Le décès de la céramiste Bel Delecourt (Ouest-France)

L’artiste céramiste Isabelle Delecourt, dite Bel Delecourt, s’est éteinte à Rennes le 9 mars, à l’âge de 101 ans. Née en 1915 à Bourges, elle s’installe à Quimper en 1946 et suit les cours du soir à l’école des Beaux-arts. Pendant trente ans, elle a travaillé à la faïencerie Henriot.

Isabelle Delecourt

Bel Delecourt, en décembre 2013, de retour à la faïencerie Henriot où elle a travaillé pendant trente ans. | Archives Ouest-France

La femme, la maternité, le costume breton : ce sont les thèmes de prédilection de l’artiste céramiste Bel Delecourt.

En 1946, elle entre à l’école des Beaux-arts de Quimper (Finistère). Dès l’année suivante, elle expose à Nantes des statuettes modelées puis une crèche de Noël avec tous les personnages.

Elle ne cessera plus de travailler, d’exposer : « Qu’y a-t-il de plus beau que de vivre de ses créations ? » disait-elle en 2011 à l’occasion d’une exposition de ses œuvres au musée départemental breton, à Quimper.

Elle a créé une Maternité pour Nestlé, qui ornera bien des pharmacies, a réalisé des panneaux muraux pour des cliniques, des cinémas, des lycées…

Dans les années 70, son art évolue vers plus de simplicité, vers des formes presque abstraites. En 2004, elle présente son dernier service édité par la manufacture HB Henriot, Les Ondines.

Ses obsèques ont été célébrées ce mardi 14 mars en la cathédrale Saint-Corentin de Quimper.

14/03/2017 © Ouest-France.

Gazette des Amis du Musée & de la Faïence n°40 1er semestre 2017

Robert Micheau-Vernez

Brochure de 16 pages (couleur, paginé) – ISSN 2260-2844

Sommaire :

  • ÉditorialLe conseil d’administration (p 1).
  • Robert Micheau-Vernez – Les petites statuettes et le costume breton 2de partie – Guenhaël le MOING (p 2 à 12).
  • Michel Pennanguer – Représentant multicartes chez Henriot de 1914 à 1934 Anne PENNANGUER (p 13 à 15).
  • Terres Sacrées –  Site internet (p 15).
  • Connaissez-vous les Marion ? Daniel GEORGES (p 16).

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Bernard Verlingue incarne la faïence de Quimper (Ouest-France)

Cet été, il a célébré les 25 ans du Musée de la faïence dont il est le conservateur. Bernard Verlingue est un expert reconnu à Quimper. Il revient sur les étapes de sa vie.

« Jules Verlingue était inspecteur des impôts dans le Nord, rapporte Bernard Verlingue, conservateur du musée de la faïence à Quimper (Finistère). En 1903, il crée une faïencerie à Boulogne-sur-Mer. Peut-être en hommage à Louis-Marie Verlingue, le premier de la famille à créer une faïencerie. C’était à Boulogne en 1771. À l’époque, on y fabriquait de la vaisselle toute simple.

Le Bozec

Bernard Verlingue : « Une vie sans la faïence ne serait pas une vie … »

Jules dirige la faïencerie jusqu’en 1913. Un incendie ravage l’usine. Mon grand-père est mal assuré. Il doit vendre l’entreprise. Dès 1914, il achète la faïencerie HB à Quimper. C’est le début de l’aventure des Verlingue à Quimper. Mon second prénom, Jules, est un hommage à ce grand-père que je n’ai jamais connu ».

« Je serai faïencier »

« Je serai faïencier quand je serai grand. Cette phrase, je l’ai prononcée à quatre ans. Mon père m’avait fait visiter la faïencerie Henriot. J’ai voulu raconter tout ce que j’avais vu à ma mère. Je n’ai jamais changé d’idée. »

Il se forme

Bernard Verlingue se forme, occupe des postes à responsabilités dans d’autres faïenceries de France. Il revient ensuite à Quimper, chez HB Henriot en tant que directeur technique. Avant de devenir conservateur du Musée de la faïence qu’il a créé.

« J’ai atteint l’âge de la retraite. Je prends un peu plus mon temps. Mais, pour moi, une vie sans la faïence, ce ne serait pas vraiment une vie ».

28/12/2016 © Ouest-France.

La fresque de l’Armor de Pierre Toulhoat (Côté Quimper)

Le lycée Brizeux abrite un travail remarquable de l’artiste quimpérois Pierre Toulhoat. Il s’agit d’une immense fresque de faïence sur le thème de la mer.

Le lycée Brizeux

La fresque comprend une multitude de détails.

Au début des années 1960, l’architecte et urbaniste Raymond Lopez (1904-1966) réalise le nouvel internat des filles du lycée Brizeux. Le long bâtiment occupe la partie haute du parc. Raymond Lopez n’est pas un inconnu. À Brest, on lui doit l’hôpital Morvan (1936) et les tours de Quéliverzan (1954). À Paris, il a travaillé sur le projet des Halles et a participé à la nouvelle gare Montparnasse et sa tour…

Deux commandes

À Mantes-la-Jolie, il réhabilite le centre historique, construit une bibliothèque et les 8 000 logements du Val Fourré. Raymond Lopez est donc un architecte en vue lorsqu’il débarque à la gare de Quimper. Là, dans le hall des pas perdus, il remarque tout de suite les bas-reliefs de Pierre Toulhoat. Dix grands panneaux de 50 cm sur 1 m racontant sur le haut des piliers des « choses et gens de ce pays ». C’était avant la rénovation de la gare en 1991. Raymond Lopez a un coup de cœur pour l’artiste quimpérois. Il demande aussitôt à le rencontrer.

Raymond Lopez commande deux fresques de faïence à Pierre Toulhoat pour décorer le nouveau bâtiment du lycée Brizeux. L’une, l’Armor, consacrée au monde marin ; l’autre, l’Argoat, dédiée à la terre. Mer et Terre inspirent avec bonheur le Quimpérois. Chaque fresque se compose de morceaux de faïence réalisés dans les sous-sols de la faïencerie Keraluc. Seule la fresque de l’Armor sera mise en place. L’installation d’un bar empêchera la pose de la fresque Argoat qui attendra pendant 17 ans avant d’être achetée par le Frac et installée à Rennes.

Légende et vie quotidienne.

La fresque Armor raconte sur 8 mètres de long et 2,30 mètres de haut une histoire où imaginaire, événements historiques et vie quotidienne se mêlent. Embarquement immédiat dans le monde marin de Pierre Toulhoat. La scène se lit de gauche à droite et débute avec la disparition de la ville d’Ys sous les yeux de Gradlon, qui, impuissant, voit sa fille Dahut transformée en sirène. Saint Guénolé épaule Gradlon. Puis, c’est un saint irlandais tenant sa crosse et sa bible qui traverse la Manche dans une auge de pierre. Il s’apprête à dépasser un fier drakkar viking toute voile déployée.

Arrive le port et son activité débordante. Dans leur canot, des caseyeurs s’en vont noyer leurs casiers sous le regard de quelques oiseaux gourmands. Sur un fileyeur, l’équipage a fini de tendre les filets. Certains s’occupent des caisses de poissons tandis qu’à l’avant, on se prépare à l’amarrage. Au premier plan au centre, les charpentiers de la mer sont à la tâche maniant sur le quai l’herminette et le vilebrequin. La scène s’achève avec le débarquement du poisson, sur le quai, un pompon rouge évoque la Marine nationale. Avec détails et poésie, Toulhoat propose une navigation artistique réjouissante.

24/10/2016 © Côté Quimper (photo : Florence de Massol).

Les 25 ans du Musée de la faïence (Côté Quimper)

Situé dans le quartier de Locmaria, le Musée de la faïence abrite plus de 3 100 pièces dans un bâtiment autrefois occupé par la maison Porquier.

construction du musée de la faïence de Quimper

Les travaux ont duré huit mois.

Les travaux ont duré huit mois.

Il y a 25 ans, dans l’engouement du tricentenaire de la faïencerie quimpéroise, est née l’idée de présenter, dans une collection unique, l’Histoire des faïenceries des origines à nos jours. L’idée du Musée devient une évidence. La famille Verlingue est propriétaire d’un fonds exceptionnel d’archives et de pièces. La volonté de conserver cet ensemble se conjugue à l’envie de le partager avec le public. Après les recherches infructueuses d’un lieu en centre-ville, un projet d’intégration au nouveau centre contemporain du Quartier va capoter. La maison Porquier (ancienne faïencerie) est providentiellement mise en vente. Ce lieu s’impose comme une évidence.

Le chantier débute en 1990.

Un jeune architecte tout juste arrivé d’Espagne est choisi. Javier Moron imagine le bâtiment tandis que les plans d’exécution sont confiés à l’architecte quimpérois Hervé Troprès.

Débuté en 1990, le chantier est rondement mené. Les Quimpérois suivent, de la rive du Cap Horn, l’avancée des travaux, parfois avec quelques inquiétudes relayées par la presse. Le choix de la brique n’est pas bien compris, la rondeur de la tour exacerbe les plus critiques. En fait, la tour répond à la nécessité d’avoir un magasin. La brique et la rondeur évoquent le four d’une faïencerie et la forme répond au Chœur roman de l’église toute proche de Locmaria.

Huit mois de travaux.

Les anciens bâtiments de la faïencerie Porquier sont conservés, les ateliers sont remontés. En seulement huit mois, le chantier est livré ! L’ensemble lumineux et fonctionnel s’ancre dans le paysage. L’inauguration a lieu le 18 juin 1991 en présence de Per Jakez Hélias qui sera un grand fidèle du Musée.

Les 3 184 pièces proviennent des faïenceries Porquier, Henriot et Hb. Le musée raconte les origines, avec l’arrivée d’un Marseillais, puis d’un Nivernais, suivi d’un Rouennais. Les motifs et les techniques vont s’amalgamer pour donner la faïence d’aujourd’hui et des histoires à découvrir à travers les très belles expositions thématiques du musée.

24/09/2016 – © Côté Quimper