Samedi, vos faïences livrent leurs secrets (Ouest-France).

Cette année encore, il y aura du monde à la matinée d’estimation de la faïence de Quimper. Bernard Verlingue, conservateur du Musée de la faïence à Quimper (Finistère), analyse le phénomène.

Entretien avec…

Bernard Verlingue, conservateur du Musée de la faïence.

Matinée d'estimation au Musée de la Faïence de Quimper 2017.

Moment fatidique, Bernard Verlingue va rendre son estimation (Photo Ouest-France).

Samedi, le hall du musée va se remplir de plusieurs dizaines de personnes portant sacs et cartons. Avec à l’intérieur de la faïence de Quimper. C’est le moment de vérité ? Tous les étés, j’organise cette estimation parce qu’il y a une demande. Cette année, nous sommes déjà assaillis d’appels depuis plusieurs jours. Certains veulent même amener des meubles !

Combien ça vaut, c’est l’unique question que vous entendez ce jour-là ? Bien sûr, la question est toujours sous-jacente (Bernard Verlingue se lisse la moustache). La faïence a, au moins, une valeur sentimentale. C’est ce que je dis pour consoler les personnes déçues par l’estimation que je fais.

Le Quimper ne vaut plus ce qu’il a valu ? Dans les années 1990-2000, les prix ont grimpé en flèche. On avait fêté le tricentenaire de la faïence de Quimper. Le taux du dollar était favorable aux Américains. Il y a eu une petite bulle spéculative. Je me souviens d’un Américain qui avait acheté quatre assiettes Porquier, 45 000 francs chacune. Ça flambait ! La dernière vente à Morlaix a vu des assiettes de ce style partir à 300 – 400 € chacune. Aujourd’hui, on peut se constituer une très jolie collection à des prix raisonnables.

Des faïences à plusieurs milliers d’euros, ça n’existe plus ? Si bien sûr ! Mais ce sont des pièces spécifiques qui correspondent sans doute au goût contemporain.

Comment expliquer le succès de cette matinée ? On vient uniquement pour évaluer la valeur d’un bien ? Il s’agit parfois d’une succession à la suite d’un décès. Les enfants héritent de plusieurs faïences. S’il y a partage dans la famille, il faut en connaître la valeur pour que ce soit fait équitablement. L’argent n’est pas toujours la motivation. Je me souviens d’une dame me présentant une pièce rare, présentant quelques petits défauts, rien de grave. Elle voulait me montrer cette faïence « avant de la mettre à la poubelle ». Je lui ai tout de suite demandé l’adresse de sa poubelle !

Le plaisir de la découverte reste intact ? Quel bonheur de découvrir une pièce que je n’ai jamais vue ! Ou seulement en photo. C’est l’occasion d’en savoir davantage. Ces trois heures passent très vite !

Publié le 10/08/2017 par Jean-Pierre LE CARROU –  © Ouest-France.

Place au Mexique au musée de la faïence (Ouest-France).

Cette année, des élèves du lycée de Cornouaille de Quimper (Finistère) ont fait dialoguer cultures bretonne et mexicaine. Ils exposent durant le festival.

Mexique au musée de la faïence de Quimper

Karine Baron, du CDI du lycée de Cornouaille, Anne Pennanguer, enseignante d’espagnol, et Bernard Verlingue présentent les réalisations des élèves dans le musée de la faïence de Quimper (Finistère). Photo Ouest-France.

Apprendre en s’amusant, s’amuser en découvrant : c’est toute la philosophie que cultive l’enseignante Anne Pennanguer, au lycée de Cornouaille. Depuis quatre ans, durant son cours d’euro-espagnol auprès des secondes, les échanges culturels et les activités manuelles ont louvoyé entre conjugaison et vocabulaire. « À quoi bon faire de la grammaire toute la journée ! Mes élèves ne resteraient pas en place ! »
Cette année, c’est dans la faïence que les trente élèves ont trouvé les liens de parenté entre Bretagne et Mexique. « Il y a beaucoup de similitudes entre nos cultures. »

Le centre de documentation et d’information (CDI) accompagne les secondes dans la réalisation de panneaux de présentation bilingues français et espagnol, tandis que certaines heures de classe sont dédiées à l’esquisse de quatre modèles de faïence. Avec la satisfaction, une fois l’année terminée, d’être exposé au musée de la faïence le temps du festival de Cornouaille. « Ils ont tout dessiné puis ont participé à certaines étapes de la réalisation des pots avec la céramiste Delphine Baumgartner. »

Exposition Céramiques d’hier et d’aujourd’hui : Bretagne-Amérique du Sud, identités croisées, créations intemporelles, au musée de la faïence, à Locmaria, du 18 au 23 juillet.

Publié le 18/07/2017 – © Ouest-France.

La faïencerie met le labeur en relief (Ouest-France).

Jusqu’au 30 septembre, le musée de la faïence propose « Armor Argoat, la Bretagne au travail », une exposition riche de 310 représentations.

Exposition thématique de l'année 2017.

Bernard Verlingue, directeur du musée de la faïence, ouvre ses portes aux créations menées autour du travail.

Les gens d’ici

L’exposition « Armor Argoat, la Bretagne au travail » donne à voir 310 pièces collectées, au musée de la faïence, jusqu’au 30 septembre prochain.

Du XIXe à nos jours, le travail en mer, et sur terre, a inspiré des créations prolifiques.

Avec pour dominantes les manufactures HB & Henriot et Porquier-Beau, les faïenceries de Quimper ont largement vu la notion de travail insuffler les productions artistiques. Le grand nombre d’auteurs exposés va permettre de découvrir une vision du travail parfois très localisée, ou même très personnelle. Quand l’un tend à évoquer l’éreintement, l’autre focalise son dessin sur le pain, ou autrement encore sur une sorte de repos de guerrier.

Méheut, Moal, Goudie…

« Armor argoat, c’est, en français, la mer et la terre éclaire Bernard Verlingue, le directeur du musée. L’une et l’autre vont nourrir des travailleurs en tous genres à travers les âges » et littéralement « apporter le pain aux bouches » analyse-t-il, ajoutant que « c’est ce travail-là qui est exposé, celui qui paye ».

L’expert en faïencerie vous guide dans une caractérisation intrinsèque à chaque artiste et à chaque pièce, dont le détail ne manque parfois pas de sel.

Scènes de vie d’antan

Du naturalisme des années 20 par Mathurin Méheut, à la réalité d’une bigoudène apportant le casse-croûte à l’heure de l’embarquement par George Renaud, on plonge dans des scènes de vie ayant largement alimenté les productions de céramistes. Plusieurs artistes contemporains posent le ton des années que nous vivons. À l’instar de Paul Bloas, signant distinctement un lamaneur dont il décrit le travail dans une fiche explicative, ou encore de Paul Moal, aussi incontournable pour ses oeuvres que pour un passé d’équipier de chalutier. Mais c’est dans une approche thématique que le musée de la faïence nous fait traverser les âges du travail. Marins d’État, filets et outils de pêche par René-Yves Creston, Henri Bouchard ou Jos Kervella. Débarquement du poisson par Mathurin Méheut et Alexander Goudie…

Le même Alexander Goudie, tout comme Georges Robin ou Robert Micheau-Vernez, se sont aussi tournés vers la période des récoltes. À côté, il y a de la place pour le tailleur et les fileuses, de quoi mettre en vitrine les métiers de la broderie. Dans le thème « Foires et marchés » on trouve, entre le marchand de veau et le marchand de cochon, le médecin de ville et le joueur de bonneteau.

De quoi embarquer le spectateur dans une atmosphère d’antan, avec un attroupement de métiers hétéroclites sur place publique. Gendarme, ramoneur, laitière, curé, bistrotier… Si ces métiers ont nourri les bouches de ceux qui les pratiquaient, ils ont aussi alimenté l’histoire de la faïencerie.

Jusqu’au 30 septembre, exposition temporaire Armor Argoat, la Bretagne au travail, visites guidées tous les samedis, à 15 h.

Publié le 13/07/2017 – © Ouest-France

Pêcheurs, lavandières et ramasseurs de goémon en faïence (Ouest-France)

Du 18 avril au 30 septembre, le Musée de la faïence de Quimper (Finistère) consacre son exposition temporaire à la représentation du travail. Chaque époque, chaque artiste offrent des visions différentes.

René-Yves Creston

L’homme au filet, de René-Yves Creston, présenté par Bernard Verlingue (Jean-Pierre Le Carrou).

La valeur travail. C’est un des thèmes qui a animé la campagne présidentielle. C’est aussi le sujet retenu cette année par Bernard Verlingue, conservateur du Musée de la faïence de Quimper(Finistère), pour l’exposition temporaire 2017. L’exposition brasse les années et les artistes, passe des côtes (Armor) à la campagne (Argoat). « Cette année, l’exposition temporaire présente 310 pièces, soit cent de plus par rapport à l’an dernier. » Et quand on lui demande comment il a sélectionné les faïences exposées, Bernard Verlingue répond avec gourmandise : « Je n’ai pas choisi. »

Travailleurs alanguis

Il a bien fallu le faire, cependant, tant le labeur a inspiré le travail des artistes. Logique : sur une partie des époques couvertes par l’exposition, les loisirs n’existaient pas ! Et pourtant, en observant les pièces de décoration fabriquées par la faïencerie Porquier, vers 1875, on voit surtout des travailleurs et travailleuses alangui(e) s, prenant du bon temps, allongés au bord d’une rivière. Vision bucolique. Les lavandières courbées sur leur dur labeur ramènent à la réalité de l’époque.

Le travail des pêcheurs, des ramasseurs de goémons, tout le petit monde du bord de mer est figuré avec réalisme. L’effort, le courage face aux éléments priment sur le reste. Visage altier d’une goémonière saisi par Alexander Goudie (1998). Lutte contre les vagues pour ramener une bouée au rivage saisie par Charles Maillard. Surprise, il s’agit d’une lampe décorative. Un peu plus loin, le pêcheur au filet de René-Yves Creston, le mouvement de son corps, traduit toute la dureté de la pêche au large.

Des bonheurs et trois « erreurs »

Dans chaque vitrine se cache au moins un bonheur. Et quelques erreurs, glissées volontairement par le facétieux Bernard Verlingue. Trois oeuvres ne représentent pas des paysages bretons. Mais toutes sont issues des faïenceries de Quimper.

Publié le 17/04/2017 par Jean-Pierre Le Carrou – © Ouest-France

Le décès de la céramiste Bel Delecourt (Ouest-France)

L’artiste céramiste Isabelle Delecourt, dite Bel Delecourt, s’est éteinte à Rennes le 9 mars, à l’âge de 101 ans. Née en 1915 à Bourges, elle s’installe à Quimper en 1946 et suit les cours du soir à l’école des Beaux-arts. Pendant trente ans, elle a travaillé à la faïencerie Henriot.

Isabelle Delecourt

Bel Delecourt, en décembre 2013, de retour à la faïencerie Henriot où elle a travaillé pendant trente ans. | Archives Ouest-France

La femme, la maternité, le costume breton : ce sont les thèmes de prédilection de l’artiste céramiste Bel Delecourt.

En 1946, elle entre à l’école des Beaux-arts de Quimper (Finistère). Dès l’année suivante, elle expose à Nantes des statuettes modelées puis une crèche de Noël avec tous les personnages.

Elle ne cessera plus de travailler, d’exposer : « Qu’y a-t-il de plus beau que de vivre de ses créations ? » disait-elle en 2011 à l’occasion d’une exposition de ses œuvres au musée départemental breton, à Quimper.

Elle a créé une Maternité pour Nestlé, qui ornera bien des pharmacies, a réalisé des panneaux muraux pour des cliniques, des cinémas, des lycées…

Dans les années 70, son art évolue vers plus de simplicité, vers des formes presque abstraites. En 2004, elle présente son dernier service édité par la manufacture HB Henriot, Les Ondines.

Ses obsèques ont été célébrées ce mardi 14 mars en la cathédrale Saint-Corentin de Quimper.

14/03/2017 © Ouest-France.