L’artiste auxerrois Enrique Marin s’en est allé (L’Yonne Républicaine).

Enrique Marin
Enrique Marin, dans son atelier de la rue Leboeuf à Auxerre. Photo Florian Salesse.

L’artiste auxerrois s’est éteint hier soir à 84 ans. Il laisse une œuvre riche, marquée par la multiplicité de ses talents et son imagination poétique.

« Je ne dis pas que ce que j’ai fait est intéressant, mais que, toute ma vie, j’ai fait ce qui m’intéressait ». Humble, à l’approche de la mort, Enrique Marin était serein et sans regrets. Hospitalisé à la polyclinique d’Auxerre depuis plusieurs semaines, il s’y est éteint dimanche soir.

Ancré au bord de l’Yonne depuis 1977, l’artiste auxerrois était né au bord du Gualdaquivir, à Séville, le 15 décembre 1935. Et toute sa vie, bien qu’il ait quitté l’Espagne en 1958, il conservera un accent chaleureux et chantant dont ce séducteur impénitent connaissait le charme. Le jeune Andalou, après l’École des arts et métiers de Séville, intègre les Beaux-Arts de Paris où il présente sa première exposition de dessins en 1962. Excellent graveur, il est invité par le CEDAC à venir animer des stages à Auxerre. Il ne quittera bientôt plus la préfecture de l’Yonne, tombant amoureux d’une maison de chanoine, au pied de la cathédrale.

Travailleur infatigable, jusqu’aux derniers jours, il traversera son jardin pour se rendre dans son petit atelier, toujours bien rangé. Là, il peint, dessine, colle, sculpte, grave. Tous les moyens d’expression sont bons pour ce créateur insatiable qui va même réaliser un jardin andalou en Bretagne, région de son épouse et muse, surnommée affectueusement « pequeña » (petite en espagnol,ndlr), avec laquelle il a eu deux enfants.

Siècle d’Or espagnol, surréalistes et Botero

Au début, inspiré par la réalité sociale sombre de son pays natal, l’artiste s’invente peu à peu un univers peuplé de femmes et de pantins, d’hommes masqués ou coiffés d’entonnoirs. Un imaginaire poétique de plus en plus onirique. Parce que ses hommes portaient des petits chapeaux melon, on l’a souvent associé aux surréalistes, mais la croupe et les cuisses de ses femmes évoquent pour d’autres Botero. La sensualité de l’artiste éclate tout particulièrement dans ses sculptures où la générosité des formes le dispute à la douceur du bronze patiné. Enrique Marin, lui, revendiquait pour maîtres les grands artistes du Siècle d’Or espagnol. Et toreros, picadors et taureaux l’inspireront toujours.

Exposé un peu partout dans le monde et notamment en Europe, au Canada et au Japon, Enrique Marin était fier des grandes rétrospectives que les musées de Sens et Auxerre lui avaient consacrées. Sa dernière exposition dans l’Yonne, qu’il avait préparée avec sa rigoureuse minutie, a eu lieu l’été 2018 à la métairie Bruyère à Parly, en Puisaye.

Mais même s’ils ne fréquentent pas les musées, tous les Icaunais connaissent, peut-être sans le savoir, Enrique Marin. À Sens, un de ses puissants chevaux de bronze se cabre devant les promeneurs du jardin de l’Orangerie. À Auxerre, un de ses pantins désarticulés et colorés danse sur la façade de la bibliothèque municipale.

Les obsèques d’Enrique Marin seront célébrées samedi 15 février, à 10 h 30, au crématorium d’Auxerre.

Publié le 10 février 2020 par Isabelle Gautier – L’Yonne Républicaine ©


Enrique Marin

catalogue 2001

  • 2001 – Enrique Marin

    (catalogue de l’exposition – 2 Avril au 27 octobre 2001)

    (Bernard Jules VERLINGUE)

    Catalogue de l’exposition consacrée à l’artiste contemporain d’origine espagnole en 2001. L’ouvrage retrace les productions picturales et sculpturales de l’artiste à travers ses thèmes de prédilection : l’Espagne, le monde de l’enfance, les animaux, les femmes…

    29,7 x 21 cm90 pages – ISBN 2-914009-05-4 – tarif 10 €

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Bulletin d’information de l’association n°14 Mars 2001

Enrique Marin

Brochure de 12 pages (noir et blanc, paginé) – ISBN 2-914009-06-02

Sommaire :

  • Éditorial & Actualités (p 1).
  • La mucoviscidoseProfesseur Claude FEREC (p 2).
  • « PABLO » sculpture d’Enrique MARIN (p 3).
  • Chambre de Commerce et d’Industrie de Quimper CornouailleThierry ACQUITTER (p 4 à 6).
  • Les marques au XVIIIème siècleChristian de La HUBAUDIÈRE (p 7 à 8).
  • Le JouetRobert CLÉVIER (p 9).
  • Des lettres sur la faïenceGeorges CONSTANTY, Jacques DUVET et Bernard Jules VERLINGUE (p 10).

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Bulletin d’information de l’association n°10 Janvier 1999

Giot

Brochure de 16 pages (noir et blanc, paginé) – ISBN 2-95 10170-8-1

Sommaire :

  • Éditorial & Actualités (p 1).
  • Remarques sur un choix bien cornélienGuy PERRIER (p 2 à 3).
  • Quimper : La rançon de la gloire (le marché de la céramique de Quimper)Jacques GLERANT (p 4 à 9).
  • Les éditions du Musée de la Faïence – Enrique MARIN la « Fiancée Bretonne »Bernard Jules VERLINGUE (p 10 à 11).
  • Les éditions du Musée de la Faïence – Alexander GOUDIE « Paysan dans un champ de blé » (p 12).
  • Marc-Antoine RUZETTE nous communique ceci : (marques PB et AP par Alfred Beau & Madame veuve Adolphe Porquier) Marc-Antoine RUZETTE (p 13 à 16).

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