Le musée de la Faïence rend hommage aux travailleurs bretons (Côté Quimper)

Le musée de la Faïence s’intéresse au travailleurs de la terre et de la mer à travers une exposition intitulée: Armor Argoat: la Bretagne au travail.

Armor Argoat

Bernard Verlingue présente la nouvelle exposition  » Armor , Argoat: la Bretagne au travail »

Charles Maillard, Henriot, Georges Renaud, Paul Moal… Le labeur des travailleurs bretons, qui viennent de la terre ou de la mer, a inspiré bon nombre d’artistes. L’exposition présentée en ce moment au musée de la Faïence de Quimper réunit ses deux univers.

Bernard Verlingue, conservateur au musée de la Faïence de Quimper, n’est pas peu fier des 310 pièces présentées dans le cadre de l’exposition Armor, Argoat, la Bretagne au travail.

L’idée de cette exposition a germé il y a déjà quelques années, comme l’explique Bernard Verlingue « Nous avions parlé de ce projet avec Jean-Paul Alayse, l’ancien directeur d’Océanopolis, il y a près de trois ans. Lorsque le projet a pris forme, nous avons contacté des collectionneurs privés mais aussi le Musée breton de Quimper et le Musée du bateau de Douarnenez qui nous a fourni bon nombre de pièces. Le musée des Beaux-Arts de Brest a également participé ».

Trois siècles de travail

L’exposition couvre trois siècles d’histoire, de la fin du XIXe au début du XXIe siècles et brasse un grand nombre de corps de métiers : pêcheur à pieds, goémonier, meunier, curée, paysan… Les œuvres ornent une multitude de pièces de céramique, toutes très inspirées : service à galette, fresques auparavant exposées à la gare de Quimper, ou encore une étonnante lampe signée Charles Maillard. « Il y a également quelques pointes d’humour, que ce soit dans la scénographie ou à travers les pièces exposées », remarque Bernard Verlingue. Pour exemple, les hommes d’Église ne semblent jamais bien loin des bistrots !

Les scènes de labeur sont restituées dans une scénographie travaillée avec minutie et précision. « Le visiteur devient lui-même témoin d’une époque aujourd’hui révolue », constate Bernard Verlingue.

Cette riche collection permet également de découvrir différentes techniques de création, comme celle utilisée par Georges Renaud, issu de la manufacture HB.

« Il positionnait une toile sur une pâte de faïence afin de marquer l’impression. Puis, les plaques sont ôtées et passées au four, donnant ainsi une impression de toile sur la céramique ».

Johnny Onion

Armor, Argoat : la Bretagne au travail est également l’occasion pour les plus jeunes de découvrir des corps de métiers aujourd’hui disparus.

Certains personnages illustres, tel que Johnny Onion, célèbre colporteur d’oignons, sont également parmi les pièces présentées : « Ce personnage est très connu en Bretagne et en Angleterre ! Mais aujourd’hui, les enfants ne le connaissent plus », regrette Bernard Verlingue.

Le musée de la Faïence de Quimper offre un véritable voyage dans le temps, permettant de renouer avec l’histoire de la Bretagne et de ses doyens.

Publié le 21/04/2017 par Aurélie Berlet – © Côté Quimper.

Pêcheurs, lavandières et ramasseurs de goémon en faïence (Ouest-France)

Du 18 avril au 30 septembre, le Musée de la faïence de Quimper (Finistère) consacre son exposition temporaire à la représentation du travail. Chaque époque, chaque artiste offrent des visions différentes.

René-Yves Creston

L’homme au filet, de René-Yves Creston, présenté par Bernard Verlingue (Jean-Pierre Le Carrou).

La valeur travail. C’est un des thèmes qui a animé la campagne présidentielle. C’est aussi le sujet retenu cette année par Bernard Verlingue, conservateur du Musée de la faïence de Quimper(Finistère), pour l’exposition temporaire 2017. L’exposition brasse les années et les artistes, passe des côtes (Armor) à la campagne (Argoat). « Cette année, l’exposition temporaire présente 310 pièces, soit cent de plus par rapport à l’an dernier. » Et quand on lui demande comment il a sélectionné les faïences exposées, Bernard Verlingue répond avec gourmandise : « Je n’ai pas choisi. »

Travailleurs alanguis

Il a bien fallu le faire, cependant, tant le labeur a inspiré le travail des artistes. Logique : sur une partie des époques couvertes par l’exposition, les loisirs n’existaient pas ! Et pourtant, en observant les pièces de décoration fabriquées par la faïencerie Porquier, vers 1875, on voit surtout des travailleurs et travailleuses alangui(e) s, prenant du bon temps, allongés au bord d’une rivière. Vision bucolique. Les lavandières courbées sur leur dur labeur ramènent à la réalité de l’époque.

Le travail des pêcheurs, des ramasseurs de goémons, tout le petit monde du bord de mer est figuré avec réalisme. L’effort, le courage face aux éléments priment sur le reste. Visage altier d’une goémonière saisi par Alexander Goudie (1998). Lutte contre les vagues pour ramener une bouée au rivage saisie par Charles Maillard. Surprise, il s’agit d’une lampe décorative. Un peu plus loin, le pêcheur au filet de René-Yves Creston, le mouvement de son corps, traduit toute la dureté de la pêche au large.

Des bonheurs et trois « erreurs »

Dans chaque vitrine se cache au moins un bonheur. Et quelques erreurs, glissées volontairement par le facétieux Bernard Verlingue. Trois oeuvres ne représentent pas des paysages bretons. Mais toutes sont issues des faïenceries de Quimper.

Publié le 17/04/2017 par Jean-Pierre Le Carrou – © Ouest-France

Armor, Argoat, la Bretagne au travail (le télégramme)

Bernard Verlingue
Après son vernissage, hier soir, l’exposition du Musée de la faïence s’offre désormais à l’oeil du public. « Armor, Argoat, la Bretagne au travail » est le thème de cette exposition temporaire concoctée par Bernard Verlingue, son conservateur. En 310 pièces, dont certaines uniques, le musée privé relie l’Armor, la mer, et l’Argoat, la terre. Sabotier, lavandière, brodeur, faucheur, pêcheurs à pied…, les plus anciennes pièces datent du XIXe siècle, période de grosse production des scènes de la vie courante. L’exposition présente des oeuvres de Porquier, de Mathurin Méheut, de Georges Renaud. Le XXe siècle est également présent avec René-Yves Creston ou encore Marjatta Taburet. Des visites guidées sont proposées tous les samedis, à 15 h.

Pratique

Le Musée de la faïence, 14, rue Jean-Baptiste-Bousquet à Quimper, est ouvert du 18 avril au 30 septembre, du lundi au samedi, de 10 h à 18 h. Tarifs : 5 € (adultes), 4 € (18-25 ans), 3 € (7-17 ans).

Publié le 15 avril 2017 © Le Télégramme

Une expo sur la Bretagne au travail (le télégramme)

L’exposition temporaire de l’été au Musée de la Faïence, à Locmaria, aura pour thème : « Armor, Argoat, la Bretagne au travail ». À partir du 18 avril, les visiteurs pourront découvrir 310 pièces mettant en scène des travailleurs de la mer et des terres. L’Armor, la mer d’un côté, et l’Argoat, l’intérieur des terres de l’autre. Deux territoires bien distincts avec leurs propres particularités, leurs travaux et leurs métiers. C’est le thème retenu par le Musée de la Faïence pour son exposition temporaire, visible à partir du 18 avril jusqu’au 30 septembre.

Armor Argoat

Bernard Verlingue a réuni 310 pièces de faïence qui évoquent les métiers de la mer et de la terre.

310 pièces exposées

Le conservateur du musée, Bernard Verlingue, est parvenu à réunir 310 pièces, dont certaines uniques, pour cette exposition. « Elles sont soit issues de nos réserves, soit elles proviennent de prêts. On s’est notamment rapproché du Musée du bateau, à Douarnenez ». Les plus anciennes céramiques datent de la fin du XIXe siècle. « À cette époque, commente Bernard Verlingue, il y a eu une très grosse production sur les scènes de la vie courante ». Les artistes s’emparent de ces singularités entre monde de la mer et monde rural pour faire découvrir les métiers, souvent rudes. « Leurs créations, inspirées du quotidien breton, sont des pièces d’usage ou en ronde-bosse, traitées de façon ethnographique, parfois idéalisées et pouvant aussi relever du goût humoristique de l’artiste ».

Scènes de labeur étonnantes

Dans l’une des premières vitrines du musée, des faïences au pourtour ajouré, signées Porquier et datant de 1875, représentent chacune l’un des métiers exercés dans les campagnes. On y reconnaît un sabotier, une lavandière, un brodeur, un faucheur… Ce qui paraît surprenant et prête même à sourire, c’est leur attitude décontractée qui ne traduit pas la dureté du labeur évoqué. Mathurin Méheut a, lui, été inspiré par des pêcheurs à pied. L’un d’eux, daté des années 1920-1930, « porte un haveneau typique du Nord-Finistère », commente le conservateur. Intéressants également, ces deux décors signés Georges Renaud, artiste chez HB à Quimper, qui représentent des scènes maritimes. Bernard Verlingue explique la technique utilisée : « L’artiste posait une toile sur la pâte de faïence pour imprimer le grain de la toile. Elle était ensuite enlevée avant de passer les plaques au four. Cette technique donnait aux céramiques l’aspect d’une toile ». Étonnante aussi, cette lampe de 1930, oeuvre de Charles Maillard, dont le pied est représenté par une barque de pêcheurs en train de s’emparer d’une balise. Dans une salle voisine, les visiteurs reconnaîtront des reproductions des panneaux de faïences réalisés en 1952 par Georges Renault et qui ornaient autrefois la gare de Quimper avant les travaux de rénovation entrepris au début des années 1990.

Visites guidées tous les samedis

Autres oeuvres à observer, ces pièces réalisées dans les années 1930 comme ce morutier de René-Yves Creston ou ce service de galette de Mathurin Méheut. Des oeuvres plus récentes sont également exposées comme ces assiettes de Marjatta Taburet sur lesquelles l’artiste a représenté des métiers de la terre.
Des visites guidées de l’exposition « Armor, Argoat, La Bretagne au travail » seront proposées tous les samedis à 15 h, du 1e r juillet au 2 septembre.

Publié le 10 avril 2017- Cathy Tymen © Le Télégramme

Le décès de la céramiste Bel Delecourt (Ouest-France)

L’artiste céramiste Isabelle Delecourt, dite Bel Delecourt, s’est éteinte à Rennes le 9 mars, à l’âge de 101 ans. Née en 1915 à Bourges, elle s’installe à Quimper en 1946 et suit les cours du soir à l’école des Beaux-arts. Pendant trente ans, elle a travaillé à la faïencerie Henriot.

Isabelle Delecourt

Bel Delecourt, en décembre 2013, de retour à la faïencerie Henriot où elle a travaillé pendant trente ans. | Archives Ouest-France

La femme, la maternité, le costume breton : ce sont les thèmes de prédilection de l’artiste céramiste Bel Delecourt.

En 1946, elle entre à l’école des Beaux-arts de Quimper (Finistère). Dès l’année suivante, elle expose à Nantes des statuettes modelées puis une crèche de Noël avec tous les personnages.

Elle ne cessera plus de travailler, d’exposer : « Qu’y a-t-il de plus beau que de vivre de ses créations ? » disait-elle en 2011 à l’occasion d’une exposition de ses œuvres au musée départemental breton, à Quimper.

Elle a créé une Maternité pour Nestlé, qui ornera bien des pharmacies, a réalisé des panneaux muraux pour des cliniques, des cinémas, des lycées…

Dans les années 70, son art évolue vers plus de simplicité, vers des formes presque abstraites. En 2004, elle présente son dernier service édité par la manufacture HB Henriot, Les Ondines.

Ses obsèques ont été célébrées ce mardi 14 mars en la cathédrale Saint-Corentin de Quimper.

14/03/2017 © Ouest-France.