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- 1995 – Artistes et traditions.
- 1994 – Léonardi.
- 1993 – Ar Seiz Breur.
- 1992 – Odetta.
- 1991 – Vierges et Saints.
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Le conservateur, Bernard Verlingue, montre une jeune Bigoudène et son dessin préparatoire réalisés par Émile Just-Bachelet.
C’est une faïence atypique, aux angles assez vifs, à l’allure cubiste, au coeur de l’exposition « Les femmes et les enfants d’abord ». Une Bigoudène à l’enfant. Elle est signée Émile Just-Bachelet (1892-1981). « Ce sculpteur nancéien est venu chez Henriot par l’intermédiaire de Mathurin Méheut, à l’occasion de l’exposition internationale des arts décoratifs de 1925 à Paris », indique Bernard Verlingue, le conservateur du Musée de la faïence. « Il avait réalisé un certain nombre de modèles pour l’exposition qui, pour l’essentiel, n’ont pas été présentés au Pavillon de Bretagne puisque le sculpteur était Lorrain ! On sait tout de même qu’il y a eu quelques détournements : deux, trois pièces y ont été montrées mais on s’était bien gardé de préciser qu’il était originaire de Nancy ! », s’amuse le directeur du musée, la moustache souriante. La Bigoudène à l’enfant lui a été prêtée par un collectionneur belge. « Il est allé la chercher en Hongrie, via internet. Comme quoi, la faïence de Quimper voyage ! », relate Bernard Verlingue. Bachelet représente la famille à travers les âges. Outre la Bigoudène à l’enfant, il met en scène des personnages plus âgés, des marmots dans les bras. « En faïence de Quimper, il y a un truc curieux et récurrent : les hommes sont souvent représentés sous les traits de grands-parents », commente au passage le conservateur. Entre la sculpture cubiste et les figurines en faïence, le visiteur tombe nez à nez avec le portrait d’une jeune femme.
« C’est un peu l’apologie de la Bigoudène et de sa coiffe. Pourquoi l’a-t-il réalisée ? Je ne sais pas ! », glisse le directeur du musée, qui se révèle être le propriétaire de cette faïence.
Le dessin original, aux regard et traits sensiblement différents, est dévoilé à quelques mètres de la faïence. « On tient beaucoup, quand cela est possible, à montrer les dessins préparatoires. Dans la plupart des cas, le dessin était d’abord envoyé aux faïenceries. S’il était accepté, on faisait un plâtre et sur ce plâtre, les empreintes qui devenaient des moules de fabrication », précise le spécialiste. Émile Just-Bachelet a réalisé une vingtaine de modèles pour Henriot, beaucoup de pièces à propos de la Bretagne, comme des marins aux filets… ou cette Bigoudène avec le doigt dans la bouche. Représentation commune ou pas ? « On la retrouve de temps en temps, chez Quillivic par exemple. C’est peut-être un symbole de la sortie de l’enfance, l’expression d’une fausse naïveté, ou un signe de perplexité », s’interroge Bernard Verlingue. Seule certitude, les premières faïences de Bachelet datent des années 1923-1924. D’aucunes lui ont valu une médaille d’or au Salon de 1925. « Et puis il fait partie des artistes de l’entre-deux-guerres que l’on n’a plus revu ensuite ici », conclut le conservateur.
Exposition visible du lundi au samedi, de 10 h à 18 h. Entrée : 4,50 €. Tél. 02.98.90.12.72.
Publié le 19 août 2016 – Bruno Salaün © Le Télégramme
Vase de la grand-mère, cadeau de mariage de maman… Samedi, une quarantaine de personnes ont fait estimer ces biens de famille made in Quimper par le spécialiste Bernard Verlingue.
« Le cadeau de mariage »
« On a vu de belles pièces, moins de pièces ordinaires que les années passées. » À l’issue de près de trois heures d’estimation, pendant lesquelles il a reçu une quarantaine de personnes, samedi, au musée de la Faïence, Bernard Verlingue tire un bilan satisfaisant.

À gauche, la sculpture « Barr Avel », estimée à 3 000 €, cadeau de mariage en 1935, figurera bientôt dans le catalogue d’une vente aux enchères. À droite, en haut, Bernard Verlingue, conservateur du Musée de la Faïence. En bas, Philippe et Martine, le frère et la soeur, comptent mettent en vente les faïences de leurs grands-parents dont ce vase, estimé à 200 €. |
Parmi les plus belles pièces de la matinée, la sculpture Barr Avel de René-Yves Creston. « C’est le cadeau de mariage de ma mère, en 1935, offert par mon parrain », confie la propriétaire.
Cette sculpture, estimée à 3 000 € environ par le conservateur, figurera dans un prochain catalogue de ventes aux enchères. Et qui sait, la Ouessantine traversera peut-être l’Atlantique pour gagner les États-Unis : « Le marché des belles pièces est français mais aussi américain », explique Bernard Verlingue.
« Pas le droit d’approcher »
Martine se souvient des vacances à Loctudy, chez Marie-Jeanne, la grand-mère maternelle : « On n’avait pas le droit d’approcher les faïences ! » Aujourd’hui, elle et son frère ont l’intention de se séparer de ces pièces qui prennent la poussière : « On n’avait aucune idée des prix. »
L’estimation de Bernard Verlingue est la bienvenue pour ces Parisiens en vacances dans la maison familiale. Un vase, « une pièce offerte au grand-père paternel juste avant la Seconde Guerre mondiale », confectionné dans la seconde moitié des années 1930, pourra partir pour 200 € : « On y mettait de l’eau… ou du cidre », sourit Philippe.
« La salière de ma grand-mère »
Cette salière « collée, recollée », Alain Méleard la voit, encore aujourd’hui, avec des yeux d’enfant : « Je l’ai toujours vue chez ma grand-mère de Lannion. » De son carton, il sort un cendrier dont le décor le fait sourire : « On y voit une femme et un bébé ! Ces cendriers étaient fabriqués pour faire la promotion d’un alcool local, l’Elixir d’Armorique. On n’imaginerait plus ça, aujourd’hui ! »
Converti en euros, le contenu du carton ne pèse pas lourd. Mais comme le glisse parfois le conservateur Bernard Verlingue aux propriétaires de pièces communes, il est rempli d’une « valeur sentimentale ».
« J’y tiens, mais… »
Estimation : 1 000 €. La propriétaire s’épanche : « Cette pièce a une valeur sentimentale pour moi. Mais que va-t-elle devenir ? J’ai deux garçons… Est-ce que je la vends et j’achète autre chose ? Est-ce que je la garde ? » Cette maman est repartie avec ses questions…
Nelly CLOAREC.
Publié le 16/08/2016 – © Ouest-France
Quimper. Les pièces de faïence expertisées par Letelegramme
Ils se pressent chaque année pour faire estimer la valeur de leurs pièces de faïence. Près de 60 personnes ont patienté, hier matin, pour soumettre leur « trésor » à l’expertise de Bernard Verlingue. Des pièces d’artistes recherchées, beaucoup moins lorsqu’il s’agit de services de tables, aujourd’hui dépréciés.
Les images de Jean Le Borgne – © Le Télégramme

Rare série de faïences mettant en scène le costume de Plouigneau. Elle est signée Marie-Renée Chevalier-Kervern.
« Dans cette série des années 1930 de Marie-Renée Chevalier-Kervern (1902-1987), ce qui est assez fantastique, c’est qu’elle est la seule artiste à avoir représenté sur faïence ce costume-là, celui de Plouigneau », décrit Bernard Verlingue, conservateur du musée. « Elle est originaire de ce coin-là. C’est un costume très riche, avec ce chapelet qui indique l’attachement à la religion. En réalité, il manque une pièce à cette série de cinq : elle représente des enfants, à la manière de petits poucets. Je ne l’ai pas retrouvée », indique le conservateur du musée. Cette série, sans titre, de statuettes en rond de bosse aux tons pastel, a été réalisée chez Henriot. Elle est singulière parmi les 200 modèles présentés dans l’exposition, même si elle s’inscrit dans la lignée des productions de son époque. « Le rond de bosse est apparu avec la technique du coulage, à Quimper, vers 1918. C’est mon grand-père qui l’a introduite ici. Elle s’est développée chez Henriot avec l’arrivée de Victor Lucas, un ingénieur céramiste. Cette technique consiste à mettre de l’argile liquide dans un moule en plâtre. Le plâtre pompe l’eau et raffermit la pâte, si bien que l’on va pouvoir faire une multitude de choses. On sort de la contrainte précédente, lorsque les pièces étaient faites par estampage, par moitié que l’on recollait », éclaire le conservateur.
Marie-Renée Chevalier-Kervern avait suivi l’école des arts décoratifs. Et comme beaucoup d’artistes, à l’époque, elle avait repéré qu’Henriot proposait des choses nouvelles. « C’est elle qui est entrée en contact avec Henriot, comme la majorité des artistes qui ont collaboré avec la faïencerie. En l’occurrence, leur chef de fil était Mathurin Méheut (1882-1958). Il a fait venir, en autres artistes, Yvonne Jean-Haffen (1895-1993). Chez HB, c’est René Quillivic (1879-1969) qui a amené dans son sillage une multitude de créateurs », relate Bernard Verlingue. Les pièces de l’artiste exposées pour « Les femmes et les enfants d’abord » appartiennent à un collectionneur privé, installé à Laval. « Ce qui est commode, c’est que l’association des Amis du musée regroupe des collectionneurs de faïence. Quand on cherche quelque chose, on questionne d’abord ces gens-là, ils forment un précieux vivier », sourit le conservateur. Que lui inspirent les faïences de Marie-Renée Chevalier-Kervern ? « J’y vois une certaine sérénité dans les visages, la sincérité du geste, un beau mouvement des corps. J’y vois des représentations réalistes, pas du tout posées. Elles datent des années fastes de création de modèles tant chez HB que chez Henriot, à la suite de l’exposition internationale des arts décoratifs de 1925, à Paris, qui a servi un peu de déclencheur ».
Expo visible du lundi au samedi, de 10 h à 18 h. Entrée : 4,50 €. Tél. 02.98.90.12.72.
Publié le 13 août 2016 – Bruno Salaün © Le Télégramme