lire le titre de l’exposition temporaire du Musée de la faïence de Quimper (Finistère) avec attention. Ici, le point d’exclamation a été remplacé par des points de suspension. Pas de risque de naufrage donc, mais une promenade dans un univers où les femmes et les enfants sont les stars.
Tous les sentiments
Les dizaines de pièces rassemblées par Bernard Verlingue, conservateur du musée, illustrent toute la palette des sentiments. Grand-mère au visage peu aimable tenant une petite fille par la main. Maman élégante et tendre donnant un câlin à son bébé. Les artistes ont su saisir les instants du quotidien. La gravité n’est jamais loin lorsque René-Yves Creston fige, avec élégance, la silhouette d’une Ouessantine, comme marquée par le destin, les plis de sa robe pris dans la bourrasque.
Menacé d’excommunication
Les pièces sont de toutes tailles. Les miniatures, parfois cocasses, méritent qu’on s’y penche. Le buste grandeur nature d’une jeune femme, œuvre de Jules-Charles Le Bozec, impose la gravité du modèle, belle sans coquetterie. Ici, le costume breton n’est pas un accessoire anachronique. Il donne aussi l’âme d’un pays.
Art populaire
La faïence est un art populaire. À côté des pièces d’artistes, on découvre des clins d’œil, parfois aussi des faïences publicitaires. « Qui oserait aujourd’hui proposer un cendrier Elixir d’Armorique décoré d’une maman et de son enfant ? », rigole Bernard Verlingue. Moins anecdotique, la Vierge dans une magnifique robe bleu cobalt imaginée par Robert Micheau-Vernez.
Un Jésus qui joue du biniou
Dans ses bras, un Jésus qui joue du biniou. Rien de blasphématoire dans l’intention de l’artiste. « Oui, mais l’évêque de l’époque (les années 40) n’a pas du tout apprécié. Il a menacé Jules Henriot, le faïencier, d’excommunication »
, rapporte Bernard Verlingue. La production a été interrompue. Reste cette Vierge mystérieuse.
Dès le 18 avril
À partir du 18 avril, Les femmes et les enfants d’abord…, au Musée de la faïence, 14, rue Jean-Baptiste Bousquet, à Quimper.

Jean-Pierre LE CARROU

le 06/04/2016 © Ouest-France